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 Mort d'un rêve, vent de folie souffle (longue nouvelle)

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Georges A. Brinsnovia

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MessageSujet: Mort d'un rêve, vent de folie souffle (longue nouvelle)   01.09.14 10:41

Tintsiiiin... New text, made in moi-même. J'espère que vous l'apprécierez, il est un peu glauque. Ce n'est que la première partie.




L'agitation enflait, des cris provenant de toute part fendaient une illusion de silence bafouée par les sonneries incessantes des appareils médicaux. Les infirmières étaient au courant de l'urgence de la situation. Allongé sur les draps immaculés de sa chambre d'hôpital, Conan se demandait bien où il pouvait être. Depuis combien de temps était-il là? Et d'ailleurs, où était-il? Le maigre rideau qui opacifiait la large fenêtre filtrait une lumière rougeâtre, le Soleil se couchait sur les montagnes alentours. La seule chose dont il se rappelait, c'est qu'avant tout cela il était sur le point de se lancer dans l'aventure de toute une vie. De toute sa vie. Cela pouvait paraitre dingue, même absurde, il le savait, mais à quoi bon censurer l'espoir qui tiraillait tant son esprit? Il s'était lancé.
"Seuls ceux qui prendront le risque d'aller trop loin découvriront jusqu'où ils peuvent aller" [T. S. Elliot]
Des semaines, des mois, peut-être même des années avaient passé, avant que l'adolescent ne daigne songer à réaliser son rêve le plus fou. Une pensée qui l'avait souvent hanté, sans même qu'il n'ose y croire, une sorte de rêve de gosse. Il savait qu'il devait le faire, cela résonnait en lui comme une évidence, une terrible évidence. Il ne trouvait pas le courage d'y croire, c'était voué à l'échec. Un exploit de ce genre n'arrivait jamais, il allait y laisser sa vie. Conan avait peur de la mort, il la craignait, l'évitait, la fuyait. Comme un épouvantail qui agitait ses nuits jusqu'à sombrer dans la folie. Oui. Il était fou. Une démence infinie qu'il ne savait contrôler, une tare encrée au plus profond de son être, depuis sa naissance, ne cherchant qu'une opportunité pour faire surface et détruire l'immense terrain vague qu'était sa vie. A bientôt 17 ans, il n'avait plus de lycée, renvoyé de 5 écoles différentes pour violences, absences répétées ou autres incivilités, Conan n'avait rien d'un élève modèle. Habitué des commissariats, il s'était juré de ne plus y retourner. Drogues, vol, bagarres, tout ça, c'était désormais fini pour lui. Cependant, sa vie était dépravée par son passé… Il ne savait plus quoi faire, il attendait ce déclic, cet instant qui lui ferait dire "Maintenant tu as vécu tout ce que tu as pu vivre, tu peux être fier de toi". Il attend ce moment qui lui donnera l'illusion d'un bonheur instantané. Et c'est son père qui lui offrirait l'occasion d'enfin donner un sens à son existence. Le Mont-Blanc, 15 jours d'ascension, 4808 mètres d'extase, des rêves pleins les yeux, la tête au plus près des étoiles, Conan se lance sans hésiter dans ce qui sera sans doute le défi de toute une vie, avec son père. Son héros.
"A chaque sommet on est toujours au bord d'un précipice" [Stanislaw Jerzi Lec]
Son père… Où est son père? Il s'agite, s'affole. Pourquoi ne se souvenait-il plus de rien? Dans un dernier instant de lucidité avant de s'enfoncer dans les abysses de la folie, il tire la poignée au dessus de sa tête et enclenche le système d'appel des infirmières. Sa gorge se nouait, l'air se faisait rare désormais, Conan se sentait opprimé. Cette étrange sensation lorsque l'on sait qu'il est arrivé quelque chose de grave, sans toutefois en être sûr… Qu'était-il arrivé? Pourquoi son héros n'était-il pas là, à ses cotés? Sa vue se troublait, des larmes emplissaient ses grands yeux sombres. Dans son regard un océan d'incertitude, l'inquiétude à la fois de voir ses rêves s'effondrer, impuissant face à la magie du destin.
"Le fort fait ses évènements, le faible subit ceux que la destinée lui impose." [Alfred de Vigny]
"Le destin mêle les cartes et nous jouons." [Arthur Schopenhauer]
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Georges A. Brinsnovia

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MessageSujet: Re: Mort d'un rêve, vent de folie souffle (longue nouvelle)   08.09.14 22:02

Le destin… "Quelle sombre invention de l'humanité!" pensait-il… Malgré tout, plus le temps passait, plus il y croyait, à ce fichu destin! Une sorte de fatalité qui s'abat sur chacun, sans qu'il n'ait le moindre échappatoire, comme si l'univers tout entier s'abattait sur son crâne, inévitablement. C'est l'infirmière qui le sortit de sa réflexion:

"Que se passe-t'il Monsieur Valero?"

