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 Carpates Diem (PV Ingrid)

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Sylvan Karov
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MessageSujet: Carpates Diem (PV Ingrid)   26.09.18 14:43

Cela faisait un très long moment qu’il n’avait pas fait cela. En se regardant dans le miroir il ne se reconnaissait presque pas. Le visage qui le regardait ne lui ressemblait presque pas. Ses cheveux bruns zébrés de quelques touche de gris était tiré en arrière, sa barbe était impeccablement taillé, les rides à coté de ses yeux ne se voyaient presque pas. Il se regarda un instant dans la glace et se força à sourire, n’étant pas habitué à un tel reflet il se décida d’arrêter. Rajustant sa cravate noire qui tombait sur sa chemise d’un blanc immaculé il saisit la veste pendue contre la porte. Il boutonna la veste et regarda sa main squelettique qui paraissait bien maigre dans la manche. Peut être que ? Oui c’était une bonne idée. Ses yeux virèrent au bleu électrique et elle se couvrit de chair.  Il joua un peu avec, la fermant doucement, cela lui faisait bizarre mais c’était agréable. Les talons de ses chaussures claquèrent sur le plancher et il sortit de sa chambre. Un instant il jeta un regard vers la porte d’Ingrid et pensa à Soyo qui ne pouvait faire partie de cette aventure. Il souffla un peu, réajusta sa veste qui lui allait parfaitement et descendit les escaliers.

Le hall était parfaitement vide à cette heure là, les élèves zonaient dans leur salon respectif et il les soupçonnaient de déjouer la surveillance de leurs gardes pour se rendre les uns chez les autres. Il n’avait jamais connu ce genre de situation, seul chez son vieux maître ses seuls plaisirs avait été d’étudier et les fois ou il avait fait le mur c’était pour observer certaines étoiles. Ses souvenirs de jeunesse faillirent lui mettre le cafard pour un bout de temps, jusqu’à ce que son regard s’arrête sur elle.

Seule contre la pierre il semblait qu’elle rayonnait dans toute l’antichambre. Perchée sur sa jambe gauche elle avait plié la droite pour s’appuyer contre le mur dans une position qui mettait parfaitement en valeur sa silhouette athlétique. La cigarette à la main laissait échapper un mince filet de fumée qui rejoignait celui qui sortait de ses lèvres. Belle, gracieuse et rayonnante le mage découvrait Ingrid sous un jour qu’il ne connaissait pas mais s’émerveillait à découvrir. Ses yeux gris suivirent les lignes de sa jambe découverte par la fente de sa robe longue, le tissu drapait élégamment ce corps sublime dont les lignes de nacres rehaussaient le teint d’ambre. La chevelure de feu tenue en un chignon sophistiqué laissait s’éparpiller quelques flammes qui venait lécher sa joue droite en laissant visible sous son oreille l’apparat d’argent qui y était suspendu. Son épaule d’argent brillait telle du platine et venait ajouter une touche d’élégance dans ce fond de splendeur. La nuit qui la vêtait semblait jouer des tours à ces yeux amoureux qui la voyaient. Les vagues et les plis ancrés dans le tissu absorbaient la lumières pour créer des nuances qui sublimait alors le corps de la guerrière.
Hésitant tout d’abord il se rapprocha. Le parfum qu’elle portait lui monta à la tête comme pour l’enivrer. Ce ne pouvait être qu’un rêve il en était persuadé. Elle ouvrit donc les yeux lui prouvant donc alors que la réalité venait de rattraper cet homme incrédule. Ses yeux le transpercèrent d’un trait des plus gênant, sa poitrine s’emballait face à cette vision. Les nuages dispersés autour de sa pupille le regardait venir, le voyait arriver et voulait qu’il chavire. Reprenant toute constance face à l’apparition, Sylvan inclina légèrement la tête en guise de salut et posa le mieux qu’il pu une voix vacillante qu’il ne pouvait parfaitement contrôler.

« Ingrid...Vous...Tu es absolument radieuse. »

Ces mots seuls lui étaient venu en tête, il en avait presque oublié pourquoi ils étaient là réunis. Comme dans ce couloir quelque jours plus avant. Il voulait la tenir dans ses bras, fermement. Pourquoi pas, l’embrasser avant qu’il soit trop tard. Avant qu’elle recule, mette fin à l’histoire. Sa conscience revenant en ordre de bataille, il ne la toucha point et se contenta seulement de ce pauvre compliment. Des centaines de mots, de regards ou de gestes lui passaient par la tête. Ne faisant pas le tri, ne sachant pas quoi faire, il lui tendit son coude  espérant qu’elle le prenne. Son visage se couvrit comme d’une armure de cet air droit et fier qui était sa nature et il la regarda comme regarde un amant avant de parler d’une voix pleine de sentiment.

« Nous n’avons qu’à sortir, la porte nous conduira là ou nous devons aller. Un sort compliqué mais un ami m’a aidé. Si mes calculs sont bons nous devrions arriver devant le château. »


La jeune femme à son bras il semblait encore plus imposant. Ses yeux brillait de fierté et sa main de métal mais paraissant de chair s’était reposé sur celle de son amie. A quelques pas de la haute porte d’entrée il s’arrêta et lâcha un instant la jeune femme pour l’entraîner face à lui. D’un ton doux et honnête camouflé d’une voix caverneuse aux frontières du chuchotement il posa sa main droite sur son épaule en la caressant de son pouce.

« Là bas il risque d’y avoir plusieurs personnes qui te connaissent, ces gens sont friands de spectacle et je ne doute pas qu’ils t’aient déjà vu au moins une fois. Certains d’entre eux ont même organisé plusieurs tournois. Si ils te cherchent, ne réponds pas. Cela compromettrait notre objectif. J’ai entièrement confiance en toi, tu sauras réagir mais je te préviens seulement »


Le mage semblait tendu et on pouvait aisément le comprendre. Toutes les grandes familles d’Europe étaient réunis là bas et certaines ne traînaient pas que dans des affaires officielles. S’oubliant dans les yeux de sa splendide amie il lui sourit en portant la main sur son coup. Qu’elle était magnifique. Perdant toute mesure et avant qu’elle réponde il se pencha sur elle. Ses lèvres caressèrent un long moment celle de sa partenaire et les coups de bélier à l’intérieur  de sa poitrine devinrent plus intense. Quand il se détacha après un court moment qui lui parut plus long il se demanda s’il n’avait pas lui même compromis cette mission.

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Ingrid Koothran
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MessageSujet: Re: Carpates Diem (PV Ingrid)   26.09.18 23:29

La fumée se perdait en nuages veloutés dans la lumière diminuée du grand hall.
Ça faisait déjà quelques temps qu'Ingrid attendait, sans trop savoir si elle se sentait calme, impatiente ou anxieuse. Plonger dans l'imprévu à coup de poings, elle gérait, mais sur une piste de danse parmi les grands du monde, ça n'était pas vraiment du même niveau.

Sa jambe glissa hors de la fente de sa robe pour s'appuyer contre le mur et le talon tiqua contre la pierre. La fraîcheur du hall n’amoindrissait pas le plaisir de se sentir libre de ses mouvements. Pas de gants, pas de bas, juste le drapé de la robe qui faisait son office. Pas de joailleries futiles non plus, trop fragiles et clinquantes. Sur l'insistance de la collègue qui l'avait aidé à dégoter tout ça, la jeune femme avait opté pour de simples boucles en argent. Elles pesaient doucement à ses oreilles, sans trop la déranger toutefois.
Ingrid n'avait jamais été patiente pour ce qui touchait à la coquetterie, mais parce que le moindre faux pas était prohibé ce soir, elle avait investi le temps qu'il fallait pour que le tout ressemble à quelque chose de mondain.
Et, il était vrai, parce qu'il était très tentant de faire tourner la tête d'un certain mage...

Paupières closes, elle entendit venir le pas familier. Il s'était immobilisé un instant, avant de reprendre, et le battement dans sa poitrine s’accéléra. Un peu trop lorsque elle le regarda finalement, peut-être parce qu'à l'instant où elle le vit elle le dévora des yeux, cet homme immense à la stature sculptée dans la noblesse brute, au costume noir dont chaque pli soulignait la force des  mouvements, au visage altier qu'elle avait déjà admiré tant de fois et se prenait à réexplorer encore.
Sa barbe impeccablement taillée lui donnait des airs de seigneur au profil gravé sur les médaillons, ses cheveux tirés en arrière dégageait son regard à perte de vue alors que de fines rides en dessinaient la profondeur.
Il avait une allure folle, de son aura puissante à l'élégance de son maintien, et les yeux qui l'embrassaient de loin étaient les mêmes qui l'avaient tant désemparée quelques jours plus tôt.
Elle resta immobile, la respiration plus discrète malgré la fumée qu'elle expirait avec nonchalance, ne lâchant les prunelles grises pour rien au monde. Son cœur était bien décidé à montrer qu'il n'était pas le seul à avoir perdu le rythme.

« Ingrid...Vous...Tu es absolument radieuse. »

Un sourire naquit involontairement au compliment quand elle le remercia. Elle se savait trop musclée pour une belle de cour, trop de cicatrices, sans compter le bras en métal. Mais la réaction de Sylvan était la seule estime à ce sujet dont elle avait besoin.
Au moins une mission sur deux d'accomplie.
Prenant le bras que le mage lui offrait, et retenant un frisson au regard qui l'accompagnait, elle eut la surprise de voir une main de chair se poser sur la sienne avant que le toucher froid du métal ne la rassure. Il était vrai que depuis leur première escapade en forêt, la prothèse du mage n'était pas vraiment à son meilleur jour.

Ingrid se tenait aussi droite que son compagnon, la même tenue fière, mais elle eut une inspiration silencieuse. La grande porte était juste là, et avec le portail qui allait les mener dans la gueule du loup. Les quelques pas qu'ils firent en étaient presque solennels, avant que Sylvan ne l'arrête pour lui faire face, tendu. Un problème ?

« Là bas il risque d’y avoir plusieurs personnes qui te connaissent, ces gens sont friands de spectacle et je ne doute pas qu’ils t’aient déjà vu au moins une fois. Certains d’entre eux ont même organisé plusieurs tournois. Si ils te cherchent, ne réponds pas. Cela compromettrait notre objectif. J’ai entièrement confiance en toi, tu sauras réagir mais je te préviens seulement »

Elle s'en était doutée, mais le mage confirmait ses craintes. Sa situation s'apparentait un peu trop à un lapin passant sa tête dans le collet. Mais il n'y avait pas d'autre choix.

Sa peau frémit à la main dans son cou, troublant ses pensées l'instant où leurs yeux se joignirent. Il lui souriait, et elle se demanda s'il avait deviné la nervosité montante qu'elle retenait au mieux.
Lorsqu'elle ouvrit la bouche pour le rassurer, le temps d'un fraction de seconde elle le vit se pencher. Aucun mot, aucun son ne sortit, scellés par les lèvres de Sylvan.
Le baiser fut doux, suspendu dans le temps jusqu'à ce qu'il se retire. La main de la jeune femme s'était posée sur le torse du mage sans qu'elle ne s'en souvienne, non pas dans un geste de recul mais d'appui. Elle ne l'enleva pas. Une ombre prenait d'assaut le ciel gris qu'elle scrutait en silence, le regret peut-être, de cet acte qu'elle devinait imprévu.

Sa main remonta jusqu'au visage du mage, parcourant d'une caresse son cou jusqu'à sa joue. Elle se rapprocha à son tour. Puisqu'ils en étaient là, qu'il en avait enfin trouvé le courage...
Une porte claqua plus haut, et des pas se firent entendre dans les escaliers.
Son geste figé, tendus qu'ils étaient comme des élèves en plein interdit, elle se recula finalement à regret. Sa main quitta la joue d'une dernière caresse appuyée. Ils n'avaient plus temps.

« Il faut y aller. »

Reprenant le bras du mage, elle détourna le regard vers la porte. Ses doigts, eux, raffermirent leur prise.


***

Elle avait bien fait de se tenir à Sylvan. Sans se mettre à chanceler, Ingrid sentit la tête lui tourner légèrement, et elle cligna des yeux plusieurs fois pour retrouver ses sens.

