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 Il faut un début à tout (PV : Ingrid Koothran)

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Sylvan Karov
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MessageSujet: Il faut un début à tout (PV : Ingrid Koothran)   15.06.15 19:53

Une vive douleur dans tout le coté gauche réveille Sylvan aux premières lueurs du jour. Même après plus de vingt ans cette blessure au bras n'a jamais vraiment cicatrisée. Se redressant dans son lit il se masse l'épaule droite et le froid du métal le réveille quelque peu. Presque d'instinct il attrape une vieille boîte de métal rouillée de laquelle il sort une cigarette, un coup d’œil à la pendule dans le coin lui indique qu'il est presque 5h30 du matin, trois heures et demi de sommeil c'est une bonne performance le mage a déjà vu pire que cela. Doucement il se lève et se prépare à sa première journée de cours. Malgré le temps de repos plus que conséquent cette nuit avait été catastrophique, avec le temps les matelas étaient devenus bien trop mous. Il s'était habitué à dormir sous l'éclat de la lune avec une touffe d'herbe ou une pierre en guise d'oreiller, ce brusque retour à la civilisation était assez dur à gérer pour lui surtout qu'il avait mis près d'un mois à venir jusqu'ici à pied, il fallait à tout prix redonner des couleurs à ce visage histoire de ne faire peur à aucun élève.

Quelques heures plus tard le nouveau professeur fraîchement nommé sortait à l'extérieur du bâtiment, un pâle soleil éclairait faiblement l'enceinte de l'académie et Karov en profita pour allumer une cigarette, il devait vraiment penser à arrêter il ne passerait pas l'année si il continuait comme cela et en bon élève de son maître il ne comptait pas sur un rituel pour rallonger son espérance de vie. Restant droit comme un piquet il regardait le cercle brulant s'élever toujours plus haut dans le ciel au fur et à mesure que les secondes s'égrenaient doucement. Détournant la tête en repensant à beaucoup de choses il tourna les talons et jeta sa cigarette avant de rentrer dans le bâtiment suivit du bruit métallique résonnant contre les murs.

D'un geste ample et mesuré il ouvrit la porte de la salle des professeurs quasiment vide en cette heure matinal, une bien belle pièce très éclairée d'ailleurs. Se dirigeant vers le tableau d'affichage il ne remarqua pas du tout la jeune femme à la peau mâte qui était assise à la table ronde et percuta la chaise sans ménagement avant de tomber lourdement sur son bras gauche dans un bruit sourd. Maladroit pour la première fois depuis longtemps il prit appui sur son genoux pour se relever et jeta un regard vers sa collègue à la chevelure de feu en s'excusant avant tout autant de maladresse.

« Désolé je ne vous avais pas vu. Les bienfaits du matin j'en ai peur. »

Il s’épousseta rapidement de sa main argenté et lui tendit celle qui était encore entière avec un sourire qui ressemblait plus à un rictus artificiel qu'autre chose, apparemment son sens de sociabilité était bien moins évolué que ses facultés magiques.

« Je suis monsieur Karov le nouveau professeur de sortilège, vous pouvez m'appeler Sylvan si vous le souhaitez ou ne pas m'appeler du tout c'est vous qui voyez.  Par hasard vous ne sauriez pas où mon prédécesseur rangeait ses affaires et autres notes cela pourrait bien m'être utile c'est la première fois que j'enseigne à des gosses. »

Comme vous pouvez le remarquer c'est avec une délicatesse et une souplesse verbale à toute épreuve que Sylvan à l'habitude de s'exprimer, mais je vous rassure il est aussi qu'un ours sortant de sa caverne après de longs mois d'hiver donc il n'y a aucune raison de paniquer.
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Ingrid Koothran
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MessageSujet: Re: Il faut un début à tout (PV : Ingrid Koothran)   15.06.15 23:05

Ingrid glandait. Elle avait décidé ça en se levant et bordel, elle était vannée.
Soyo ronflait ses pieds. Le respiration du berger allemand n'était pas loin d'un soufflet de forge. Fin bon, pour lui aussi ça avait été long.

Ils étaient arrivés la veille au soir, à presque minuit. Quand la guerrière avait capté que les cours avaient commencé au-dessus de l'équateur, hop, illico-presto dans le premier avion. Du coup le décalage horaire avait pointé son nez. Et elle s'était donc réveillé avec la tête dans le placard, comme disait son père. 

Bon maintenant ça allait mieux. Les trois cafés et la douche froide du réveil avaient agis, ses cernes s'étaient estompées et son visage était normal. Même s'il devait être possible de lire dans son regard qu'elle restait légèrement à l'ouest.

Assise sur une chaise, elle sirotait d'une main sa quatrième tasse et tenait de l'autre une cigarette. La fenêtre était ouverte pour que la fumée s'en aille se promener dehors. Ingrid réfléchissait aux heures à venir.

Elle avait loupé ses premiers jours de cours. Pour l'exemplaire, on repasserait. Et aujourd'hui, week-end. Donc le programme de la journée était assez flou.

Soyo roula sur le côté en couinant et agitant frénétiquement une patte arrière. Il devait rêver d'un koala. Il avait très peur des koalas.

La porte s'ouvrit et un homme entra. Un pas métallique. Ingrid regarda son collègue passer en se demandant quelle type de prothèse ce gars-là avait. 

Il ne la vit pas. En revanche la chaise valdingua tandis qu'il se rétamait au sol. La haute silhouette se retrouva appuyé sur son bras gauche, et Ingrid se dit que que son bras droit venait de se trouver un copain.
Tiltant qu'il n'était pas seul, le type se redressa maladroitement. 
La guerrière le trouva pas mal, si ce n'est une tête à l'air négligée et aux traits fatigués.

« Désolé je ne vous avais pas vu. Les bienfaits du matin j'en ai peur. »

La guerrière eut un petit rire. Elle ne pouvait que le comprendre.

"Y a pas de mal."

Le gars se redressa et lui tendit la main tout en se présentant.

« Je suis monsieur Karov le nouveau professeur de sortilège, vous pouvez m'appeler Sylvan si vous le souhaitez ou ne pas m'appeler du tout c'est vous qui voyez. Par hasard vous ne sauriez pas où mon prédécesseur rangeait ses affaires et autres notes cela pourrait bien m'être utile c'est la première fois que j'enseigne à des gosses."


Karov, Karov... Un allemand ? Le nom lui disait vaguement quelque chose.

"Ingrid Koothran, prof de combat à mains nues."

Elle rendit son salut à l'homme de sa main métallique. Comme elle portait un sweet, son bras n'était pas visible si ce n'était son poignet. Elle éprouva un certain amusement à plonger ses yeux dans un regard similaire au sien. Et il n'y avait pas que le regard qui était similaire. Quelle sacrée rencontre.