Et heureusement, car devant eux se dressait une immense forteresse, à mi-chemin du château fort et de la cathédrale gothique. Ses pics dépassaient de loin les cimes obscures des pins. Ils étaient apparus à l'écart de l'allée principale, près du grand portail qu'une calèche traversa. Se concertant à peine, ils s'avancèrent ensemble.
L'allée d'arbres obscurcissait un chemin déjà sombre, mais des lanternes avaient été disposées avec une régularité millimétrée tout du long.

Sortant l'invitation de sa poche, Sylvan la présenta au portier. La guerrière appuya l'attente d'un sourire aimable, que le gardien lui retourna avant de s'incliner légèrement en leur ouvrant la grille de fer forgé.
Les deux acolytes débouchèrent dans une cours ahurissante d'espace. Plusieurs calèches y étaient alignées, et les cochers étaient en train de fumer ensemble entre deux véhicules. La jeune femme leur jeta un regard d'envie avant de se reprendre.

Un homme de la cinquantaine, guindé à s'en bloquer les vertèbres, accueillait un autre couple devant eux, vérifiant leurs invitations et aspects. A leur tour.
Sylvan présenta à nouveau le carton d'invitation tout en annonçant leurs noms.
Le majordome le dévisagea brièvement, avant de scruter Ingrid de haut en bas. Sous l’insistance de l'inspection, elle lâcha d'un ton faussement poli :

« Vous n'avez jamais vu de femme ? »

L'homme se rengorgea, les joues rouges et les yeux furibonds, mais s'écarta pour les laisser entrer.
Leurs talons claquèrent à la suite de leurs prédécesseurs, et alors qu'ils s'avançaient dans l'entrée cyclopéenne, les doigts d'Ingrid pressèrent le bras de Sylvan.

Plus de retour en arrière.

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Dernière édition par Ingrid Koothran le 01.10.18 8:12, édité 1 fois
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Sylvan Karov
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MessageSujet: Re: Carpates Diem (PV Ingrid)   27.09.18 18:13

Elle avait répondu à son baiser et cette image restait dans son esprit. Quand il traversèrent la porte pour se retrouver de l’autre coté il ne cilla même pas. Les habitudes ont la vie dure et même si ça faisait longtemps cela revenait vite. Ce château n’avait pas changé pour un sous. Les immenses flèches le contemplait dans leur obscurité relative et l’immense allé les poussait naturellement vers l’entrée herculéennes. Les deux premiers valets furent satisfait de l’invitation présentée quoique le second s’arrêta plus longuement sur Ingrid ce qui lui valu une réflexion bien senti. Sylvan dissimula un rire alors qu’il le dépassait pour entrer dans la battisse. Tout était absolument démesuré. Le hall d’accueil n’était qu’un rassemblement des exemples les plus manifeste de gigantisme. Contrairement à l’extérieur construit dans un style gothique l’entrée se voulait antique. De larges colonnes aux chapiteau ornés et dorés séparaient plusieurs alcôves où l’on trouvait de riche statue dans des positions de triomphe. L’ensemble aurait pu sembler surchargé mais contre toute attente le mariage de toutes ces œuvres restait équilibré et avait un rendu formidable. Ne s’attardant pas sur ces hommes et femmes de pierre qui gardaient l’entrée Sylvan guida Ingrid vers la porte en chêne bardée de Mythril flamboyant qui gardait l’entrée de la salle de bal. Juste avant celle-ci un dernier valet beaucoup plus élégant que le goujat tiré à quatre épingles les stoppa le plus gentiment du monde.

« Votre nom Monsieur je vous prie. »

Sylvan lui répondit sur un ton très noble sans pourtant être froid en pensant qu’Ingrid pourrait facilement se fâcher de ce machisme traditionnel de bas étage. Il tenta de la calmer d’un élégant sourire tout en serrant un peu sa main dans la sienne de métal. Le jeune valet blêmit après avoir trouvé le nom sur sa liste et il le raya consciencieusement. Après leur avoir demandé quelques secondes d’attente il ouvrit les deux battant à l’aide de deux personnels placé de part et d’autre avec un claquement de doigt. La musique à l’intérieur se tue avant qu’il déclare à toute l’assemblée.

« Herr und Frau Karov, Herzog von der AlterNorden ! »


Quelques murmures s’échappèrent en volutes éparse de l’assemblée qui se tourna vers les nouveaux arrivant avant que les portes ne se referme derrière eux. Un instant plus tard la musique ainsi que chaque discussion avait repris. Sylvan tourna la tête vers Ingrid avec un sourire gêné.

« Désolé pour ça, je n’avais pas prévu ce genre de chose. Nous devons aller saluer notre hôte. »

Il remontèrent l’allée centrale sous les chaudes lumières des lustres pour aller devant un vieil homme complètement flétrie avec les yeux dans le vague. Ses cheveux blanc tombaient mollement sur sa nuque et aucune lueur n’éclairait son regard terne. Il leva légèrement une main qui se voulait amicale en reconnaissant Karo, ses yeux se réveillèrent un instant puis déclinèrent à nouveau dans les tourments de la vieillesse. Le mage s’inclina respectueusement avant de quitter son emplacement sa compagne toujours au bras. Finalement et à regret il la laisse lui échapper en soupirant de soulagement. Il caressa un peu la joue d’Ingrid en résistant à cette envie de l’embrasser et se détourna pour saisir deux coupes à un valet qui passait près d’eux. Lui tendant en une il parla d’une voix un peu plus basse.

« Tout ce qui nous avons à faire maintenant c’est d’essayer de se mêler à ces gens et guetter l’arriver de Pavel, le fils du vieux croulant qui a un peu trop abusé des cristaux de magie si tu n’avais pas compris. »


Alors qu’il allait laisser échapper un rire une main fine et fraichement manucuré se posa sur son épaule en l’interjetant.

« Alors vieil homme je croyais que tu ne venais plus à ces petites sauteries ? » 

Etrangement surpris Sylvan quitta le regard d’Ingrid pour se tourner vers le nouveau venu. Il était presque aussi grand que lui quoiqu’un peu moins bien bâtis mais il se dégageait de cet homme d’environ 30 ans un charme et un charisme saisissant. Il portait fièrement un bel uniforme bleu des cavaliers de la garde impériale constellé de dorures et arborait ostensiblement une nuées de décorations sur la poitrine. Bien qu’il l’ait connu capitaine c’était bien des galons de colonel qui brillait sur ses épaules et un regard averti reconnaissait facilement à son coté le même sabre  que Sylvan avait lui même brandit à plusieurs reprise. Le mage reprit constance très rapidement mais fut pris de court par le militaire aux cheveux court et impeccablement rasé qui se pencha devant Ingrid avant de lui prendre la main et de la baiser.

« Et vous devez être la charmante Frau Karov qui a été annoncée. Laissez moi vous dire que vous être remarquablement belle Ma Dame. Sylvan a toujours eu le don de s’entourer de la plus belle femme de l’assemblée. »

Dissimulant une grimace du mieux qu’il pu Sylvan s’écarta du cavalier et s’intéressa à reprendre la main le plus rapidement possible. Cet ami était un véritable charmeur et il ne s’arrêterait pas en si bon chemin. Posant sa main droite sur le bras d’Ingrid au dessus du coude il tendit son autre bras vers l’homme qui haussa légèrement un sourcil en voyant la main de chair. Prenant un ton le plus assuré possible il fit passer son regard de sa collègue à son ancien ami en prononçant ces mots.

« Ingrid. Laisse moi te présenter Pavel Dragunov, le fils de notre hôte et colonel de la garde. Il y a pas mal de temps il m’a aidé à résoudre un sérieux problème dans les bois à l’Est mais il te racontera cela mieux que moi. Pavel voici Ingrid. »

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Ingrid Koothran
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MessageSujet: Re: Carpates Diem (PV Ingrid)   28.09.18 16:44

Le métal froid lui pressa doucement la main, et Ingrid rassura son compagnon d'un léger sourire. Malgré son air calme, une certaine tension lui piquait l'échine.
La jeune femme s'égara une seconde sur le profil de Sylvan, à la fois si familier et si lointain.
Droit comme une lance, fier comme un prince, il était bien loin du mage usé qui était un jour tombé devant elle dans la salle des professeurs. Et le teint livide du valet qui se perdait en courbettes en disait long sur ce qu'elle ignorait encore de lui.

Les titanesques battants s'ouvrirent dans un claquement d'orage, lourdement poussés par deux domestiques. Le voltige de la musique ne fut plus qu'un écho lorsque le valet annonça d'une voix forte et claire leur entrée. Elle n'en comprit pas grand chose, mais aux airs de fouine qui murmuraient dans la foule, ce n'était pas l’accueil d'un invité de second rang. Pour la discrétion, on repasserait.

Ce fut avec soulagement qu'Ingrid entendit l'orchestre reprendre, et avec amusement qu'elle reçut les excuses gênées du mage. Moins à l'aise qu'il n'en donnait l'apparence, elle y retrouvait son ours encapé de cuir.
Leur hôte était un vieil homme qui tombait en ruine. Il ne restait guère parmi les rides antiques et les mèches neigeuses le grand homme qu'avait dû être un jour Sergeï Dragunov.
Après un salut respectueux quoique probablement invisible aux yeux ternes, les deux comparses s'éloignèrent au milieu des invités.

Enfin un peu de relâche. Être le centre d'attention de clowns luxueux était pesant, bien qu'elle se forçait à rester détendue. Au moins les doigts de Sylvan sur sa joue lui permirent d'y mettre plus de sincérité, et elle accepta avec plaisir la coupe de champagne qu'il lui tendit.
La détente fut de courte durée. Un homme de fière allure interpella Sylvan en allemand. Un militaire du corps impérial, dont sabre et médailles indiquaient un haut grade. Il avait un visage bien dessiné, et sa posture impeccable rappelait le maintien similaire de son compagnon.
Puis Ingrid croisa deux yeux bleu, qui s'abaissèrent lorsqu'il ne trouva rien de mieux que de lui faire un baise-main. Il jouait les charmeurs, pourtant il avait l'air bien plus fin d'esprit que ne le laissaient entendre ses mots.

« Et vous devez être la charmante Frau Karov qui a été annoncée. Laissez moi vous dire que vous être remarquablement belle Ma Dame. Sylvan a toujours eu le don de s’entourer de la plus belle femme de l’assemblée. 
-Oh, vraiment ? »

Tout en récupérant sa main, la jeune femme ne put s'empêcher de couler un regard taquin vers le mage. Sylvan, un rictus plus ou moins dissimulé, posa sa main sur son bras avant de les présenter :

« Ingrid. Laisse moi te présenter Pavel Dragunov, le fils de notre hôte et colonel de la garde. Il y a pas mal de temps il m’a aidé à résoudre un sérieux problème dans les bois à l’Est mais il te racontera cela mieux que moi. Pavel voici Ingrid. »

Ingrid se retint de perdre son sourire, et inclina gracieusement la tête avant de protéger sa contenance dans sa flûte de champagne. Le fameux Pavel ne l'avait pas lâchée des yeux, mais croire à une tentative de charme devenait plus difficile. Savait-il ? Avait-il deviné ? Ou passait-elle vraiment et simplement pour la conquête de « Herr Karov » ?
Ne pouvant rien laisser paraître, elle lui retourna un regard qu'elle voulut admiratif. Sa main cependant glissa dans le dos de Sylvan, le bout de ses doigts longeant sa colonne. C'était pour certains regards un geste d'amante, et pour elle le besoin étrange et spontané de sentir le mage près d'elle.

«Me voilà curieuse, Colonel ! Sylvan parle peu de lui-même, votre regard m'intéresse. »

Ces derniers mots furent appuyés par sa main libre qui remettait lentement une mèche derrière son oreille et l'inclinaison légère de sa tête sur le côté, faisant teinter ses boucles d'argent en silence.

Les deux hommes n'étaient pas de simple connaissances. Ils semblaient amis. Et pourtant c'était le mage lui-même qui avait évoqué si froidement l'idée de le tuer quelques jours plus tôt. Peut-être la complicité qu'elle avait cru apercevoir n'était-elle plus qu'une contrainte mondaine... Ou bien était-ce encore plus complexe ?

En fond la musique s'arrêta encore alors que de nouveaux invités étaient annoncés. Ingrid vit Pavel tendre l'oreille et déclara juste après, l'air navrée :

« Oh mais bien sûr, excusez-moi, je ne voudrais pas vous retenir d'aller saluer vos invités. »

Sa main accentua légèrement sa caresse dans le dos du mage, alors que devant eux Pavel semblait hésiter.

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Sylvan Karov
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MessageSujet: Re: Carpates Diem (PV Ingrid)   28.09.18 21:25

Ces doigts simplement posés qui courraient le long de sa colonne lui offrait une sensation particulièrement difficile à décrire. Obsédé par ses souvenirs, pourchassé par ses envies et rattrapé par cette scène singulière d’un ancien ami qui semblait jouer le jolie-cœur avec la seule femme qu’il avait laissé approcher depuis deux décades, le mage ne savait pas vraiment ou donner de la tête. Vidant le temps de cette conversation sa coupe de champagne il la reposa sur le plateau d’un jeune serveur envieux avant d’observer le colonel écartelé entre l’envie d’en savoir plus sur cette femme qui semblait avoir ravit le cœur de cet homme devenu froid et l’obligation d’aller voir ses invités. Sylvan se laissa détendre par l’habile caresse qu’il sentait à peine à travers le tissu épais de sa veste et essayait de se concentrer sur cela. Il inclina légèrement la tête d’un air entendu. Le colonel claqua les talons et salua de la tête Ingrid avant de lui présenter ses excuses et de disparaître à travers la foule.

Faisant glisser sa main dans le dos d’Ingrid il la posa finalement sur sa hanche et resta ainsi quelques longues secondes, seulement à profiter de l’instant. Les lumières dorés se reflétaient sur les moulures des plafonds et la musique venait de reprendre une valse lancinante qui le rendait nostalgique mais qui lui donnait l’envie d’être proche de sa collègue condamné à être son épouse au yeux de tous pour la soirée. Seuls dans leur coin il observait le parterre. Les vieux membres d’une noblesse en décomposition côtoyaient de jeunes militaires carriéristes aux dents longues à la recherche d’une jeune et riche héritière. Peu importe qu’elle soit belle ou non, intelligente ou non . ils étaient au milieu de la plus grande scène de théâtre de la région. Si il fallait être à quelque part c’était ici. Quelques personnes passant près d’eux leur lançaient un signe de tête. D’autre plus courageux osaient s’adresser directement à Ingrid en la saluant d’un « duchesse » fort à propos dans ce contexte. A chaque fois il semblait que Sylvan se rapprochait un peu plus d’elle alors qu’il raffermissait sa prise sans aucune brusquerie.

Il sentait toujours les doigts dans son dos et cela l’enchantait, elle semblait vouloir l’accrocher au monde réel. Pas celui des artifices et des « monsieur » mais celui de l’école, de la forêt et de ces moments difficiles à claudiquer sous le clair de lune. Se réveillant comme d’un long sommeil il attrapa la coupe d’Ingrid encore remplis au tiers de sa contenance et la déposa sur un plateau qui volait à porté de main, il ne fit même pas attention à la jeune serveuse qui n’osa rien dire suite à la pose du surplus de poids qui faillit lui causer une perte d’équilibre. Glissant sa main le long de ses lombaires il quitta son côté et plaça sa main de métal avec une délicatesse inconnu sur sa joue avant de l’embrasser sans la prévenir plus avant. Il ne savait pourquoi mais il avait besoin de le faire et maintenant que personne ne les regardait il voulait absolument en profiter. Cette fois ci son étreinte dura plus que quelques secondes et l’entrée d’un autre invité ne le dérangea nullement. Cherchant une dose de courage dans les lèvres d’Ingrid il se résolut à se détacher en lui souriant.

« Tu dois te poser mille et une question et je te promets d’y répondre et te raconter tout ce que tu voudras. Plus tard. »

Il l’embrassa à nouveau beaucoup plus furtivement et reprit un peu de distance sans oublier de se perdre dans ce regard nuageux qu’il aimait tant tout en revêtant cet air de noblesse qui sonnait presque faux à quiconque le connaissait. Il garda néanmoins sa main de métal dans la sienne et un gros bourgeois endimanché paru assez choqué mais Sylvan n’y fit même pas attention.

« Pavel restera à cette soirée pour un petit moment encore nous nous devons de patienter. »


L’orchestre se remis en branle, entamant une danse souple et légère qui, traditionnellement, sonnait le début des hostilités pour les danseurs. Ce morceau semblait sortir d’un autre monde et à l’instar de beaucoup de chant traditionnel il avait survécu à la catastrophe culturelle qui avait suivit Réminiscence. Un air interdit mais qu’aucun ne viendrait à remarquer dans ce genre d’assemblée, multi-ethnique certes mais surtout à la botte du maître des lieux, ou plutôt de son fils qui tirait les ficelles. Peut être par peur de voir quelqu’un la lui ravir ou par volonté de la garder pour lui seul il se décida à bouger. Laissant finalement son bras de métal libre il fit un léger pas en arrière pour se plier d’une révérence parfaitement exécuté en tendant son bras tout en se redressant.

« Me feriez vous l’honneur de danser Madame die Herzogin   ? »

Il avait dit ceci tout à fait sérieusement, avec le ton et la posture qui convenait à une dame de sa qualité mais non sans une pointe de malice qui brillait encore dans ses yeux. Conservant sa main tendu il attendait qu’elle la saisisse pour l’emmener sous le feu de ces regards qui ne les avaient pas quitté depuis qu’ils étaient entrés.

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Ingrid Koothran
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MessageSujet: Re: Carpates Diem (PV Ingrid)   29.09.18 16:08

« Duchesse... »

Ingrid salua gracieusement l'homme, retenant un rire incrédule. Duchesse, rien que ça.
A son grand soulagement, Pavel avait choisi d'assumer son rôle d'hôte, et Ingrid l'avait regardé s'éloigner avec un discret soupir. Dans cette arène aux atours d'or, sa vie était plus en jeu qu'elle ne l'avait jamais été sur le sable rouge des combats. Et parmi les loups en peau d'apparat, Sylvan était celui qui permettait aux barrières de tenir.

Ses doigts continuaient leur jeu dans le dos du mage, à peine perturbés par la main qui s'était posée à sa hanche, et poursuivaient encore alors qu'il se rapprochait. Ses cheveux vinrent parsemer en flammèches la veste noire, sa tempe reposée contre lui.
Ils restèrent comme ça un peu, ou longtemps. Puis elle sentit la main remonter son dos alors qu'il se détachait de sa caresse. Sa flûte de champagne s'éloigna sur un plateau, et le froid du métal sur sa joue fut presque doux. Elle n'eut pas le temps de l'interroger du regard qu'il s'empara de ses lèvres.
La main d'Ingrid glissa dans la nuque du mage alors qu'elle fermait les yeux, savourant l'échange avec un frisson. Inattendu et oh por dios, terriblement bon...

Jamais le monde ne leur avait été aussi invisible.

Ses paupières se rouvrirent finalement sur le sourire du mage lorsqu'il se recula un peu.

« Tu dois te poser mille et une question et je te promets d’y répondre et te raconter tout ce que tu voudras. Plus tard. »

Une promesse de secrets avoués intrigante. Ça concernait Pavel, et peut-être plus.

Un dernier baiser furtif, et la soirée devait continuer.
A son grand regret, elle devinait que ça ne voulait pas dire reprendre ses lèvres et oublier pendant le reste de la soirée où ils étaient et pourquoi ils y étaient. Pensée d'inconsciente, et bien trop sincère. Se reprenant, elle recouvrit la lucidité alerte qui la tenait encore à son arrivée.
Et qui fut immédiatement mise à mal par Sylvan s'inclinant en lui tendant son bras :

« Me feriez vous l’honneur de danser Madame die Herzogin   ? »

La situation aurait pu être grotesque si le mage n'y avait pas mis un tel sérieux, et la malice qui la taquinait sous le masque noble eut raison de sa surprise. Riant doucement, ses doigts s'offrirent à la paume de Sylvan.

« Avec plaisir, mon cher époux. »

De nombreux couples tournoyaient déjà sur le marbre, allant des jeunes princesses d'un soir au balai dans le cul de vieux militaires. La jeune femme sentait un picotement dans sa nuque, comme une bête de foire trop observée.
Mais la main de Sylvan qui se posa sur son côté et les yeux étonnamment lumineux qui cherchaient les siens valaient les affres d'une attention trop lourde, malgré le léger malaise qu'elle contenait derrière un sourire. Elle remercia secrètement son frère d'avoir eu besoin d'un cobaye pour ses spectacles. Non pas qu'elle se souvienne de grand chose... Quel besoin Raùl avait eu d'apprendre à se trémousser dans quinze cultures différentes ? A part faire le coq devant les jolies filles de la place.

Cependant, elle eut à peine à s'en soucier. Malgré sa prothèse, le mage s'avérait assuré et agile. La prise sûre, il menait la danse, les faisant louvoyer parmi les autres couples sans la moindre anicroche. Et il en était si naturel à chaque pas qu'Ingrid ne put retenir un rire malicieux.

« Y a-t-il une chose que vous ne sachiez pas faire, Herr Karov ? »

Les talons d'Ingrid rythmaient le sol, retrouvant d'eux-même les rudiments, et à son tour la guerrière se mit à guider le mouvement. Puis de nouveau Sylvan, et de nouveau elle, et à chaque cercle l'un entraînait l'autre, leurs yeux miroirs en accord parfait.

Si on lui avait dit qu'un jour son cœur aurait assez battu pour se laisser mener dans une valse... C'en était irréel, loin des quatre murs de sa chambre ou de la belle étoile, de ses élèves, du sang et des poings. La seule chose vraie qu'elle percevait ici, c'était lui.

Une série d'applaudissements tonna dans la salle quand la musique se tut, félicitant poliment les danseurs de leur performance.
Leurs pas avaient cessés, mais Ingrid ne lâcha pas son compagnon. Elle n'aurait pu décrire ce qu'elle lisait dans son regard, sa seule certitude était qu'elle lui renvoyait le même. Cet homme, bon sang...
Se hissant légèrement malgré ses talons déjà hauts, ce fut à son tour de goûter aux lèvres du mage.
Bien moins qu'elle l'aurait voulu hélas, car le mouvement qu'elle perçut derrière lui étouffa son élan.

Pavel s'était incliné devant sa cavalière, et tournait leur attention vers eux. Captant son regard, il lui sourit. Elle lui répondit, assaillie à nouveau par le malaise, avant de souffler au mage tandis que ses talons retouchaient le sol.  

« Il revient vers nous. »

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Sylvan Karov
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MessageSujet: Re: Carpates Diem (PV Ingrid)   30.09.18 15:00

Les mouvements se succédèrent, d’abord quelque peu hésitant et ensuite plus affirmés. Menant la barque qui les faisait tournoyer dans la douce chaleur de la piste le mage ne pouvait pas rêver d’un meilleur moment. L’emmenant entre les couples, tenant sa main et contemplant ses yeux il ne voulait pas que cela cesse. Il ne dit pas un mot quand elle lui posa une question tout rhétorique et continua de tourner. Elle prit le guide de la danse avant de le lui laisser à nouveau. Ils semblaient complémentaires tout autant qu’une seule entité. Emmenant sa belle de part et d’autre de la piste il n’avait jamais eu l’air aussi fier, pour ceux qui regardait ce curieux spectacle il en était presque orgueilleux. Le plus curieux était qu’il semblait aussi agile qu’un chat sur ce parquet qu’il n’avait plus foulé depuis des années. La musique se calma avant d’enfin se taire. Au milieu du brouhaha des applaudissements il s’accrocha aux lèvres qui venaient de l’embrasser devant toute la population qui appuya ses claquements de mains. Ce moment, elle, il voulait tout graver dans sa mémoire pour le reste du temps qui lui restait à vivre. Rien n’obscurcissait ce souvenir naissant et durant la seconde ou elle resta contre lui il ne vit qu’elle dans cette superbe robe à la douce couleur de nuit. Alors qu’elle murmura à son oreille il s’écarta de son corps avant de la saluer. L’emportant par la main en dehors de la lumière des lustres les deux collègues furent rattrapé par Pavel comme des pauvres par la misère.
Il venait d’un pas des plus conquérant. Jouant à domicile il savait que les invités n’avait d’yeux que pour lui et il savait se mettre en scène. Écartant royalement ses ailes le colonel vint embrasser Ingrid avant de se tourner vers son ami.