Pour répondre à la question de son collègue tout en continuant à l'examiner, elle déclara tranquillement :

"Pour votre question, sachant que l'école vient d'ouvrir ses portes, je doute sacrément que vous ayez un prédécesseur."
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Sylvan Karov
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MessageSujet: Re: Il faut un début à tout (PV : Ingrid Koothran)   16.06.15 0:03

Reprenant calmement ses esprits le mage pensa que ça faisait longtemps qu'il ne s'était pas retrouvé à terre, qui plus est devant une femme. Il serra tranquillement la main particulièrement froide de son interlocutrice et pivota légèrement son poignet alors qu'il lançait un regard furtif vers cette dernière. Pour les deux secondes restantes il se permit à regarder son regard couleur acier qui semblait lui renvoyer son image tel un miroir. A la vue de sa tête il semblerait qu'elle avait vécu une nuit aussi réparatrice que lui et d'un certain point de vue cela le rassurait de ne pas être le seul à avoir du mal à trouver le sommeil. Au moins le premier contact avec ceux qui allait partager son quotidien n'était pas si mauvais que cela, à dire vrai il était même plutôt bon. Alors qu'il lâchait sa main il laissa s'échapper un petit « enchanté » qui tranchait autant pas le timbre que par le son avec la voix puissante dont il avait fait preuve il y a quelques secondes à peine. S'excusant à nouveau il quitta la jeune femme qui devait avoir une vingtaine d'années bien sonnée le temps de se servir un café au bout de la pièce. Contrairement à elle son nom ne lui disait rien et il n'arrivait pas à faire de rapprochement entre son patronyme et une quelconque origine, il finit par faire un haussement d'épaule au moment ou il terminait de remplir la deuxième tasse. D'un pas beaucoup plus sûr que précédemment il rejoignit la jeune femme à la table ronde autour de laquelle elle trônait et déposa la première tasse en face d'elle avant d'aller chercher la sienne dans la continuité de son mouvement n'utilisant que sa main droite pour ce genre de manœuvre. Tirant une des chaises en face d'elle il se risqua à briser le silence.

« J'espère que ça ne vous dérange pas si je me joins à vous, j'avoue être assez dépaysé par un environnement aussi calme je m'attendais à une jeune institution en effervescence et la seule chose que j'ai découvert c'est me prendre moi même les pieds dans le tapis devant une collègue avant même de commencer. »

Sylvan pris place confortablement sur le siège, en profitant pour étirer sa jambe gauche et prenant la poignée de sa tasse toujours de la main droite. Il était apparemment habitué à ce genre de pose car sa lourde cape de cuir ne laissait rien dévoilé de son anatomie mis à part ce bras nu ou l'on voyait se dessiner un large sillon de la base du poignet jusqu'au pli du coude. Devinant le regard de la jeune femme sur celui-ci il posa sa tasse juste après sa première gorgée et plongea sa main sur les plis de son cuir pour en dénicher une boite métallique et un briquet juste avant de s'allumer une cigarette. A la suite d'une longue bouffée son regard se leva vers celui d'Ingrid et il reprit la conversation comme si de rien n'était.

«  Il n'empêche que vous avez une sacré poigne Madame Koothran, c'est un réel plaisir de constater que certaines personnes en ce monde sont encore capable de saluer les gens comme il se doit. Je n'imaginait pas que cette école puisse être aussi jeune au point d'être le premier professeur officiant dans ma matière, c'est une agréable surprise. A croire que c'est monnaie courante ici. »

Sylvan se voulait plus ou moins flatteur à dessein autant ne pas commencer à faire son air désabusé et grognon tout de suite, surtout qu'il ne doutais pas que son arrivée dans une institution aussi jeune serait remarqué assez rapidement, autant la jouer profil bas. Et pour la jouer profil bas autant lui parlé plus d'elle que de lui même c'est donc sur un ton qui se voulait le plus courtois possible qu'il continua son laïus sans ranger ses cigarettes ce qui équivalait à une invitation à se servir.

« Je crois que s'occuper de jeunes gens va bousculer un peu mes habitudes. Et vous que faisiez vous avant d’atterrir ici ? Vous étiez déjà dans l'enseignement ? Si je peux me permettre de poser ces questions évidemment. »

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"Pour un mage rien n'est impossible, la plus grande difficulté est de savoir si l'on est prêt à en payer le prix."

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Ingrid Koothran
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MessageSujet: Re: Il faut un début à tout (PV : Ingrid Koothran)   16.06.15 19:40

Après leur salut, Karov se détourna vers la cafetière. 
Ingrid suivit des yeux sa démarche lourde, son bras caché et  repensa à cet "enchanté" prononcé dans un filet de voix. Rapport avec sa prothèse ? Hum... 

Le tact, tout ça. Peur de la vexer, de rameuter des mauvais souvenirs, blabla... Rien qui la concernait, en gros. Et lui ? 

Elle avait toujours été du genre direct mais elle savait ne pas foutre ses pieds dans la fosse septique quand elle la voyait, et là, elle la voyait bien.
Il y avait de fortes chances que ce gars-là ne lui adresse pas un sourire radieux à propos des membres.
Fin bon. Pure spéculation. L'était pas détective, non plus.

On verrait bien.

Karov, ou Sylvan comme il avait dit, revint avec une tasse pleine qu'il plaça devant elle. La guerrière le remercia. Son autre tasse n'était pas entièrement finie, mais bon, refuser un café était trop barbare pour sa ligne de conduite.
Écrasant son mégot dans une coupelle reconvertie, Ingrid commença à siroter sa boisson, peinarde. Son collègue revint peu après, claquant le sol de sa jambe de fer, et s'installa face à elle.

« J'espère que ça ne vous dérange pas si je me joins à vous, j'avoue être assez dépaysé par un environnement aussi calme je m'attendais à une jeune institution en effervescence et la seule chose que j'ai découvert c'est me prendre moi même les pieds dans le tapis devant une collègue avant même de commencer. »

Ingrid eut un sourire. Elle, elle avait découvert qu'être prof nécessitait d'arriver à l'heure. Tout le monde peut se rater.
Elle répondit simplement :

"Pas de problèmes."

La jeune femme continua d'examiner son confrère. Il devait avoir la quarantaine, dans ces eaux-là. L'air fatigué par la vie. Elle le connaissait bien, cet air-là, il marquait beaucoup de visages.
Sylvan remarqua son inspection certes peu discrète . Détournant l'attention, il posa un paquet de clopes sur la table. Peut-être pensait-il que son regard errait sur ses prothèses...
Boarf. Elle n'avait rien contre l'idée de s'en griller une. 

«  Il n'empêche que vous avez une sacré poigne Madame Koothran, c'est un réel plaisir de constater que certaines personnes en ce monde sont encore capable de saluer les gens comme il se doit. Je n'imaginait pas que cette école puisse être aussi jeune au point d'être le premier professeur officiant dans ma matière, c'est une agréable surprise. A croire que c'est monnaie courante ici. »

Ouhlà. Madame Koothran. Ça sonnait bizarre.
Il marqua une courte pause avant de continuer.

« Je crois que s'occuper de jeunes gens va bousculer un peu mes habitudes. Et vous que faisiez vous avant d’atterrir ici ? Vous étiez déjà dans l'enseignement ? Si je peux me permettre de poser ces questions évidemment. »


La flamme grilla la cigarette. Ingrid rangea son briquet et tira une bouffée. 
 