« Sylvan, tu m’avais caché les talents de danseuse de ton épouse lorsque nous nous sommes rencontré tout à l’heure. Si seulement j’avais su je te l’aurais volé, seulement pour une danse évidemment. »


Inconsciemment le mage laissa échapper un grognement presque animal. Malgré la couche de coquetterie et ces beaux atours rien ne changeait pour lui. Il demeurait un homme qui venait du dehors et ce simple égarement suffit à Pavel pour se le rappeler. Emmenant Ingrid près de lui il passa son bras autour d’elle comme pour signifier qu’il n’accepterait rien qui ne le séparerait d’elle. Prenant un ton tout aussi impérieux que celui de son collègue il ajouta.

« Navré mon vieil ami mais cette dame est la mienne, comme tu as su si bien le dire, et jamais je ne te laisserai me la ravir. Ne serait-ce que pour une danse. »


Aucun sourire, aucun mouvement amical, seulement ces doigts qui s’échouaient sur les reins de cette Dame devenue soudain un attrait pour le colonel de la garde. Les lumières se reflétèrent un moment sur le bras d’adamantium coincé contre le torse du mage dans lequel se reflétaient les deux hommes. Dans une lutte silencieuse ils se regardaient sans ciller. Le gris pâle du mage se confronta au bleu azur du cavalier mais ce furent ces derniers qui plièrent en même tant qu’un sourire aimable naissait. Il tapota le bras gauche du mage comme le ferait un vieux compagnon tout en se fendant d’un sourire trop beau pour être tout à fait honnête.

« Tu sais comme moi que tu n’as pas, comment dire, le bras assez fort pour de telles promesses. »

Laissant Sylvan se couvrir dans un silence aussi lourd que chargé de rancœur il pressa la manche au niveau du biceps. Celle ci plia sous les doigts finement soignés du colonel qui se mit à rire doucement en sentant les vérins d’acier sous la veste. Relâchant sa pression il détourna le regard vers les yeux jumeaux de ceux de Sylvan et entonna d’un ton beaucoup plus doux et mielleux.

« Frau Karov. Me feriez vous l’honneur de m’accompagner au fumoir au terme de ce gala ? Avec votre tendre mari faut il le préciser. Il me tarde d’échanger nos souvenirs d’anciens combattants en votre présence. Vous m’avez semblez si, pardonnez moi je cherche le mot juste. Rougeoyante non, flamboyante ! Voilà, si Flamboyante, durant cette danse. »


Il s’écarta de quelques pas et s’inclina respectueusement après avoir fait claquer ses talons.

« Présentez-vous à mon valet vers minuit. Oui minuit est une heure appropriée. Je vous offre le brandy. »

Terminant son spectacle d’un demi tour magnifiquement exécuté il s’en alla. Durant tout son discours Ingrid pouvait sentir le coeur de Sylvan s’emballer mais pas de la manière dont elle se satisfaisait ces dernières heures. Les coups étaient anarchiques, décousues. Il s’était accroché à elle comme un marin à un rocher et ne voulait pas sombrer face à cette attaque perfide dont elle n’avait pas du comprendre beaucoup de chose mais les réactions du mage avaient du lui suffire. Alors que la veste bleu disparaissait sous les rayons dorés des luminaires il se détendit un peu mais semblait vissé au sol comme si il avait survécu à un terrible assaut. Il essayait de suivre du regard cet homme impossible à saisir dans son élément. Il avait été fou de venir, la victoire était impossible à arracher. La respiration d’Ingrid tentait de lui rappeler la cause de cette folie, sa poitrine qui se mouvait dans sa robe à chaque souffle et appuyait sur ses propres côtes le ramenait lentement à la réalité. Gardant le regard droit devant à la recherche du costume bleuté il laissa sortir d’une voix blanche.

« Je crois que ce ne sera pas aussi facile que je le croyait. »


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Ingrid Koothran
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MessageSujet: Re: Carpates Diem (PV Ingrid)   30.09.18 20:56

Bastardo.
Ingrid ne comprenait rien à l'échange, mais la moindre réaction de Sylvan suffisait à lui dire que cet homme méritait son poing dans la gueule. A la place, elle devait se contenter d'un sourire aimable et de yeux de chiots surpris, comme si l'animosité manifeste lui était étrangère. Pas de faux pas.
Sa main retourna dans le dos de Sylvan, percutée par les battements énervés qui sourdaient en dessous, et caressa imperceptiblement. Il fallait rester calme, tous les deux.
Les yeux bleus vinrent chercher les siens. Un azur trop clair pour sonner juste.

« Vous m’avez semblée si, pardonnez moi je cherche le mot juste. Rougeoyante non, flamboyante ! Voilà, si Flamboyante, durant cette danse. »

Rougeoyante. Au diable son âme si cet enfoiré lui faisait du charme. Il savait.
Convenant de lui-même du futur traquenard, la jeune femme ne put qu'incliner la tête d'un air entendu, bien que ses mâchoires se crispaient, ne retenant que de peu son sourire de virer en grimace.
Ses muscles se détendirent en même temps que le mage, mais comme lui elle regarda s'éloigner la veste bleu et les cheveux courts.
Sylvan ne la lâchait pas, et elle sentait un rythme saccadé sous la propre tension de son cœur. Elle releva le visage et l'expression qu'elle y découvrit était loin de la rassurer.

« Je crois que ce ne sera pas aussi facile que je le croyais. »

Il n'était pas juste furieux. Les choses allaient mal.
Elle l'appela. Ses yeux emportaient les siens loin de cette veste bleue déjà évanouie. S'éloigner de tout ça, maintenant. Ils avaient besoin d'air, de solitude. De pouvoir penser à la suite sans l'agitation permanente des guignols sous leur nez, sans se sentir espionnés par le moindre sourire caché derrière un éventail.
Restant à son côté, une main dans son dos, ils traversèrent discrètement la foule comme deux amants pressés de se retrouver seuls. Quelques gloussements s'élevaient à leur passage, confirmant au moins qu'ils gardaient l'illusion d'un couple heureux ayant un peu trop bu.

Une goulée d'air nocturne rafraîchit ses poumons. Elle avait repéré la terrasse de loin, et ne fut pas déçue d'y trouver non pas la cage d'un balcon, mais des escaliers menant au pharaonique parc que formaient les jardins. En revanche, les statues qui semblaient scruter l'obscurité la mettait mal à l'aise. Le domestique qui avait traversé la salle à leur suite aussi. Elle l'avait repéré du coin des yeux, déléguant son plateau à une serveuse surchargée pour se rapprocher des deux professeurs.

S'il voulait jouer à ça, il allait être servi.
Elle sourit à Sylvan, un sourire qu'elle espérait dénué de doute, et sa main caressa son dos une fois de plus avant que d'un commun accord, ils ne descendent les escaliers.

C'était comme  un jardin à l'anglaise, une nature sauvage savamment entretenue en nid d'amour. Sur chaque banc s'enlaçaient un couple, près de chaque fontaine se chuchotaient des rires. Parfait.
Ils s'y promenèrent un temps, s'avançant sur l'un des nombreux chemins boisés qui succédaient aux larges baies de fleurs.
L'ombre des arbres, peinte par une lune en croissant, rappelait les bois de l'académie. Ils auraient pu croire y marcher à nouveau, piétinant ensemble les vielles feuilles, avançant sous le couvert de branches errantes. Mais les vielles feuilles ne dissimulaient que de la pierre lisse, et les branches errantes tenaient la chandelle aux amants faussement égarés. Et la silhouette d'un valet trop zélé se faufilait dans leur sillage, prêt à rapporter à son maître la moindre miette.

Malgré ça, le souffle de Sylvan, le roulement de chaque muscle en marche réchauffait un peu sa confiance. Elle avait senti son bras resserrer son étreinte autour de sa taille alors qu'elle se lovait doucement sur son côté. Ils étaient aux yeux cachés un couple comme un autre. Au moins ce jeu-là n'était pas qu'un faux-semblant.

L'homme ne décrochait pas de leurs talons. A ce rythme, minuit arriverait sans qu'ils aient pu revoir la situation.
D'un signe à son compagnon, ils quittèrent alors le chemin pour s'enfoncer dans les sous-bois. Un couple très occupé contre un arbre sembla distraire leur araignée, assez pour que les deux collègues puissent s'enfoncer plus loin en se donnant un coup de vitesse. La jeune femme manqua même de trébucher. Foutus talons.

Ce fut derrière un tronc, suffisamment large pour masquer la carrure du mage, qu'ils trouvèrent refuge.
Oreille tendue, Ingrid entendit les pas de l'homme qui piétinait sur place, cherchant en vain l'objet de sa mission, avant de finalement s'éloigner. Ils restèrent ainsi un moment, en silence, le souffle court au moindre bruit. Puis la guerrière expira finalement et posa sa tête contre l'écorce. Quelle sangsue tenace Pavel leur avait collé...

Son regard se prit dans celui du mage, tout du moins où il devait se trouver. Elle le distinguait à peine. Sans préambule, elle énonça ce qu'ils savaient tous les deux déjà :

« Il sait et c'est un piège. »

Se décollant du tronc, elle prit le visage du mage entre ses mains, comblant l'obscurité par son contact.

« Qu'est-ce qu'il se passe, Sylvan ? »

Passé, présent, futur, cette question elle ne savait où la situer. Mais il fallait une réponse.

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Sylvan Karov
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MessageSujet: Re: Carpates Diem (PV Ingrid)   30.09.18 21:51


Furieux n’était pas vraiment le mot pour le décrire à cet instant. Son état était plus proche d’un triste mélange entre le doute, le questionnement et la haine. Les yeux dans le vague il essayait de faire le point sur la situation mais ce fut les yeux d’Ingrid qui l’accrochèrent avant toute conclusion constructive. Elle l’emmena dans son sillage, loin des réflexions ou des regards. Certains hommes se félicitaient de voir un tel couple aussi naturel, d’autre les enviaient, ceux qui restaient se cachait dans un manteau de critiques pour mieux camoufler leur frustration. Alors que le ciel leur souriait enfin Sylvan fut des plus heureux de quitter la lumière de la grande salle. Il emplit au maximum ses poumons et détendit légèrement ses muscles. Dans un état second il suivit Ingrid dans le jardin à l’anglaise. Il avait vu lui aussi le jeune homme qui les suivaient. Il ne pouvait même pas en vouloir à Pavel. Les deux partis jouaient simplement une partie d’échec grandeur nature et contrairement à eux le maître des lieux pouvait se permettre de perdre des pions.

Les deux compagnons progressèrent dans cette nature tenue en laisse qui voulait conserver des airs de liberté mais chaque couple, chaque homme et chaque femme qu’ils rencontraient lui rappelait la triste réalité de ce jardin. Il n’était qu’un ornement de plus. Parmi les essences millénaires dont certaines avaient disparu à l’extérieur de ces murs Sylvan et Ingrid tentait d’échapper un cette punaise bien décidé à leur coller aux basques. Stoppant alors toute avancée classique Ingrid s’enfonça dans le bosquet et se posta dos à un arbre. Le vieux mage étira un peu son cou, fut satisfait de voir l’homme faire les cent pas quelques secondes avant de s’en aller sans autre cérémonie. Un rayon de lune perça le feuillage pour laisser voir au mage la guerrière qui étirait son cou en laissant reposer son crâne contre l’écorce. Il la laissa plonger dans son regard et subit ses questions sans l’empêcher de parler. Prenant une grande inspiration ce dernier finit par répondre sur un ton très bas pour empêcher quiconque de les entendre.

« Je connais Pavel depuis longtemps et j’ai moi même servit son unité. Non pas comme soldat je te rassure mais comme spécialiste. Nous avons beaucoup travaillé ensemble et pendant un moment j’ai cru que nous allions dans la même direction. Ce n’est qu’après que j’ai appris ce qu’il était. Il n’est intéressé que par le pouvoir et nous avons eu plus d’un désaccord. Mais ce n’est pas important. Cela fait presque 20 ans que je ne l’ai pas vu Ingrid. Il faut croire qu’il a la rancune tenace. »

Sans aucun doute le mage était des plus sincère mais il ne disait pas tout et restait vague. Ce n’était pas la meilleure partie de son existence et pas quelque chose qu’il fallait absolument dire à Ingrid. Du moins pas tout de suite. Observant un peu les bois et concluant que la place était libre il s’écarta légèrement et sorti deux cigarette qu’il alluma simultanément avant de d’en donner une à Ingrid. Il respira profondément, cherchant une aide à sa réflexion mais aussi un moyen de fuir ses pensées. Il se devait de garder l’esprit clair. Tirant sur l’amas de tabac il se demandait quel serait le prochain coup de son adversaire. De toute façon quoi qu’il lui en coûte il sera mort ce soir.