"Appelez-moi Ingrid, c'est plus rapide."

Vieux tabac. Pas dégueu.

"J'étais combattante itinérante, dans les grosses lignes. Et nope, c'est aussi ma première fois en tant que prof. Les voyages, j'ai eu ma dose."

Ingrid nota alors qu'il manquait quelque chose. Ah oui.

"Hoy, Soyo !"

En trouillard émérite, le berger allemand était allé se planquer sous la table voisine. Tétanisé par le vacarme du rétamage en règle, il restait figé en se demandant si sa maîtresse lui en voudrait de lâcher sa vessie.
La guerrière secoua la tête et soupira.

"Désolée pour ça, il a peur de tout. Et vous, comment vous avez débarqué ici ?"

Ses yeux gris transpercèrent calmement leurs jumeaux. Voyons un peu à qui elle avait à faire.

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Sylvan Karov
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MessageSujet: Re: Il faut un début à tout (PV : Ingrid Koothran)   16.06.15 20:38

Elle avait l'air éreintée, si il avait pu lire dans ses pensées il aurait sans doute fait les mêmes conclusions sur elle qu'elle avait fait sur lui. A l'image de son bras les traits de son visage ne semblait pas avoir été épargné par une vie de voyage et la lassitude et sa méfiance se discernait dans son regard couleur acier, certes beau mais toujours en mouvement. Sylvan inclina lentement la tête en signe d'approbation lorsqu'elle l'invita à l'appeler par son prénom. C'est vrai que c'était beaucoup plus simple et c'est ce que font des collègues habituellement. Collègue, ce mot sonnait faux dans son esprit, il avait pratiquement toujours vécu, voyagé et combattu seul durant ces années. Le poids de sa jambe lui rappela qu'il n'aurait peut être pas du être solitaire. Mais le sujet originel s'éloigne doucement.

Il l'avait écouté religieusement prenant en compte chaque information qu'il avait pu entendre et tentant de les traiter comme il se doit. Apparemment il n'était pas le seul à être débutant dans la formation des jeunes esprits mais contrairement à lui cette jeune femme avait pour elle d'être avenante, jolie et intéressante bien avant qu'on entende le son de sa voix néanmoins les jeunes n'ont peut être pas assez d'expérience pour se fier uniquement à leur première impression. La laissant parler il essayait de deviner son cheminement et son passé même si c'était un exercice difficile. Elle avait des vêtements soignés et paraissait se sentir bien dans peau. Sa carrière de  « combattante itinérante » ne devait pas avoir été facile et il en fallait moins que ça à beaucoup pour être totalement brisé et pourtant à la fin de sa question on pouvait remarqué qu'elle avait toujours l'envie d'avancé bien que ce soit sur un chemin différent de celui qu'elle avait arpenté jusqu'à maintenant. Bien qu'il ne l'avouera jamais le regard de cette femme l'intimidait un peu, il ne pensait revoir de si tôt des yeux aussi déterminé. Sylvan secoua légèrement la tête pour lui signifier que le chien n'était pas un problème et comme par magie la porte de la salle des professeurs s'ouvrit pour laisser passer le chien.

Quittant Ingrid du regard pour observer le chien gambader l'air timide vers la sortie le mage se laissa sourire franchement cette fois et commença à se détendre. Se redressant sur son siège sa main gauche perça le cuir pour saisir la tasse et la maintenir pendant qu'il tournait ce dernier avec une cuillère. Cette main métallique qui mettait beaucoup de monde mal à l'aise n'était pas aussi élaboré que celle de son homologue. Impeccablement entretenue on pouvait discerné à sa forme et son manque de finesse que cette technologie était plus ancienne, également plus grossière. On devinait que l'habillage était fondu dans la masse ne permettant aucune amélioration postérieur et que le mécanisme interne ne pouvait du coup pas être remplacé. C'était tout de même du bel ouvrage, pour la fin du siècle dernier. La seule chose qui semblait plutôt fine était la main en elle même, les doigts métalliques étaient les parfaites répliques de ceux de la main droite. En montant le regard on pouvait voir que cette prothèse s'élevait plus haut que le coude avant de se perdre dans le vêtement. Il fit une petite grimace avant de lui répondre.

« C'est un peu similaire sauf que j'aime autant voyagé qu'auparavant même si ne serait pas très intelligent ces derniers temps »

Reprenant une longue gorgée de café il continua.

« Après l'instruction auprès de mon maître j'ai commencé à aller de par le monde pour en apprendre plus et me servir de mes aptitudes pour mettre un terme à des agissements que l'on pourrait qualifier de contre nature. L'avantage de ce genre de vie c'est qu'on ne s'ennuie pas, l'inconvénient c'est qu'on se fait pas mal d'ennemis et qu'il nous arrive de trébucher comme je l'ai fait il n'y a pas si longtemps »

Prenant le ton de l'humour il frappa de son poing intacte sur son avant-bras gauche en laissant échapper un petit rire avant de reprendre.

« J'ai découvert cette école presque par hasard, je ne suis plus vraiment en état de protéger les populations des nombreux mages pervertis qui parcourent nos routes donc à défaut de les mettre tous hors d'état de nuire autant protéger les jeunes de cette douce tentation vous ne croyez pas ? Je suppose que vous devez avoir eu les même problèmes que moi. »

Il roula des épaules pour se détendre un peu et en profita pour déguster un peu de café. Après avoir poser son coude droit sur la table et pris son menton entre son pouce et son index il ne pu s'empêcher de rajouter.

« Néanmoins je me demande bien ce qui peux motiver une jeune femme à devenir guerrier alors que d'autres choix plus facile devaient être présent. J'imagine que vous n'avez pas toujours voulu vouer votre vie aux vicissitudes des combats. Non ? »

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Ingrid Koothran
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MessageSujet: Re: Il faut un début à tout (PV : Ingrid Koothran)   17.06.15 1:13

Soyo était pris dans un dilemme digne des grandes tragédies. 
Il avait légèrement pointé le nez hors de son refuge à l'appel de sa maîtresse adorée, mais son courage n'était pas suffisant pour se mettre à découvert devant ce nouveau bipède. Cependant voilà : il avait une forte envie de pisser. 
Donc soit il restait planqué mais se ferait ensuite copieusement enguirlander pour s'être soulagé ici, soit il tentait une percée au risque d'attirer l'attention de l'humain bruyant.
Ô rage, ô désespoir, ô frayeur ennemie ! N'avait-il donc vécu que pour faire pipi ?

Ingrid vit son collègue secouer la tête en regardant Soyo.
Quelques secondes après, la porte s'ouvrit. Seule.

Ah, les mages...

D'abord figé, le berger allemand finit par trotter vers la sortie, tout en gardant un œil sur Sylvan.
Maintenant fallait prier pour ne pas avoir une flaque jaunâtre dans le couloir qui leur ferait coucou.

S'intéressant de nouveau à son collègue, elle le surprit à sourire en suivant le chien des yeux. Un sourire franc, qui le rendait plus naturel que ce qu'il avait montré jusqu'ici.
Comme ça, elle l'aimait bien.

Le mage se renfonça dans son siège et touilla son café. Il semblait plus détendu. La forme de son bras et ses doigts mécaniques étaient visibles. Un modèle plus vieux que le sien. Bon, fallait dire aussi que le travail d'Udriq était unique en son genre, donc ce n'était pas super facile de juger.

Après ce petit interlude, Sylvan répondit à sa question. Bien que toujours nonchalante et tranquille, Ingrid se fit attentive.

« C'est un peu similaire sauf que j'aime autant voyagé qu'auparavant même si ne serait pas très intelligent ces derniers temps. Après l'instruction auprès de mon maître j'ai commencé à aller de par le monde pour en apprendre plus et me servir de mes aptitudes pour mettre un terme à des agissements que l'on pourrait qualifier de contre nature. L'avantage de ce genre de vie c'est qu'on ne s'ennuie pas, l'inconvénient c'est qu'on se fait pas mal d'ennemis et qu'il nous arrive de trébucher comme je l'ai fait il n'y a pas si longtemps »

Riant en mettant en valeur son bras gauche, il semblait se décomplexer un peu. 
Un baroudeur justicier, hein. 

« J'ai découvert cette école presque par hasard, je ne suis plus vraiment en état de protéger les populations des nombreux mages pervertis qui parcourent nos routes donc à défaut de les mettre tous hors d'état de nuire autant protéger les jeunes de cette douce tentation vous ne croyez pas ? Je suppose que vous devez avoir eu les même problèmes que moi. »


Oui et non. L'objectif était le même, les raisons pas vraiment.
Il s'arrêta, semblant avoir tout dit. Comme tout le monde il gardait ses secrets, mais la jeune femme estima avoir déjà obtenu une bonne partie des choses à savoir. Ce gars avait déjà bien morflé dans sa vie sans qu'elle joue les fouineuses.
Le mage se pencha sur la table et la fixa. Retournement d'interrogatoire.



« Néanmoins je me demande bien ce qui peux motiver une jeune femme à devenir guerrier alors que d'autres choix plus facile devaient être présent. J'imagine que vous n'avez pas toujours voulu vouer votre vie aux vicissitudes des combats. Non ? »



Les yeux d'Ingrid s'arrondirent légèrement. Elle avait l'habitude qu'on lui demande, mais c'était rare que quelqu'un ait vraiment l'air de s'intéresser à la question. Pas juste pour la forme.
Mais son auditeur serait sans doute déçu.


"Et bien... J'ai essayé les études mais j'ai vite compris que ça n'allait pas le faire. Alors j'ai arrêté, et à ce moment-là je me suis rendu compte que je ne savais pas quoi faire de ma vie. Pas de rêves, rien. J'ai toujours avancé au gré du vent, comme on dit."


Elle tira une légère bouffée de cigarette et expira la fumée, la tête relevée vers le plafond.


"J'ai pas aimé réaliser ça. Alors après avoir cogité, j'ai décidé que j'allais partir en vadrouille à travers le monde jusqu'à trouver mon rêve. Je savais déjà bien me servir de mes poings à l'époque, je ne m'inquiétais pas trop pour la route. La jeunesse quoi."


Nouvelle bouffée.


"Donc j'ai voyagé. C'est en cours de route que je me suis rendu compte que je savais plus que me battre, du coup j'ai décidé d'en faire mon boulot en attendant. En gagnant des tournois, conneries du genre. Et treize ans plus tard, me voici."


Elle eut un sourire en écrasant son mégot dans le cendrier.


"Rien de bien épique, en somme."

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Sylvan Karov
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MessageSujet: Re: Il faut un début à tout (PV : Ingrid Koothran)   17.06.15 15:55

Le chien semblait être pris dans un dilemme cornélien et avait mit quelques instants avant de se décider à bouger de sa place originale se risquant à subir les foudres de sa maîtresse mais cette dernière avait l'air quelque peu occupée pour le moment. Après la fatigue c'est la surprise qui a pu se lire dans ses yeux. Etait ce à cause de la question ou de la manière dont elle était posée ? Ses premiers mots étaient extrêmement réfléchis mais elle se reprit très vite et à l'image des guerriers cela passait par un geste habituel, presque dogmatique. Pour elle il s'agissait de tirer sur sa cigarette et plus celle-ci se consumait plus son propos se faisait cohérent. Le plus naturellement du monde elle termina son récit en écrasant son mégot dans le cendrier et en concluant que son existence n'avait rien de très palpitant, Sylvan était persuadé du contraire. Voyez-vous les gens ne montrent que ce qu'ils ont envie que les autres voient et c'était certain que cette femme avait plus à raconter que seulement des récits évasifs s'étalant sur une quinzaine d'années. Il termina son café en l'écoutant et au moment ou elle jetait sa cigarette il en profita pour en allumer une seconde.

Il aimait particulièrement la sensation provoqué par la fumée qui brûlait légèrement ses voies respiratoire, bizarrement elle était réconfortante, elle lui prouvait qu'il restait une partie humaine en lui malgré ses cicatrices et ses membres de métal. Il haussa les épaules à la dernière réflexion de la jeune femme et déposa les premières cendres dans la coupelle reconvertie.

« Vous savez ce que vous qualifiez comme « rien de bien épique » font rêver des centaines d'enfant quand ils s'endorment le soir. Une vie sans attache, sans crainte de l'avenir, où ils pourraient faire ce qui leur passe par la tête. C'est ce genre de rêve qui les pousse à venir loin de chez eux dans une école comme celle-ci. »

Un autre sourire étira son visage avant qu'il ne goûte à nouveau aux bienfaits du tabac. A l'instar de la fumée grisâtre qui s'échappait de ce tube de feuilles séchées et de papier ses pensées tourbillonnaient dans son esprit. Comme beaucoup il avait péché par excès d'orgueil, cette femme n'avait jamais vraiment cherché cette vie de combat elle s'était présenté à elle naturellement. Lui n'avait cessé de la désirer que ce soit à l'école de guerre ou auprès de son maître, au final il avait seulement récolté ce qu'il avait semé. Bien qu'il regardait toujours Ingrid dans les yeux les siens se couvraient d'un voile de nostalgie et de doute. Pouvait il réellement se plaindre de son état actuel après des années à avoir jouer avec le feu. C'est sur un ton beaucoup plus intimiste qu'il continua la conversation.

« Je suis sûr que ces treize ans ne vous ont pas été inutile au final et contrairement à d'autres elles semblent vous avoir été plutôt bénéfiques au premier abord. »

Sylvan tira le plus calmement du monde sur sa cigarette alors qu'il prenait une attitude plus digne sur sa chaise, preuve qu'il allait commencer à parler avec un peu plus de sérieux. Il expulsa la fumée qu'il restait dans ses poumons par ses narines à l'image d'un dragon se préparant à l'attaque avant de faire résonner de nouveau sa voix contre les murs.