Un autre problème embrumait son esprit et lui donnait des coups de lance à chaque fois qu’il regardait le visage de sa partenaire. Comment avouer et résumer toutes les choses faites au nom du désespoir tant d’années avant de retrouver un semblant d’espoir entre ses bras. Il se revoyait chuter dans la salle des professeurs quand il croisa pour la première fois son regard. Déjà à ce moment il avait commencé à remonter ? Ou était ce jour ou il fut gêné par la transparence de son habit avant d’être surpris par ces bêtes exotiques. Il voulait remettre ses idées en place et seul les yeux gris qui lui renvoyait son regard arrivait à mettre de l’ordre dans ce capharnaüm. Prenant une longue inspiration sur sa cigarette il reprit sur le même ton.

« Nous étions trois Ingrid. Pavel, moi et Adélaïde. Je crois qu’il n’a jamais supporté qu’elle m’ait préféré à ce jeune premier destiné à un brillant avenir. »


Il fit un arrêt bref dans son exposé pour reprendre un peu de courage en fumée et prit le temps de tout expulser de ses poumons.

« Après qu’elle nous ait quitté nous nous sommes retrouvé tous les deux et je crois qu’il m’en veut toujours pour cette affaire et celles qui ont suivis. Te faire un compte rendu complet serait bien trop long. »


Une partie de réponse valait mieux que pas de réponse du tout. Pour le moment cela suffirait amplement. Si il s’en sortait vivant il se jurait à lui même de tout lui dire, le moindre détail de sa vie dissolue mais il n’y avait pas le temps. Reprenant sa posture droite et sûr du guerrier qu’elle avait toujours connu il jeta sa cigarette et se rapprocha d’elle.

« C’était ça qu’il me reprochait tout à l’heure, de ne pas avoir su agir correctement à l’époque. »

Sa main droite vint écarter un peu les mèches rousse qui se perdait sur son visage, il voulait conserver cette image de la femme qu’il aimait sous le clair de Lune si cela devait devenir la dernière qu’il aurait d’elle. Lentement il l’amena contre lui et la serra contre son torse. La voix grave fit vibrer sa cage thoracique contre laquelle il y avait sa joue. Sa main passait dans ses cheveux mais ce n’était pas pour la rassurer, seulement pour la savoir au plus proche de lui.

« Il ne sait rien. Il veut simplement m’humilier devant toi. Il te connaît et ça j’en suis certain mais jamais il ne pourra imaginer que quelqu’un comme toi qui a toujours parlé avec ses poings ai pu deviner ses plans. C’est un de ses défauts, il sous estimera toujours une femme telle que toi. »

Il avait dit cette dernière phrase avec un sourire malicieux. Il était enfin réveiller. Il l’écarta un peu et se pencha pour l’embrasser alors que le clocher de l’ancienne chapelle sonnait onze heures.

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Ingrid Koothran
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MessageSujet: Re: Carpates Diem (PV Ingrid)   01.10.18 12:20

Adélaïde. « Eda ». Elle était donc le pivot tragique de l'histoire entre ces deux hommes.
A défaut d'avoir le fin mot de l'histoire, Ingrid voyait s'esquisser des fragments de mémoire.

« C’était ça qu’il me reprochait tout à l’heure, de ne pas avoir su agir correctement à l’époque. »

Ingrid termina sa cigarette en écoutant le mage, baissant les yeux le temps de chasser quelques  cendres de son mégot. Connaissant Sylvan, il s'accusait probablement des même griefs.
Ce qui n'empêchait pas le portait d'être fait : Pavel était donc un ambitieux vénal et jaloux. Et terriblement rancunier. Un vrai prince charmant.
Elle lâcha sa cigarette, regardant l'homme qui écartait le fin rideau des mèches rousses, et se laissa amener contre lui, une fois de plus. Dire qu'il n'y a pas si longtemps encore il aurait à peine su effleurer sa joue...

« Il ne sait rien. Il veut simplement m’humilier devant toi. Il te connaît et ça j’en suis certain mais jamais il ne pourra imaginer que quelqu’un comme toi qui a toujours parlé avec ses poings ai pu deviner ses plans. C’est un de ses défauts, il sous estimera toujours une femme telle que toi. »

Ça, c'était bon à savoir. Il ne la croirait pas capable de beaucoup de choses. Y compris de garder intact son estime pour le mage, qui n'avait jamais décrue depuis leur rencontre.

Sans réfléchir plus avant, elle sut qu'il se penchait pour l'embrasser. Passant ses bras autour de son cou, elle répondit à ses lèvres avec un soupir.
C'était le baiser qu'elle avait voulu lui donner plus tôt, sans salaud en uniforme pour l'interrompre, sans le chœur malsain d'une foule en manque de sensation.  Un baiser dans lequel elle pouvait se perdre à souhait.

Les coups de onze heure lui parurent bien lointains quand leurs lèvres se désunirent finalement.
Elle se recula un peu, le souffle court. La lune imprégnait leurs regards, rehaussant d'argent l'acier des prunelles, avant de s'éclipser le temps d'un nuage conquérant.
Dios qu'il était beau, et dios qu'elle se sentait comme une adolescente bien trop amourachée. Une sensation qui n'avait pas vraiment eu de place dans sa vie et qui lui faisait soudain perdre pied avec une facilité désarmante. Le flirt elle connaissait, le désir aussi, mais ça, ce qu'ils possédaient ensemble ce soir...

Prenant une inspiration, la guerrière quitta la chaleur de Sylvan pour se ré-ancrer dans la réalité de la nuit. Ce n'était ni le moment ni le lieu de chavirer dans ses bras.
Le rendez-vous approchait à grand pas, et pas question de s'y débattre à tâtons.

« Dis-moi ce que tu sais sur lui, ses forces, ses faiblesses, tout ce qui peut aider... Je peux pas me jeter dans la gueule du loup sans connaître la longueur de ses crocs. »

***

Minuit allait sonner quand Ingrid, au bras de son compagnon, se présenta au valet désigné de Pavel. Ce n'était pas le mouchard de tout à l'heure, ce type-là avait l'air plus finaud. « Valet » n'était sans doute qu'une couverture. Après s'être incliné, l'homme les invita gracieusement à le suivre. Ils ne retraversèrent pas la grande salle, esquivant le brouhaha étouffé par une galerie aux airs baroque. Personne d'autre qu'eux n'errait dans le défilé des portraits, dorures et statues.
Le valet s'arrêta devant une porte bardée de fioritures et poussa le battant en les annonçant.

Le fumoir était un petit salon -petit selon les critères d'un foutu château- aux nombreux fauteuils et canapés de cuir réunis autour de diverses tables, destinées pour certaines à jouer aux cartes, d'autres à simplement poser un verre en écrasant son cigare dans un cendrier sculpté. Un feu brûlait dans la cheminée, sa lueur léchant les fils d'or des somptueux rideaux.
Au milieu de la pièce, Pavel attendait seul, nonchalamment installé sur le canapé central en fumant. Les flammes ambraient le verre de cristal posé devant lui.
Il ressemblait à un chat de race qui attendait son pâté royal.

Le colonel les regarda entrer avec un sourire et les invita d'un geste élégant à venir s'asseoir près de lui. Il indiqua à Sylvan le fauteuil en face, et présenta d'un regard insistant à Ingrid la place restante sur le canapé. Ils obtempérèrent, Ingrid s'asseyant en biais, jambes croisées hors de la fente, avec un charmant sourire.

Pour le moment, ils allaient jouer le jeu. Tellement bien le jouer qu'il croirait jusqu'au bout en son indiscutable supériorité. Puis Icare se brûlerait les ailes.

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Sylvan Karov
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MessageSujet: Re: Carpates Diem (PV Ingrid)   01.10.18 17:30


Sylvan accusait le coup, seul avec la jeune femme au milieu des bois ils avaient bien d’autres choses en tête que de profiter simplement de l’instant. Après s’être détacher de se visage qu’il étudiait sous toutes les coutures il regrettait de ne pas s’être dévoilé plus tôt. Peut être cela aurait changé quelque chose. Peut être pas. Après une petite heure de discussion planté dans ses yeux ils se mirent en route. Elle a son bras comme depuis le début de la soirée ils déambulèrent dans les couloirs surchargés de la demeure. Guidé par le valet de Pavel Sylvan ne faisait même pas attention au décor anachronique essayant de se concentrer sur le bruit de ses pas. Les bruits de la soirée s’effaçaient doucement et laissait place aux hennissements des chevaux qui attendait qu’on charge leur voiture pour ramener les invités. Seuls quelques irréductibles devant encore hanté la grande salle plongée dans le silence relatif du rangement. Sous les « par ici » lancé respectueusement par le valet ils passèrent sous le linteau du fumoir ou les attendait déjà Pavel.

Une fois les deux professeurs installés, l’un en face l’autre aux cotés de Pavel celui ci leur fit servir d’un geste des rafraîchissements que le mage accepta avec plaisir. Il essayait de dissimuler sa colère derrière le liquide ambré qu’il dégustait. Même cela il ne l’avait pas oublié. Ses yeux suivaient la courbure des jambes d’Ingrid sur lesquelles s’était posée la main impeccable de Pavel dans un geste aussi naturel que majestueux. Il sorti un cigare avant de proposer une cigarette à la femme à ses cotés avant de lui tendre une longue allumette de cèdre allumé, allumette dont il se servit pour allumer son propre cigare. Sur un ton on ne peux plus hautain il lança au mage.

« Je ne t’en propose pas tu dois toujours fumé ton tabac brun absolument infâme n’est ce pas ? »

Comme pour lui donner raison Sylvan se planta dans ses yeux en sortant une cigarette ainsi que son vieux briquet mécanique. En refermant le capuchon en laiton il remit ce petit ustensile dans sa poche.

« C’est pour ça que tu utilises tes allumettes Pavel, toujours jaloux après tant d’année ? »

Ce qu’il fallait laissé à cet homme c’est qu’il savait encaissé. Il ne changea même pas de teint face à la pique du mage et se contenta d’un rire nerveux en affermissant sa prise sur la cuisse de la guerrière tout en se délectant de la réaction de Sylvan. Ce dernier avait beaucoup de mal à se contrôler. Le pire était sans doute de voir son vieil ami se plonger dans ces yeux gris et de voir la jeune femme lui rendre son regard. Il savait que ce n’était que du théâtre mais il ne pouvait s’empêcher de sentir de voir son cœur se serrer en voyant ce curieux spectacle. Prenant son verre dans sa main après avoir déposé son cigare il but une gorgée avant de reprendre mais s’adressant à Ingrid.

« C’est curieux madame, je n’ai vu aucune trace de vos noces avec ce bien aimé Karov. Imaginez ma surprise quand j’ai vu la championne du Val Ombre au bras de mon plus vieil ami. Mais ce qui m’étonne c’est de savoir qu’une femme tel que vous, soit disant morte depuis un mois mais ça c’est un détail, s’est arrêté sur une bête telle que lui. »

Il ponctua sa phrase en quittant la jambe d’Ingrid pour venir caresser légèrement sa joue. Sylvan n’en pouvait plus et fit un geste pour se lever mais Pavel leva son index en faisant quelque claquements de langues. Il désigna le dos du mage et en se retournant il put admirer les deux valets de part et d’autre de la porte qui tenait de longs poignards dans leur main. Il lui fit signe de se rasseoir et calmement le mage finit par obéir tout en recupérant le mégot qui fumait. Après un long soupir le colonel se tourna vers Ingrid en souriant.

« Voyez-vous Ma dame, cet homme vous cache bien trop de chose. Oh je suis certain qu’il a du vous raconter en long et en large comment il a perdu le grand amour de sa vie. Triste n’est ce pas ? Mais vous a t’il précisé que c’est purement de sa faute. Il la lui même mené à la mort et comment s’est il remis de cette perte ? Je vais vous le dire chère demoiselle. »

Il se redressa sur le divan alors que Sylvan fulminait. Les poings serrés il était à deux doigts de sauter sur cet homme en face de lui. Il voulait le déchiqueté, qu’on ne le reconnaisse même plus. Pavel repris sur un ton théâtral.