« Quand on y pense vous avez eu pas mal de chance apparemment vous n'avez pas été tenue en échec ou si peu. Après treize ans passé sur les routes l'addition aurait plus être plus salé qu'une lassitude certaine. Je ne sais pas vous auriez pu finir avec une jambe en moins. »

Le tout dit avec le sourire la note d'humour était plus que certaine surtout que les yeux du mages pétillaient de franchise. Pour écarter l'esprit d'Ingrid d'un de ces souvenirs dérangeant qui peuvent à eux seuls détruire un bon moment.

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Ingrid Koothran
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MessageSujet: Re: Il faut un début à tout (PV : Ingrid Koothran)   22.06.15 17:05

Le goût âcre lui gratta doucement la gorge. Ingrid prit une gorgée de café.
Ca faisait un bail qu’elle n’avait pas fumé du vieux tabac . Ca remontait à quand la dernière fois ? Delhi, Bombay, au moins sept-huit ans, non ?
Ouais, à peu près dans ces eaux-là. En tout cas elle aimait bien mais son truc c’était plutôt le tabac elfique.

Sylvan, lui, avait dégusté  sa cigarette avec un plaisir manifeste tout du long de son court récit. Il en grilla d’ailleurs une nouvelle avant d’hausser les épaules.

« Vous savez ce que vous qualifiez comme « rien de bien épique » font rêver des centaines d'enfant quand ils s'endorment le soir. Une vie sans attache, sans crainte de l'avenir, où ils pourraient faire ce qui leur passe par la tête. C'est ce genre de rêve qui les pousse à venir loin de chez eux dans une école comme celle-ci. »


Ingrid eut un petit rire.
La seule chose d’épique dans tout ça, c’étaient les rêves de ces gamins-là. La réalité telle qu’elle l’avait vécue ne l’était pas. Pas horrible, pas du tout, pas désagréable, pas ennuyeuse. Juste une vie au jour le jour sans jamais savoir si on a accompli quoi que se soit.
Non, rien d’épique à ses yeux.


Pourtant la guerrière avait cru percevoir quelque chose chez Sylvan, pas de l’envie, non, autre chose. Nostalgie ? Peut-être. Ou bien du regret. Ca ressemblait un peu à du regret.
Lui aussi avait eu son lot d’aventures, ça c’était clair. Il ne devait pas avoir ses prothèses pour rien.
Fin ça, ça restait au stade de l’hypothèse.


Son bras à elle, quand les gens savaient le pourquoi du comment, ils n’en revenaient pas. Comment une guerrière peut-elle perdre son bras autrement que dans un combat ? Surprise !

Lorsque le mage reprit, Ingrid le trouva plus « concerné ». Une vie de vagabondage, de découverte et de combats, il connaissait. Alors ça résonnait sans doute comme un écho de sa propre expérience.
Qui sait.

« Je suis sûr que ces treize ans ne vous ont pas été inutile au final et contrairement à d'autres elles semblent vous avoir été plutôt bénéfiques au premier abord. »

Il tira une bouffée avant de continuer :

« Quand on y pense vous avez eu pas mal de chance apparemment vous n'avez pas été tenue en échec ou si peu. Après treize ans passé sur les routes l'addition aurait plus être plus salé qu'une lassitude certaine. Je ne sais pas vous auriez pu finir avec une jambe en moins. »

Il avait parlé avec humour et franchise, bien que le fond resta le même.
Ingrid sirota son café un instant, un sourire naissant aux lèvres. On aurait dit un vieux sage à la voix caverneuse, sauf que le sage en question devait avoir l’âge de son frère Mijaël.

Sylvan n’avait pas tort, loin de là. Mais tout ça, elle le savait déjà.
Elle se demanda brièvement si elle avait l’air de se plaindre de sa vie. Pas spécialement, ‘fin pas de son point de vue.
Bon ensuite elle ne se faisait pas d’illusions. Entre ce qu’on voit et ce que les autre voient, y avait toujours de la marge.

Mais ça l’amusait un peu. Pas tous les jours qu’elle avait une discussion comme ça.
Le sourire toujours aux lèvres, elle répondit :


« Ou la vie en moins. Vous inquiétez pas, je me sais chanceuse.»

Elle s’étira un peu, le dos cambré et les bras au-dessus de la tête. Faudrait pas qu’elle oublie de s’entraîner tout à l’heure.
Ceci étant fait, elle se réinstalla confortablement sur la chaise et reprit :

« Je ne regrette pas ces treize années. J’ai vu pas mal de choses, des belles, des tristes, des bizarres, j’ai connu des beaux moments et des sacrés coups durs. Comme tout le monde. »

Ses cils ombraient légèrement ses yeux. Ça aurait pu être de la nostalgie dans son regard mais il y avait quelque chose de plus doux, de plus paisible. Une tranquille résolution.
Ingrid inclina la tête vers la fenêtre, et ses cheveux glissèrent souplement sur ses épaules. Elle avait oublié de les attacher.

«Seulement un jour j’ai réalisé que j’avais vu assez de choses absurdes et que je m’étais suffisamment battu pour rien.»

Et qu’elle n’avait pas trouvé son rêve.
Ses yeux gris rencontrèrent de nouveau ceux de son collègue. Son sourire s’était adouci. Un éclat de malice dans le regard, elle conclut :

« Du coup j’essaie autre chose, quelque chose que j’espère plus utile. Je pense que vous comprenez de quoi je parle. »

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Sylvan Karov
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MessageSujet: Re: Il faut un début à tout (PV : Ingrid Koothran)   25.06.15 1:19

De l'envie, de la résolution, de la nostalgie, de la malice, des regrets. Tant de sentiments qui ne peuvent s'accorder entre eux. Tant de sentiments que le mage ne comprenait plus et ne voulait plus comprendre et encore moins ressentir même si les regrets faisait partie intégrante de ses nuits presque blanche. Forcer le sommeil avec une demi-bouteille d'alcool elfique n'était pas forcément la vie la plus saine ou la plus épique dont on pouvait rêver. Toutes ces paroles sonnaient creux, elles ne vivaient pas, ne signifiaient plus rien pour Sylvan. Bien sûr il l'a trouvait gentille et particulièrement réfléchis. Il était rare qu'un individu réalise qu'il a commis une erreur en partant à la poursuite d'une chimère mais les chimères sont faites pour être poursuivi et c'est comme cela depuis la nuit des temps. Il reprit une cigarette et l'alluma lorsqu'elle terminait son propos, et quel propos.

« En effet je peux comprendre ce que vous avancez »


A la regarder elle avait vécu de belles années à tracer sa route et en récoltant tous les avantages de cette vie sans jamais goutter à tous les inconvénient qu'elle pouvait générer ou si peu. La solitude, l'éloignement, le cycle journalier de cette vie était dompter en cette jeune femme aux cheveux flamboyant. Elle n'était pas maquiller, elle n'était pas habiller en fonction d'un contrat social mais de manière fonctionnelle, sans souffrir du regard des autres. Cette manière de tenir sa cigarette, cette chevelure de feu tombant sur son épaule, cette pose de confiance les deux bras derrière sa tête comme pour signifier au monde qu'elle ne risquait rien, ni ici, ni nul part malgré la présence d'un illustre inconnu.

A son opposé le mage donnait l'air d'un vieux lion blessé, sa crinière de cheveux bruns effleurant ses épaules drapés de cuir, sa barbe mal taillée, sa posture conservant quoi qu'il arrive deux appuis aussi ferme qu'efficace, ses yeux voulant analyser tout ce qu'il se passait jusqu'à ce mouvement de tête lorsqu'un bruit n'ayant rien à faire là venait perturber le silence entre les paroles de son interlocutrice, il n'était qu'un amalgame d'attente, de négligence et de méfiance. Il était toujours méfiant d'un acte qui ne tournerai pas rond, il était dans l'expectative d'une situation pouvant instantanément tourner au vinaigre. Essayant de discerner sa compagne du jour à travers la fumée grisâtre il lui donna une voix lassée, usée, abîmée.

« On ne se bat jamais pour rien Mademoiselle. On se bat seulement pour les mauvaises choses et l'inconvénient avec ce genre de prise de conscience c'est qu'elles arrivent toujours trop tard, quand vous ne pouvez plus revenir en arrière et que la seule chose à faire d'intelligent est de se relever pour reprendre les armes. Si vous pensez que vos combats ont été inutile pour vous c'est qu'ils ont été utile pour quelqu'un d'autre et en sois ce n'est pas si mal non ? »

Il sauta à nouveau dans le regard de la jeune femme, il avait l'air fatigué, vidé de toute substance mais serein malgré tout, comme si elle était à sa place dans un monde qui ne savait plus ou se situer. Il pouvait voir ses propres yeux dans les prunelles grises de son camarade du matin. Le Regard d'Ingrid lui évoquait une plaine couverte de neige prête à fondre pour accueillir à nouveau le printemps, retrouver une vie depuis longtemps perdue à cause de multiple voyages. Ceux qui les regardaient ne laissait voir qu'un ramassis de nuages grondant implorant de déverser leur pluie sur le monde qui les regardait, fatigués et usés il continuait leur chemins pour ne laisser derrière eux qu'un paysage stérile, seul résultat du déchaînement de leur colère et de leur rage. Malgré leur apparent points communs ils n'avaient rien en commun. Les seconds n'avaient plus aucun avenir radieux à attendre ou de rêves auxquels s'attacher. Détournant le regard pour la première fois depuis le début de la conversation Sylvan regarda par la fenêtre les nuages s'éloigner comme la cavalerie s'éloigne après la bataille avant de reprendre.

« Vous n'avez pas perdu votre bras au combat n'est ce pas ? »

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Ingrid Koothran
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MessageSujet: Re: Il faut un début à tout (PV : Ingrid Koothran)   26.06.15 1:59

Ingrid regarda la fumée grise s’élever devant le visage de son collègue. Il venait de se griller une nouvelle clope.

« En effet je peux comprendre ce que vous avancez »

Il comprenait, oui. Mais la guerrière pouvait sentir dans sa voix quelque chose qui ressemblait à du pessimisme blasé. Un morne désenchantement.
La vie lui avait coûté cher, pas besoin d’être une flèche pour le deviner. Ingrid se demanda si le monde qu’il voyait était du même gris que ses yeux. Un vague éclat dans un ciel las, une tombe au milieu d’un désert de cendres. C’est ce qu’elle voyait dans ces yeux-là.
Elle se gourait peut-être. Après tout, elle était pas psy.

Mais  ce visage tiré, cet air morose de chevalier déchu, Ingrid le connaissait bien. Elle avait dû avoir le même, parfois.
C’était souvent la marque d’une vieille solitude, d’un sentiment d’abandon face au reste du monde.
Comme si on était un chien blessé sans autre choix que de montrer les crocs sans distinction.

Elle repensa brièvement à Singapour et au sang rampant sur son bras de métal, se noyant entre chaque interstice, chaque jointure.
C’était la première fois qu’elle avait compris la sombre idiotie des combats.

Souvenirs, souvenirs…

Toujours calme, peut-être songeuse, elle sortit de son paquet de son propre paquet une cigarette. Non, rien de mieux que du tabac elfique.

« On ne se bat jamais pour rien Mademoiselle. On se bat seulement pour les mauvaises choses et l'inconvénient avec ce genre de prise de conscience c'est qu'elles arrivent toujours trop tard, quand vous ne pouvez plus revenir en arrière et que la seule chose à faire d'intelligent est de se relever pour reprendre les armes. Si vous pensez que vos combats ont été inutile pour vous c'est qu'ils ont été utile pour quelqu'un d'autre et en sois ce n'est pas si mal non ? »

Sylvan scruta son regard. Elle se soumit paisiblement à son analyse. Que voyait-il là-dedans ?
Elle savait qu’il la jaugeait. Plus âgé, expérience de vie égale ou plus, perte de membres… Pour lui, la vraie douleur passait par le corps. A ses yeux, elle avait dû être épargnée.
La blague.


Ingrid s’était battue pour rien. Sans but, sans objectif, elle s’était taillé son trône au sein des tournois clandestins, elle avait remporté certains championnats officiels, elle s’était battu parce qu’on voulait se battre avec elle. Mais elle, pourquoi s’était-elle battue ?
Pour rien.

Mais voilà, elle était toujours là. Toujours debout, à respirer et à avancer. Pas le cas de tout le monde. 
Il y avait toujours qu’elle trouvait beau, même dans les pires abîmes de son esprit.
 Alors quitte à faire, autant changer la donne. Elle avait décidé de tailler sa route et de faire quelque chose, quelque chose de vrai. Et si le destin n’était pas d’accord, il se prendrait un pain dans la gueule.


Et puis qui sait si elle trouverait son rêve. 


Que voyait-il là-dedans ? Ingrid se posa de nouveau la question lorsqu’il détourna les yeux. Plutôt surprenant. La tête tourné vers la fenêtre, il  ressemblait aux héros de tragédie, aux survivants qui une fois l’histoire terminée portent encore son poids sur les épaules. La scène avait quelque chose de beau.

En tout cas, sa théorie quant à la vision que Sylvan avait d’elle semblait se concrétiser puisqu’il demanda :

« Vous n'avez pas perdu votre bras au combat n'est ce pas ? »

Ingrid rit avec franchise. Elle l’attendait, celle-là. Tirant une bouffée en souriant, elle répondit :

« Eh, perspicace. Je l’ai perdu quand j’étais môme . Un orage, un arbre et une gamine qui n’aurait pas dû se trouver dehors. Et voilà. »

Ingrid laissa ses yeux errer de nouveau vers la fenêtre, passant une main distraite dans ses cheveux. Ca remontait à loin, maintenant.

« Le moins que je puisse dire, c’est que ça m’a donné la plus grande leçon de ma vie.»

Elle aurait pu lui demander pour ses prothèses mais non. Quitte à choisir, elle préférait revoir le sourire franc de tout à l’heure. S’il se sentait l’envie d’en parler, elle écouterait attentivement. Sinon, tant pis. Elle n’aimait pas s’immiscer dans la vie des autres.