« Il a retrouvé la communauté qui avait vomi l’assassin de sa belle. Il a tué tout le monde, hommes, femmes et enfants. Oh si vous aviez vu cela. Un véritable carnage. Heureusement MA famille a étouffer l’affaire et l’image du héros que voila n’a jamais été entaché. Mais voila la vérité ce n’est qu’un meurtrier. »

S’en était trop. Sylvan bondit hors de son fauteuil et serra le poing à s’en faire mal au phalange mais une sensation curieuse l’arrêta dans son élan.

« Sylvan...tu as toujours fait trop confiance à ta Magie. Sans elle tu n’es rien qu’un éclopé bien trop confiant.  Sortez le d’ici monsieur. S’il résiste tuez le. »


La pointe d’une épée tapotait tranquillement son sternum, la poignée était dans la main de Pavel. Le colonel avait tout prévu et il était tombé dans le piège le plus minable qu’il n’ait jamais connu. Pendant un instant il regarda Ingrid et voulut faire un sortilège, n’importe quoi pour se débarrasser de cet homme mais rien ne venait. Il jeta un œil vers sa main gauche qui avait reprit son aspect squelettique. D’une certaine manière il faisait trop confiance en sa magie. Essayant de garder un semblant de dignité perdue il voulut accrocher le regard d’Ingrid, lui dire sans un mot que ce que disait cet homme vêtu de bleu était faux mais tout en lui était brisé. Il senti une dague contre sa colonne et se laissa faire quand un des valets lui prit le bras pour l’emmener dans son dos.

« Je te tuerais Pavel. »

La voix était rauque et plus que menacante mais le colonel n’en eut rien à faire et se contenta de rire en faisant signe à ses hommes de déguerpir. Rassurant leur prise sur le colosse il le poussèrent plus qu’ils ne l’accompagnèrent jusqu’à la sortie et rejoignirent leurs camarades dans le couloir. Une fois les lourds battant fermé il jetèrent l’homme au milieu d’eux et sortirent chacun une lame.

Il passait un millier d’image dans la tête du mage, il regarda la porte et s’inquiéta un moment pour Ingrid. Il ne doutait pas de sa valeur mais Pavel était un excellent combattant. Quelques secondes plus tard il se rendit compte que ce qui lui faisait le plus peur était de voir à nouveau son regard une fois cela finit. Le premier des gardes s’élança alors sur le mage dépourvu de toute magie.

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Ingrid Koothran
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MessageSujet: Re: Carpates Diem (PV Ingrid)   01.10.18 21:32

Dire que la situation était catastrophique était au-delà de l'euphémisme.

Les approches de Pavel, d'abord, qui lui avait donné envie de briser ses phalanges une à une. Elle parvenait à tenir la posture, malgré ses révélations fracassantes. Et la sensation mordante que contrairement ce qu'avait cru Sylvan, le colonel en savait bien plus long que ce qu'il laissait croire.
La rage explosive du mage, ensuite, qu'elle aurait voulu pouvoir tempérer d'un regard, de son nom formulé en silence. Trop tard. Les doigts d'Ingrid s'étaient crispés sur le cigare alors qu'une lame menaçait Sylvan. Emporté par la colère, le mage était maintenant dans une impasse. Il n'avait plus de magie. Et elle ne pouvait rien faire.

Pavel pointait sa lame avec une arrogance trop précise. Il était rapide, le salaud.
Ingrid serra les dents et suivit des yeux les trois hommes qui quittaient la pièce. Elle regardait le dos de Sylvan s'éloigner, distinguant presque une fissure s'y craqueler. Son corps voulait s'élancer, se battre, il voulait frapper et mettre en charpie chacun de ces types à coup d'adamantium, à coups de talons, de tête, de poings... Elle ne bougea pas. Sinon c'était échec et mat, pour Sylvan, pour elle, pour eux.
Sous-estimer la réaction de Pavel au moindre geste suspect était au-delà des risques.

Putain, elle était pourtant la première à dire aux gosses de ne pas s'engager dans des batailles dont ils ne maîtrisaient ni l'art ni le terrain. Quel modèle elle faisait...

La porte se referma avec une douceur mensongère, provoquant un tiraillement au cœur qu'elle surmonta d'une bouffée de cigare. Rester calme, reprendre le pas.

« Et bien maintenant Ma Dame, nous voici seuls. J'espère que la scène ne vous a pas trop embarrassée ? Votre « mari », si c'est vraiment là le terme, semblait un peu trop impétueux, et manifestement il s'est permis de s'auréoler de mensonge... »

Il rengaina son sabre, croyant probablement voir l'air crispé d'une femme trahie par son amant trop secret.  
Pavel pouvait tout aussi bien mentir. Discréditer Sylvan et le traîner plus bas que terre. Et si ce n’était pas le cas...
La partie d'elle qui admirait le héros déchu en Sylvan, l'homme droit comme la justice qui incarnait jusque dans les pires affres du chaos ses propres valeurs, qui avait su donner sens à des combats sans fin là où elle ne s'était battu que pour le prix de la foule, cette partie-là avait un mal terrible à y croire. Et l'autre se souvenait d'un homme hanté, prompt à la colère et vulnérable face à ses fantômes, qui aurait tué un gamin, tué son frère, si elle n'avait pas été là pour le freiner.
C'était les deux facettes d'un même être, et la réalité était que rien ne pouvait être impossible.

Mais si vérité il y avait dans ce poison, ce n'était pas de la bouche de Pavel qu'elle l'accepterait.

« Vous semblez perdue, ma chère.
-Je ne m'attendais pas à de telles... Choses. »

Ne pas céder à la tentation. Pas encore.
Alors qu'il se rasseyait à se côtés, il posa son sabre sur la table. Mieux, mais encore trop près...
Elle se força à susurrer au travers d'un sourire :

« Il semblerait que j'ai misé sur la mauvaise personne... »

Bingo. L'expression du colonel s'aiguisa, et il se rapprocha d'elle d'un geste sûr. Sa jambe manqua de se retirer à son contact.

« Il n'est pas trop tard pour rattraper cette erreur, Ingrid... »

Pavel se pencha sur elle et l'embrassa, l'azur triomphant de ses yeux prêt à savourer sa victoire autant que ses appétits. Sa main remontait lentement sa cuisse d'un geste avide. Dès qu'il fermerait les yeux, céderait au plaisir de sa gloire...
Le poing d'Ingrid partit tout seul. Crac, cri étouffé, le bruit du cristal brisé alors qu'elle l'entendait percuter la table basse. La guerrière s'élança hors du canapé.

Foutus talons, ils ne feraient que la gêner. Se déchaussant rapidement, elle vit le militaire se redresser en chancelant, les yeux exorbités en voyant le sang qui coulait sur son uniforme. Moins drôle à admirer, il avait récupéré son sabre dans le processus.
Au regard fou qu'il lui jeta, Ingrid lâcha avec un sourire fauve :

« Mauvaise chute, colonel ? »

Métal contre métal, son bras para le sabre dans un crissement d'étincelles. Sacrément rapide.
Dégageant son arme, Pavel s'approchait, sa lame tendue comme une extension naturelle de son bras.

Ingrid se décala d'un pas, juste assez pour éviter le coup suivant, et celui d'après. Rapide et horriblement précis. Elle poussa un juron quand un fauteuil coupa sa retraite, et écarta vivement sa tête sur le côté pour échapper au tranchant. Une légère entaille vint assombrir son cou.

L'échange était à sens unique. Ingrid esquivait, paraît, gênée par les obstacles mobiliers qui se retrouvaient dans son champ d'action. Elle recevait coupure sur coupure, son bras, son épaule, sa taille, ses cuisses. Il y avait aussi un peu de sang qui glissait sur sa joue.
Une chaise valdingua entre les jambes du colonel, le forçant à s'écarter. Ingrid se remit immédiatement en posture, prenant le souffle dont elle avait besoin pour retrouver le dessus.

Tant qu'il avait son sabre, elle ne pouvait pas approcher, et il comptait clairement là-dessus. Ne pas la laisser approcher. Elle était peut-être une artiste martiale désavantagée, mais elle n'en restait pas moins une championne du Val d'ombre.
Il oubliait cependant un détail. Oh il était doué, très doué. Mais c'était pas le premier type armé d'une épée qu'elle affrontait. Elle avait appris deux-trois trucs, dont un bien utile.
Pour peu qu'elle arrive à le placer. A un centimètre près, elle pouvait tout aussi bien en être victime.

Faisant mine de chanceler légèrement, Ingrid créa l'ouverture dont elle avait besoin. Chaque fraction de seconde se décomposa sous ses yeux. L'élan de Pavel, son corps qui se dépliait, bras tendu pour lui porter un coup décisif, pointe droite. Maintenant.
L'adamantium s'enroula autour de la lame, bloquant son tranchant entre ses interstices, et son autre poing vint frapper de toutes ses forces le poignet du colonel. Celui-ci poussa un cri et lâcha le pommeau en reculant.

Le sabre toujours à son bras, ses doigts attrapant habilement le manche, la guerrière retourna la lame dans son bon sens et fit un moulinet nonchalant. Elle sentait le sang imbiber le tissu sous son bras, à la limite entre sa prothèse et la chair.
Toisant son adversaire estomaqué de cette botte inattendue, elle lâcha d'un rire moqueur :

« Que pasa, guapo ? Jamais entendu parler de la parade espagnole ? »


Jetant l'arme le plus loin de lui possible, elle s'avança et bloqua le coup de poing qu'il essaya de placer, retournant son bras sans pitié, le forçant à ployer devant elle.

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Sylvan Karov
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MessageSujet: Re: Carpates Diem (PV Ingrid)   01.10.18 23:42

Le mage plia ses genoux et cala son épaule dans le ventre du premier adversaire qui s’était rué sur lui la fleur au fusil. Se relevant lestement il l’éjecta à terre avant de prendre le second de plein fouet et de s’écraser contre le mur. Il envoya son coude en arrière, il toucha un menton mais reçu un crochet sous le siens. Faisant quelques pas en arrière en essayant de reprendre ses esprits il fut cueillit au creux des reins par le manche d’une hallebarde et un colosse l’envoya sur les roses avec un uppercut bien senti. Dieu que cela faisait mal. Avec quatre appuis au sol le mage dégustait, relevant la tête il essaya de trouver un moyen de se défendre mais à peine avait il paré le premier pied qu’un second le frappait au visage. Sa bouche prit un goût de sang et il se demanda même si une de ses molaires n’avait pas rendu son tablier. Retombé en position assise contre le mur il s’essuya le visage avec sa manche alors que les cinq assaillants prenaient leurs marques en riant. Sylvan cracha par terre sans aucune gêne pour le tapis, un persan, et retira sa veste non sans un peu de douleur. Il fit craquer ses vertèbres et se força à sourire. Il en était certain, une de ses molaires avait rendu l’âme. Après avoir remonté ses manches jusqu’au coude il ramassa sa veste par la manche et observa ses adversaires qui le narguaient.

Le même que tout à l’heure se rua sur lui, le mage pivota pour éviter le coup vraiment maladroit. Il passa veste autour du cou du malheureux avant de l’amener contre son dos et le faire passer au dessus de son épaule dans un hurlement bestial. A défaut d’être agile son assaillant était particulièrement lourd. Le mage eut du mal à ne pas tomber en avant alors que le corps à la nuque brisé faisait trembler le plancher. Sylvan se redressa dans un soupir. Plus que quatre. D’un pas beaucoup plus certain qu’il ne l’était vraiment il s’avança vers le quatre valets. Le premier tenta l’estoc, un pas de coté, le second un coup de taille bloqué par le bras de métal. Qu’il était bon de ne rien sentir parfois. Alors que le troisième bondissait avec le poignard en avant le pied de mithril le saisit au sternum, lui coupant la respiration. D’un geste vif le genoux se plia sur la lance en frêne qui craqua sous le membre de métal, malheureusement le pantalon se déchira à ce contact. La lame voulant taillé son cou le manqua de peu. Quatre attaque et quatre esquive, pas si mal pour un vieux. L’homme roula en avant avec l’agilité d’un chat tout en remerciant l’horloger qui avait réparer sa jambe.

Le mage se redressa dans le dos du combattant à la hallebarde et ses collègues furent des plus gêné quand la griffe de métal émergea de sa cage thoracique après avoir broyé muscle, os et organe tout en projetant du sang sur eux. Avec un regard de fureur le mage referma le poing avant de retirer le bras et laisser tomber le cadavre de son adversaire dans des gargouillis absolument immonde. D’une montée de genoux le vieux guerrier envoya à hauteur de sa dextre le manche brisé qu’il rattrapa. Plus que trois. La main gauche encore recouverte d’une partie du coeur et des poumons de son infortuné homologue il para un coup de lame avant de taillé au niveau des genoux qui craquèrent sous le frêne et le valet hurla à la mort avant que ses dents ne rencontre le mythril salvateur. Au moins ses souffrances était terminé. Avec une précision de chirurgien le mage lanca ce qu’il restait du manche dans le poitrail de l’ennemi le plus éloigné qui s’écrasa contre le mur à coté de la porte en y restant accroché. Transpercé de par en part par le bois laqué.

La chemise ensanglanté, les côtes meurtries et le visage commençant à prendre des couleurs violacé à certain endroit le mage se mit en marche vers le combattant à l’épée. Regardant le vieil homme décoiffé dans les yeux il n’y vit aucune issue convenable et se contenta de jeter l’arme à ses pieds.  Sylvan le saisit à la gorge avant qu’il ait articuler un seul mot de pitié et le plaqua contre la porte.
De l’autre coté des battants de chêne les bruits des combats avait été en partie couverts par l’affrontement en cours. A ce moment précis la guerrière tenait remarquablement en respect le colonel quand la porte trembla de l’extérieur. On entendit un coup, puis un deuxième et un troisième. Un gémissement passa à travers le bois, gémissement qui se transforma rapidement en cri puis en hurlement. Les vociférations s’apparentaient plus à celles d’un animal et finirent par s’étouffer à mesure qu’une flaque de sang noirâtre s’étalait sur le parquet du fumoir en s’infiltrant par le dessous de la porte. Alors que les mugissements se taisaient le visage du colonel se faisait pâle. Le silence se fit pendant quelques secondes, suspendant le temps, jusqu’à ce qu’un tremblement ébranla l’entrée. Après deux essais infructueux la serrure vola enfin en éclat et les gonds d’un des battants se décrochèrent laissant chuter  la porte dans un bruit sourd étouffé par le parquet gorgé du sang des vaincu.

Enjambant un corps informe et déchiqueté Sylvan fit une entrée plutôt saisissante dans le fumoir dévasté. Sa chemise déchirée par endroit était couverte de sang frais. Sa barbe taillé cachait une peu bleuté par endroit et sa queue de cheval laissait filer quelques mèches éparses. La rapière dans sa main droite était dissuasive mais pas autant que son bras gauche. La chemise avait été arraché et laissait entrevoir toute la prothèse. Sur l’acier courrait encore des filets d’hémoglobine alors que chaque pièce mobiles se battait pour se mouvoir à travers des restes encore impossible à identifier à cette distance. Profitant de ce moment de flottement le fier colonel de la garde se libéra de l’emprise d’Ingrid après avoir mordu sa cuisse jusqu'au sang et rampa sur quelques mètre à quatre avant de bondir vers son sabre alors que Sylvan venait à sa rencontre.

La dextérité du militaire ne faisait aucun doute et pour un simple spectateur le duel était particulièrement beau. L’enchainement de feinte, de parade et d’estoc était sensiblement impressionnant et l’agilité du colonel au nez de travers tranchait véritablement avec la rudesse du magicien. Ne voulant plus véritablement jouer Sylvan ferma le poing sur la lame et s’amusa à voir le visage de son « ami » se décomposer lorsqu’il aperçut des morceaux de ce qui semblait être du poumon dans les jointures. Il frappa le mage au visage sans que celui ne daigne même tourner la tête.

« Même sans magie je reste meilleur que toi, c’est pour ça qu’elle m’a aimé et pas toi Arschgesicht. »


La phrase fut immédiatement suivit d’un magistral coup au visage et la garde de la rapière acheva le travail de sape de la guerrière. Après un énième craquement le grand colonel tomba à terre, inconscient. Jetant le sabre et la rapière à terre il rejoignit la jeune femme toujours à terre, se jeta sur ses genoux et la prit dans ses bras. Alors qu’il la serrait contre lui il ne dit rien et se contenta d’enfouir son visage dans ses cheveux. Son bras droit l’enlaçait et il évitait bien de mettre en avant son bras gauche. Il se détacha après une seconde trop longue et l’embrassa comme jamais alors il ne l’avait embrassé auparavant. Au milieu des chaises et des tables renversée elle ne lui avait jamais paru aussi belle. Il détacha ses lèvres des siennes et passa son pouce sur la fine lézarde à la base de son cou alors que ses yeux se teintaient de la même lueur de meurtre qu’avec son frère. Il l’embrassa à nouveau et se leva d’un bon en l’emportant dans son élan. Portant son regard sur le corps inconscient de Pavel il se tourna vers elle et caressa sa joue ce qui paru l’apaiser.

« Ingrid...Je crois que c’est toi qui devrait lui parler. Je n’y arriverai pas. »

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Ingrid Koothran
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MessageSujet: Re: Carpates Diem (PV Ingrid)   02.10.18 15:50

Pavel était tombé à terre, inconscient. Plus rien ne bougeait au milieu du sang, de la porte en morceaux et des meubles brisés. Seule l'immense silhouette de Sylvan se mouvait comme une ombre rougie. Il s'était pris plus d'un sale coup, le visage marbré de partout, l'armature de métal enchevêtrée de pièces organiques. Un spectacle à faire peur.

Ingrid voulut se relever, mais ce fut Sylvan qui s’échoua devant elle. Elle ne savait pas ce qu’elle voyait : un condensé guerrier à l’état brut ou un homme brisé par sa propre violence ?
Ses bras se refermèrent autour du mage sans chercher la réponse. Il était vivant.
L’air était étrangement chaud, lourd de sang et de sueur, et sa peau en ressentait les moindres traces. Ses lèvres, elles, s’abandonnaient à celles de Sylvan, se laissant happer malgré le goût métallique, la moiteur d’une plaie couverte par leur désir spontané.
En cet instant il aurait pu avoir commis les pires atrocités qui soient, elle l'aurait aimé quand même.

Tiquant légèrement à l’entaille de son cou, elle fronça des sourcils en scrutant les yeux d’orage. Tout se lisait dans ce regard. La soif de sang revenait en vague forte, se dessinait dans une pupille étrécie.  

Le baiser suivant la prit au dépourvue, particulièrement se retrouver soudain sur ses pieds sans avoir eu le temps de cligner des yeux. Sans ses talons, la différence de taille semblait particulièrement frappante dans le jeu tamisé du feu. Pourtant elle ne se sentait pas si petite, et elle ne le trouvait pas si grand.
Sa tête s’inclina un peu au passage de sa main, accueillant la caresse apaisante.

« Ingrid...Je crois que c’est toi qui devrais lui parler. Je n’y arriverai pas. »

Il se contrôlait, faisait de son mieux pour. C’était mieux comme ça, oui.
La moindre provocation de Pavel risquait de faire sombrer Sylvan en berserk.
Ses doigts vinrent doucement caresser son visage, frôlant à peine les hématomes pour s'arrêter sur le contour de sa mâchoire. Du sang tâchait ça et là sa propre main.

« Je m'en occupe. »

Un sourire accompagna ses mots, après quoi elle retira sa main et jeta un regard à la marée de mort qui se répandait toujours à l'entrée. C’était un massacre, comme elle avait pu en voir dans les tréfonds des fosses d’arènes. Mais ici ce n’était l’œuvre que d’un seul homme.
La révélation oppressante de Pavel lui revint, qu’elle chassa d’un regard franc à son compagnon.

« Il faut nettoyer ça, si quelqu’un vient on est fichu. »

Interroger Pavel risquait de prendre du temps, et personne ne devait les interrompre d’ici là. Surtout s’ils voulaient repartir sans se faire remarquer.
Elle écarta une mèche du mage, échappée de sa queue de cheval en bataille, et longea doucement du doigt le tracé de son visage. Ils étaient bien loin de la féérie de la forêt ou de la splendeur de la salle de bal, deux épouvantails en tenue rapiécée. Mais où qu’elle le vit, cet homme restait le même.

Ses yeux le suivirent quand il s’éloigna vers le carnage du couloir. Elle était inquiète des blessures qu'elle ne pouvait pas voir, celles qui ne se répandaient pas en vomissures écarlates, qui ne cisaillaient pas la chair en sourires morbides.

Un coup de pied au colonel assommé lui confirma qu’il était dans un solide coltar. Ça lui laisserait le temps de se préparer. Le transportant vers un siège renversé, Ingrid serra les dents en sentant une vive douleur à son pied. Elle venait de marcher sur les morceaux de cristal brisé.
Balançant Pavel comme un sac à pomme de terre sur le dossier d’un fauteuil, elle inspecta les débris souillés de rouge, retirant d’un geste précis ceux qui s’étaient plantés dans sa chair.
Puis alors qu’elle s’apprêtait à les jeter, une idée lui vint. Ses yeux se tournèrent vers le siège qui attendait sa victime.

***

Lorsque Pavel ouvrit douloureusement les yeux, la respiration sifflante de son nez cassé s’accéléra rapidement. Il était attaché à une chaise, les lambeaux de son propre uniforme servaient de liens.
Face à lui, Ingrid était paresseusement assise sur un fauteuil, dans le brouillard disparate d’une cigarette. Une jambe ramenée sur le cuir, elle était songeusement appuyée sur l’accoudoir, soutenant sa tête d’une main. Ses cheveux avaient abandonné le chignon, cascadant simplement sur son épaule.
Et elle le regardait avec les yeux d’une faucheuse qui avait l’éternité devant elle.

« Bien dormi, Pavelino ?
-Que… »

Il s’agita, tira sur le tissu avant d’avoir un vif sursaut de douleur. Les morceaux faisaient leur effet.

« Je me suis dit que ça serait dommage que tu bouges trop, après tous les efforts que je me suis donné pour te foutre là.
-Sale pute ! »

La guerrière ricana avant de tirer lentement sur sa cigarette.

-Si tu le dis. Maintenant dis-moi, ducon, et réfléchis bien avant de rouvrir ta gueule. Tu préfères discuter avec moi, ou tu veux que j’appelle Sylvan ? Il ramasse les bouts de tes copains, là-bas. »

Les joues de Pavel perdirent toutes couleurs, et aux poings qui serraient à s’en briser les os, elle vit qu’elle avait tapé sur la bonne peur.

« … Que veux-tu ? Quel prix ?
-Voyons… Et si tu me disais tout ce que tu sais sur Dimitri ?
-Dimitri ? Ah ! Tu peux chercher longtemps, Roja ! »

Ingrid soupira et fit mine d’appeler son collègue. D’une voix qui s’en alla vers les aigus, le colonel l’arrêta.

«Attends ! Attends.»

Déglutissant difficilement, il desserra les dents à contrecœur et commença à vider son sac. Il avait eu quelques échanges épistolaires avec Dimitri, aucun vrai contact. Pas d’indice non plus sur la provenance des lettres ou sur une possible identité. Il avait accepté de jouer le rôle du banquier, prêtant les ressources contre double d’intérêt quand la mission serait réussie, et avait profité du réseau de contrebande local pour traquer la guerrière. Qui lui avait donné l’idée de s’investir là-dedans ? Dimitri.
Ça tournait en rond, mais malgré un peu de forcing, il ne semblait pas pouvoir cracher plus.
Ingrid se leva finalement avec un soupir. Putain qu’elle allait détester la suite.

La voyant s’éloigner, poser la main sur l’épaule de Sylvan et indiquer le captif du menton, celui-ci se mit à trembler et s’écria à plein poumon :

« ATTENDS ! J’AI DIT TOUT CE QUE TU VOULAIS SAVOIR !!! »


L’ignorant superbement, Ingrid murmura à l’oreille du mage :

« La suite t’appartient, mais Sylvan… »

Elle ne pouvait pas lui demander de ne pas le tuer, elle n’en avait aucun droit, ni de véritable envie et elle n’était pas une guerrière d’honneur. Bien et mal n’avaient pas de sens dans la survie. Cependant, l’idée d’exécuter un homme attaché à une chaise, fût-il Pavel Dragunov, avait un goût très amer.
Elle caressa avec douceur la joue de Sylvan en rivant son regard dans le sien.