Les tasses étaient vides. La jeune femme se leva, s’étira de nouveau avec souplesse et s’adressa au mage:

« Je vais me refaire un café, ça vous dit ? »

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Sylvan Karov
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MessageSujet: Re: Il faut un début à tout (PV : Ingrid Koothran)   31.08.15 1:37


Bien qu'elle ait plus souvent connue la bière bon marché et les hommes un peu trop collant pour être tout à fait sincères elle n'en était pas moins d'un raffinement certains et d'une éducation sans faille. La preuve en était qu'elle s'était retenue de demander quoi que ce soit concernant les membres en métal du professeur. Curieusement elle semblait le comprendre, être forger du même métal, avoir été frappé sur la même enclume. A sa question elle n'eut comme réponse qu'un ample signe de tête et un large sourire qui voulait tout dire et qui ne signifiait pas grand chose en même temps. Si il était décontracté il semblait toujours dans la crainte que cela dégénère et c'était un peu dommage. Quel gâchis qu'une âme ayant aidé tant de personnes dans ce monde ne donne plus aucun crédit à toutes celles qu'elle croise. Le tableau semble un peu noir dit comme cela mais cela se voyait, il trouvait le moment intéressant et d'une certaine manière reposant mais il ne l'appréciait pas, il n'en profitait pas pour laisser son esprit vagabondé dans les méandres d'une imagination qui aurait du être aussi tortueuse qu'un torrent. Le sien était aussi droit qu'une épée, aussi effilé que sa lame et aussi dur que son acier. Un beau gâchis en vérité.

Il suivit la jeune femme du regard chassant tout mauvais esprit de ses pensée en observant ses mouvements, se forçant à être hermétique à tout sentiment d'amitié ou de confiance. Il essayait de rester aussi froid que possible mais avec cette chevelure rousse et ce regard plein d'empathie et de compréhension c'était impossible et inconsciemment il se détendait en profondeur. C'était une sensation complètement inédite depuis de nombreuses année. Quand elle posa sa tasse de café fumant devant lui il fit l'effort d'un geste de recul comme pour la remercier d'une telle attention mais il attendit patiemment qu'elle reprenne confortablement place sur son siège avant d'ouvrir la bouche. Ses manières d'ours disparaissait peu à peu comme si sa nature devenue sauvage était peu à peu dompter par la fierté et l'assurance de la jeune femme aux cheveux de feu et au regard d'acier. Sa voix devenait plus souple, ses gestes plus hiérarchisé, les traits de son visage eux même se paraîent d'une douceur étrangère qui effaçaient ses rides trop creusées pour un homme d'une quarantaine d'année. Comme pour signifier au monde la baisse totale de sa garde il s'excusa brièvement et détacha la fibule de sa cape pour la retirer d'un mouvement d'épaule.

Vêtu d'un simple maillot de corps noir dépourvu de manche il n'était pas très présentable, c'était le moins qu'on puisse dire. Dans cette tenue la jeune femme pouvait observer son bras gauche à loisir et il n'y avait pas que le bras, la prothèse s'étendait jusqu'à l'épaule et l'on pouvait voir le cylinde de métal qui remplaçait sa clavicule se dessiner sous la peau de la base de son cou, par ailleurs la moitié de son pectoral était en métal et la jonction entre la chair et la partie synthétique semblait être la seule chose qui avait été soigné. Le reste n'était qu'un travail grossier fixé avec des rivet épais et peu esthétique qui était rustique et destiné à duré. Le revêtement lui même était d'un acier de piètre qualité pensé avant tout pour ses vertus de résistances aux coups et aux éléments extérieur. Le magicien posa ses deux coudes sur la table et prit à son tour la parole.

« J'ai perdu ma jambe et mon bras de manière différente. La première à cause d'un adversaire beaucoup plus fort et dangereux que moi qui a réussit à percer mes défenses. Pour le second j'ai pêché par orgueil, j'étais jeune et beau, je vous supplies de croire que c'est vrai, et il ne m'a fallut que trente seconde pour le perdre d'un coup net. Depuis je regrette de ne pas avoir choisis la voie de la comtemplation mais je me dis que je ne serai pas ce que je suis sans ces coups dur. En somme c'est à peu près la même histoire que vous, deux membres pour deux leçons de vie différentes mais complémentaires. »

Il posa son avant bras droit sur la table en s'adossant dans sa fauteuil, malgré ses muscles bien dessiné on remarquait que les longues traces nacrées n'étaient pas dûe à un défaut de pigmentation et il n'était pas difficile à deviner que tout le corps de ce mage était meurtrie et fatigué d'une telle vie.

« Vous voyez j'ai beau être cassé de partout, subir des douleurs de temps à autre et avoir perdu beaucoup de charme auprès des femmes j'ai du mal à regretter cette vie même si je m'en plain souvent. En y réfléchissant je ne suis même pas sûr d'être capable de faire autre chose de ma vie. Et j'ai beau avoir occis de nombreux mages noirs me retrouver devant des gosses me fou une peur bleue. Pas vous ? »

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Ingrid Koothran
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MessageSujet: Re: Il faut un début à tout (PV : Ingrid Koothran)   02.09.15 3:31

Les tasses se remplirent du sombre nectar énergisant. Dernier café et stop pour aujourd’hui, tenta de se jurer Ingrid à elle-même. Hum…
« Aujourd’hui » risquait de se limiter à la matinée.

La guerrière revint vers son collègue, un café fumant dans chaque main.  Sylvan semblait plus détendu, pour ce que détendu pouvait dire chez un gars comme lui. A trop connaître le danger, il collait à la peau, se tapissant dans chaque ombre, chaque regard.
Il y avait dans les yeux du mage un éclat désabusé, comme un revers de médaille.

Ingrid ne le connaissait pas suffisamment pour savoir quel foutoir il avait pu vivre, mais la finalité de toutes ces épreuves se ressentait sur son collègue.
Pourtant il avait sourit. Et Ingrid appréciait cet homme qui  faisait encore l’effort de sourire malgré le poids des obstacles affrontés.

Elle posa les tasses sur la table et s’assit confortablement, un genou replié sur la chaise. Quelle heure ? Sa montre prolongeait son séjour en Australie, et Ingrid n’avait jamais eu un sablier dans la tête.

La jeune femme fut contente de voir que son collègue s’était clairement relaxé. Qu’est-ce qu’il l’avait détendu comme ça ? Le café ? En tout cas, elle ne s’en plaignit pas.

Il retira sa cape, comme s’il se sentait enfin à l’aise. Son visage paraissait adouci et ses gestes plus tranquilles. Sous la lassitude ressortait une certaine noblesse.
Nuances subtiles, mais Ingrid les observa avec une attention discrète.

Il y avait beaucoup à voir sur un seul corps, c’était une évidence pour tous les guerriers. Mais fallait avouer que celui-là se démarquait plutôt bien.
La guerrière apprécia tranquillement la silhouette musclée de Sylvan, n’ayant aucune honte à se rincer un peu l’œil, avant de focaliser son attention sur le bras métallique, qui ne manqua pas de l’intriguer.