« Rappelle-toi que tu es meilleur que lui. »

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Sylvan Karov
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MessageSujet: Re: Carpates Diem (PV Ingrid)   02.10.18 17:22

Le mage terminait de décroché le corps contre le mur et le jeta sur son épaule. Après quelques pas rendu lourd par le surplus de poids et les contusions du combat il entra dans le fumoir. A droite de la porte s’empilaient les cadavres plus ou moins entier des valets de Monsieur Dragunov. Il n’avait pas du recruter les pires et pourtant ils étaient là, allongé et sanguinolent sur le parquet. Pendant un petit instant son propre pouvoir de destruction lui fit peur mais il préféra ne pas y penser alors qu’il jetait le dernier sur le tas. Au moment ou il rejoignit ses camarades Sylvan dressa l’oreille après avoir entendu un gémissement et cela ne venait pas du colonel en train d’être cuisiner par la rousse. Tournant un peu la tête en entendant son nom il se détourna finalement concluant à une simple tentative d’intimidation. Allumant une cigarette il redressa le battant de la porte pour le placer le plus possible dans sa position d’origine et revint vers le tas de corps d’où s’échappait le gémissement.

Respirant calmement il semblait avoir perdu sa furie guerrière et poussa du bras gauche l’épaule d’un cadavre pour découvrir un visage apeuré. La mâchoire pendante, certaines dents manquant à l’appel le soldat essaya de s’enfuir mais il était complètement bloqué par les corps de ses camarades. Son profil baignait dans un agglomérat de sang et de viscères mais ses yeux étaient terrifiés par le regard gris du mage qui le fixait. Soupirant longuement il retira le mégot de ses lèvres et attrapa l’épaulette de sa main de métal. Sans douceur il tira le valet hors des immondices alors que celui-ci hurlait, ou essayait, de douleurs. Les deux genoux brisés et la bouche ouverte dans le vide il ressemblait à une piteuse marionnette oublié dans un grenier.

« T’inquiète pas fils tu survivras. »

Le laquais sembla se détendre un peu alors que le mage le mettait demi assis contre le mur. Il y avait vraiment été fort. Ce gosse devait avoir une vingtaine d’année et rien ne l’avais préparé à cette catastrophe. Il s’imaginait seulement avoir réussi à quitter la clameur des combat pour un emploi de garde paisible. Sylvan lui attrapa le menton et s’appliqua à reconnecter la maxillaire et la mandibule ce qu’un clac plutôt encourageant lui confirma. Il sourit un peu au gosse et le tapota au niveau de l’oreille. Il ne pouvait pas parler mais il arriverait à fermer la bouche. Le regardant dans les yeux il lui murmura doucement.

« Tu pourras parler d’ici une petite journée mais pour marcher ce sera plus compliqué. Désolé pour ça gamin, tu étais dans le mauvais camp, c’est tout... »


Sans plus de cérémonie le mage se redressa sur ses jambes et contempla le salon ruiné. Ingrid était en grand discussion avec Pavel et finalement elle se releva. Il regarda sa main gauche et se dégoûta lui même pendant un instant. Il tenta de lancer un sortilège mais toujours rien ne venait, quelque chose bloquait la magie ici et il ne savait pas quoi. La belle rousse le rejoignit et lui indiqua que Pavel était tout à lui. Elle lui caressa la joue, il ferma les yeux un moment et écouta ce qui lui restait à dire. Cette sensation était tout bonnement superbe. Sa main prit la sienne et il déposa un baiser sur le dos de la sienne avant de faire un quart de tour vers Pavel.

Il ne lui avait rien répondu. Durant les quelques mètres qui le séparait de ce vieux compagnon il cogitait. Ingrid avait elle raison ? Aurait elle la même vision du mage si elle savait tout son passé. Certes il avait souffert mais il avait rendu cette souffrance au centuple et d’un certain point de vue ce colonel pitoyable avait raison, ce n’était qu’un meurtrier. Il revoyait les maisons incendiée, les corps calciné sur la place. Le méritaient ils vraiment ? La mâchoire serré à s’en briser les dents le pas lourd du mage approcha du prisonnier.

« La dame n’a pas les couilles de me tuer donc elle envoie son chien fidèle ? »


Tournant autour du fauteuil Sylvan ne répondit même pas et analysa ses liens. Il se planta devant le colonel et sortit un long poignard qu’il avait glissé dans son dos après le combat. Visiblement ragaillardit le colonel balaya la pièce du regard et fixa la lame effilée. Visiblement la peur de mourir n’était plus sur sa liste de choses auxquelles s’inquiéter.

« Ah...le couteau...Oui tu as toujours aimé cela. Puisque nous sommes arrivés jusque là termine ce que tu as commencé. De toute façon tu ne sortiras pas vivant d’ici. »

Sylvan frappa doucement le plat de sa main de métal avec la lame d’acier et porta son regard vers Ingrid qui s’était penchée vers le valet assis contre le mur. Il observa la chevelure rousse qui tombait en cascade entre ses épaules. Il ne voulait pas qu’elle le voit comme un tueur mais ce gars le méritait. Un conflit silencieux naissait en lui alors que Pavel continuait son monologue aussi stérile qu’inutile. Il passa dans le dos de Pavel et coupa les liens de tissu d’un geste vif ce qui le laissa figé de surprise. Repassant de face Sylvan soupira longuement et prit la parole d’une voix terne.

« Tu n’as jamais rien compris...leb wohl Pavel. »


Le poing de chair s’écrasa contre le crâne du militaire et ce dernier s’étala de tout son long contre le parquet du fumoir. La respiration toujours sifflante mais régulière il se réveillerai dans une heure, peut être deux. Il fallait seulement espérer que cette petite aventure lui serve de leçon. Il retira les bottes du colonel et se déplaça jusqu’à une armoire dans le fond et en sorti une veste de valet. Rejoignant Ingrid dans son dos il posa les chaussures et posa la veste sur ses épaules dans un geste qui se voulait amoureux.

« Allons-y Ingrid, nous avons perdu trop de temps. »

Il ajusta le couteau dans sa ceinture et se dirigea vers le mur du fond. Frappant de toutes ses forces du poing de métal le panneau de bois bascula laissant entrevoir un passage voûté plein de toile d’araignée. Sans un mot de plus il récupéra un des pieds d’une table mutilé auquel il enroula la nappe restée à terre et l’alluma de son briquet. La brique rouge humide brilla à la lueur du feu et il s’engouffra dans le passage qui descendait en pente douce, guidant la jeune femme dans son dos.

Il marchèrent une bonne demi heure dans l’obscurité du passage jusqu’à percevoir la lumière de la lune. Sylvan laissa échapper un juron en voyant une grille mais soupira de soulagement en voyant les stalactites de rouilles qui s’y accrochait désespérément. La faisant sauter d’un coup de pied il sortit du tunnel et respira à plein poumon. Le froid de la nuit le prit de suite à la gorge il observa le souffle blanc sortir de sa bouche. Jetant un regard vers le ciel il put apercevoir l’éperon rocheux et à son sommet les tours baignés dans l’obscurité qui semblait lui jeter un regard assassin. Il jeta dans le sous-bois la torche de fortune qui s’éteignit dans les airs et récupéra la main d’Ingrid pour lui faire descendre les quelques rochers qui les séparait de la piste. Aucune alerte ne semblait avoir été donné et si tout se passait bien ils seraient rentré dans quelques jours tout au plus. L’amenant sous l’obscurité des arbres il s’accroupit contre un arbre et parla d’une voix très faible.

« Il nous suffit de suivre cette piste. J’ai une … amie qui vit à quelques dizaines de lieues d’ici. Si nous arrivons jusqu’à elle nous pourrons revenir à l’école. Si bien sûr elle est encore vivante. »

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Ingrid Koothran
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MessageSujet: Re: Carpates Diem (PV Ingrid)   02.10.18 19:51

Le regardant s'éloigner vers Pavel, Ingrid retint un soupir et s'avança vers le gamin que Sylvan avait sauvé de son propre massacre. Bien jeune pour être valet, une petite frappe payée au coup foireux.
Pas encore sorti de l'enfance et déjà au bord du gouffre.
Écrasant sa cigarette contre le mur, elle s'accroupit devant lui.

« Écoute-moi bien gamin. »

Deux yeux écarquillés de terreur lui signalèrent qu'il était tout ouïe.

« Ce qu'il s'est passé ce soir, désolée. Mais dès que tu remontes sur tes pattes, casse-toi d'ici. Les prochains qui viendront buter ton maître seront pas aussi tendres que nous. Tu veux que ça recommences ? »

Une vigoureuse négation de la tête lui répondit.

« Bonne mentalité. Crève pas pour l'argent, surtout à ton âge. »

Un hochement de tête, moins vif. La peur s'estompait un peu face à son calme. La guerrière le dévisagea un instant. Elle s'apprêtait peut-être à faire une grosse connerie. Mais maintenant les gamins, c'était son job.

« Écoutes, si t'as pas d'endroit où aller... En France, de là où je viens, y a une école qui accepte tous les paumés dans ton genre. On en fait des mages et des guerriers, pour lutter contre des salauds comme Dragunov.»

Cette fois-ci le gosse ne bougea pas la tête, clignant juste des yeux en la fixant. Difficile de deviner ce qui était en train de se goupiller dans sa tête.
Puis il blêmit soudain alors qu'une ombre gigantesque venait les recouvrir.

Levant la tête, Ingrid croisa le regard de Sylvan pendant qu'il posait sa veste sur ses épaules. A côté d'elle se posèrent deux bottes militaires à l'allure familière.

« Allons-y Ingrid, nous avons perdu trop de temps. »

Les bottes étaient trop grandes, autant marcher avec des palmes. Inspectant rapidement les diverses plaies provoquées par les cristaux brisés, elle se redressa pour aller chercher un des liens qui retenaient autrefois Pavel.
Elle eut un arrêt en voyant le corps à terre. Puis une légère respiration. Pas de sang.
Pavel était effondré comme une loque, son autrefois beau visage largement endommagé par les deux professeurs. C'en était presque agréable à regarder.

Sylvan avait renoncé à sa vengeance par la mort. Cet homme ne cessait pas de la surprendre...

Une fois son bandage de fortune enroulé, et avec un hochement de tête au gamin seul contre son mur, elle s'élança à la suite du mage.
Un vieux passage secret comme dans les livres. Décidément elle avait le droit à la totale, ce soir.
Réajustant la veste sur ses épaules, Ingrid avançait sans un mot. La nuit allait être encore longue pour partir d'ici. Le temps semblait s'être rallongé. Comme si c'était déjà loin hier que Sylvan l'avait rejointe dans le hall, qu'ils avaient franchi ensemble portes et portails. Qu'ils avaient dansé.

Le buste du mage se découpait à la lumière de la torche, en angles rudes et ombres vives.
Il n'avait pas tué Pavel. Était-ce vraiment une bonne chose, elle n'aurait pas su dire. Mais elle regarda le dos de son compagnon devant elle avec un sourire.



Lorsqu'ils quittèrent le tunnel pour rejoindre la forêt, Ingrid eut l'impression de sortir d'un autre monde. Un rêve étrange qui semblait désaccordé avec la réalité des bois sauvages.
La torche s'en fut dans les buissons une fois éteinte, et la jeune femme s'accroupit près de Sylvan. La voix du mage était étonnamment faible.

« Il nous suffit de suivre cette piste. J’ai une … amie qui vit à quelques dizaines de lieues d’ici. Si nous arrivons jusqu’à elle nous pourrons revenir à l’école. Si bien sûr elle est encore vivante. »

« Amie » semblait être un mot incertain. Et le fait qu'elle soit en vie tout autant.
Dévisageant le mage sans un mot, Ingrid hésita à lui demander. Qu'est-ce qu'il s'était passé ? Vraiment ? Son « amie », Pavel, Eda... Elle se sentait la spectatrice tardive d'une pièce dont elle avait raté les premiers actes.

Tournant la tête au son lointain de sabots sur les graviers d'une route, elle se contenta finalement d'acquiescer. Ils se redressèrent et alors qu'elle se plaçait à côté de lui, ses doigts allèrent chercher brièvement les siens, avant qu'elle ne s'avance sur la piste.

L'heure était encore à la survie.

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