Ingrid savait la différence entre son bras et celui du mage. En plus de l’adamantium, elle avait eu toute l’enfance pour qu’Udriq améliore et renforce son œuvre. Sylvan, lui, était sans doute reparti au combat dès qu’il s’était senti opérationnel.
Le travail était rustique, presque grossier.  Purement fonctionnel. Elle fut assez surprise de voir jusqu’où semblait s’étendre le métal sur la poitrine du mage.
Un bras de survie, se dit-elle.


« J'ai perdu ma jambe et mon bras de manière différente. La première à cause d'un adversaire beaucoup plus fort et dangereux que moi qui a réussit à percer mes défenses. Pour le second j'ai pêché par orgueil, j'étais jeune et beau, je vous supplies de croire que c'est vrai, et il ne m'a fallut que trente seconde pour le perdre d'un coup net. Depuis je regrette de ne pas avoir choisis la voie de la comtemplation mais je me dis que je ne serai pas ce que je suis sans ces coups dur. En somme c'est à peu près la même histoire que vous, deux membres pour deux leçons de vie différentes mais complémentaires. »

Ingrid garda l’oreille attentive. Son dos la démangea brièvement lorsqu’elle jeta un coup d’œil sur les pâles cicatrices qui cisaillaient le bras de l’homme.


« Vous voyez j'ai beau être cassé de partout, subir des douleurs de temps à autre et avoir perdu beaucoup de charme auprès des femmes j'ai du mal à regretter cette vie même si je m'en plain souvent. En y réfléchissant je ne suis même pas sûr d'être capable de faire autre chose de ma vie. Et j'ai beau avoir occis de nombreux mages noirs me retrouver devant des gosses me fou une peur bleue. Pas vous ? 
-Ouaip.»

Elle prit le temps de s’allumer une autre cigarette. Fallait en racheter.

« Je ne dirais pas que j’ai peur, mais j’ai pas la moindre idée si je suis apte à enseigner. Jusqu’ici je n’ai jamais eu à me préoccuper de ce qu’on attendait de moi… »

Elle regarda un instant par la fenêtre, songeuse, avant de  se retourner vers Sylvan en souriant.


« Mais je sais au moins que je suis douée dans ce que je fais. Alors je vais faire de mon mieux pour m’en servir à mon avantage. »

Une cloche résonna. Merde, que le temps passe vite. Ingrid se leva.

« J’ai rendez-vous avec le directeur à propos de ma prise de fonction, désolée.  Vous savez Sylvan… »

L’acier de  ses yeux avait pris une teinte plus douce, comme son sourire.


« Je suis pas spécialement douée pour les encouragements mais…  Vous avez vécu beaucoup de choses. Même une inconnue comme moi peut dire que votre expérience de la vie est extraordinaire, et vous-même n’êtes pas en reste, je pense. Vous avez tellement à partager, m’est avis que c ‘est pas quelques gamins qui vont vous arrêter. Sur ce… »

Cigarette au bec, Ingrid traversa la salle. Elle avait presque franchi le seuil de la porte lorsqu’elle se retourna avec un clin d’œil malicieux.



« Oh, et ne sous-estimez pas votre charme auprès des femmes. »

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Sylvan Karov
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MessageSujet: Re: Il faut un début à tout (PV : Ingrid Koothran)   02.09.15 18:57


C'est ce genre de moment simple et tranquille qui manquait dans la vie de Karov, il ne s'était jamais réellement posé, il n'avait jamais vraiment réfléchis à ce que pourrait être une vie sans bataille, sans vagabondage, sans douleurs. Sans attaches il n'avait jamais voulu éclaircir certain point obscur de sa vie comme le manque d'amis proches qui connaitraient tout de sa vie et de ses tourments. En regardant la crinière de feu qu'il avait en face de lui toute la conclusion malheureuse d'une vie de soldat lui revenait en pleine face. Cette jeune femme était la preuve vivante qu'il avait pris le mauvais chemin, un chemin qui avait réduit le seul hérité d'une lignée de marchand à renier son héritage et faire disparaître son sang à jamais. Avec le recul il avait fait le choix le plus idiot qui lui était de prendre mais sans lui combien de village brûlé, d'enfants tué et d'âmes perdues ? Il avait payé son tribut au monde avec le plus grand des sacrifices, sa vie.  Cette guerrière lui redonnait un certain goût dans des choses aussi simple qu'un café pris avant de se remettre au travail.

Le fait qu'elle ait les mêmes doutes que lui le rassura légèrement mais ce sont surtout les mots qui suivirent qui lui redonna confiance. Elle avait en somme tout raison, pourquoi arriverait t'il à mettre hors d'état de nuire des mages bien plus puissant que la moyenne et ne pas tenir une classe d'adolescent c'était illogique et l'idiotie de sa propre idée se manifesta d'elle même. Au beau milieu de ces bonnes paroles la cloche se mit à sonner ce qui mettait fin à tout autre débat. Sans aucun mot il la regarda se lever pour se diriger vers la porte d'entrée. Tout ce qu'il pu faire était de la saluer d'un ample signe de tête mais il fut incapable d'articuler un mot et c'est avec une pointe de deception dans ses yeux gris qu'il regarda longuement son dos se tordre au rythme de ses pas jusqu'à ce qu'elle se retourne et lui lâche une dernière estocade avant de disparaître définitivement.

Bien heureusement elle avait quitté les lieux avant de pouvoir apercevoir la rougeur délicate et presque imperceptible qui était apparu sur les pommettes du mage. Quelle faiblesse d'âme, lui qui c'était refusé à tout attache se prenait à rêver d'une petite maison avec assez de terre pour subvenir à ses besoins dans un endroit reculé du monde ou il n'aurait de compte à rendre à personne. D'un mouvement de la main il chassa ces idées tout à fait idiote et impossible de ses pensées comme si il aurait fait fuir une guêpe qui se rapprochait. Il se força à retrouver une attitude normale et ses traits se durcirent à nouveau du moins en apparence.

Cette discussion l'avait ébranlé et il tachait de faire comme si ça n'avait pas été le cas pour se conforter dans sa bêtise. Non il n'avait pas fait le mauvais choix et oui c'était la solution la plus raisonnable de courir les routes au risque de perdre des membre et de tuer et massacrer plusieurs centaines de personnes sur plus de vingt ans. La vérité titillait sa conscience, il avait du sang sur les mains et tous ne méritaient peut être pas de mourir, peut être ces personnes s'étaient tournés vers  cette magie à cause du désespoir de voir les famines et les disettes se succéder maintenant que le bonheur de la technologie avait quitté le monde. Se relevant pour reajuster sa cape sur ses épaules il s'alluma une nouvelle cigarette et déposa les tasses désormais vide dans l'évier. Non il ne fallait pas se poser ce genre de question, il était mage de guerre pas un homme lambda qui pouvait espérer de la vie qu'elle lui donne le bonheur d'une famille, d'une maison, d'un héritage ou autre connerie du genre.

Quelques secondes plus tard le lourd pied de métal battait la mesure dans les couloirs qui commençaient à se remplir d'enfant et d'adolescent ayant soif de connaissance. Il fallait commencer à parler des choses sérieuses.

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