Dans un murmure incompréhensible, Conan tenta de lui expliquer la situation… Mais seules quelques sons coururent le long de sa gorge, à peine audibles. Il transpirait, la démence le prenait, l'emmenait au plus profond des ténèbres. L'adolescent mit un certain temps à retrouver son calme. Il éprouvait toujours des difficultés pour s'exprimer, mais il parvenait tout de même à se faire comprendre.

"Mon père… Expédition… Avec moi… Trouvez le…"

Ce que Conan ignorait, c'est qu'il était dans cette chambre depuis pratiquement 3 semaines. Il avait d'abord sombré dans un coma, avant de reprendre ses esprits, la veille. Il sentait la crispation sur le visage de l'infirmière, au fond de lui, un mauvais pressentiment grandissait. Il la fixa longtemps, sans même qu'elle ne puisse parler. Comment trouver les mots? Comment annoncer cela? Elle savait ce qui s'était passé, et l'adolescent avait de droit d'être au courant. Elle réfléchit, prit le temps de mesurer la force de ses mots, considérant chacun comme une lame, qui à tout moment pourrait perforer le coeur de Conan. Elle lui devait la vérité.


"Je préfère une vérité nuisible à une erreur utile: la vérité guérit le mal qu'elle a pu causer." [Johann Wolfgang von Goethe]


"Le pire mensonge est de se mentir à soi-même" [Marc Levy]


Il la fixait, stupéfait. Elle prit une grande inspiration, puis commença. "Monsieur Valero, j'aimerais que vous m'écoutiez attentivement…" Il prit son visage à deux mains, il avait perçu dans le ton de sa voix la gravité de ce qui allait lui être révélé.

"Tout d'abord, il faut que vous sachiez que votre père vous aimait beaucoup… Il… Il est mort en voulant vous sauver. Lorsqu'il est tombé dans cette crevasse, à plus de 4000 mètres d'altitude, il n'aurait pas dû survivre. Mais vous étiez encordés ensemble, en réalité, vous étiez le seul lien qu'il avait encore avec la vie. Cependant il était lourd, et a failli vous emporter dans sa chute. Il n'avait pas le choix, il ne pouvait pas vous sauver tous les deux, il a décidé de… de couper la corde qui vous reliait. Vous avez été découvert quelques heures après, couché dans la neige. Frigorifié. Si un guide de haute montagne ne vous aurait pas retrouvé, par pur hasard, vous ne seriez pas ici…"

Il l'avait écoutée tout du long, sans avoir la force de dire le moindre mot. Il ne pleurait pas, non. Pas devant elle. Il n'en avait pas envie d'ailleurs. Il s'en voulait juste, il s'en voulait terriblement. Etait-il responsable de la mort de son héros, Alexandre Valero? Pour lui cela ne faisait aucun doute. Sa seule envie, à l'instant présent, était de le rejoindre, de quitter ce fichu monde à jamais. A quoi bon vivre si ce n'est que pour voir les autres mourir? Pourquoi demeurer malheureux alors que l'on peut fuir tout cela? Tant de questions fusaient dans sa tête, il venait parfois à douter de sa propre existence, et de ce qui le rattachait encore au monde des vivants. la réponse était simple, il n'y en avait pas. Les seules personnes qu'il avait s'étaient déjà enfuies bien avant lui, elles avaient à jamais quitté l'ombre et la démence de la vie. Il voulait les rejoindre. Son cri fendit le curieux silence qui régnait sur la pièce. Avait-il fait le bon choix? Il le savait. De toute évidence, rien ne pouvait plus être pire à présent.


"Ce soir coule le sang dans un torrent pluvieux,
Au bord du gouffre mourant à l'aurore de ses adieux,
Les larmes du ciel coulant comme orage dans ses yeux,
De l'enfant brandissant le couteau vers les cieux.
Prologue de la démence, vent de folie s'installe,
Lorsque le tonnerre danse dans les ténèbres astrales,
La vie en perd son sens quand vient l'issue fatale,
L'achèvement de la souffrance, la mort abat son voile.
Le tranchant de la lame, déchirant l'univers,
Résonne comme un drame, perce en unique éclair,
Foudroiement d'une larme qui surgit des paupières,
D'un jeune qui laisse les armes pour s'enfuir de l'enfer,
Au plus profond des flammes, sans regarder derrière?
Il se transperce l'âme, cette larme fut la dernière."
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MessageSujet: Re: Mort d'un rêve, vent de folie souffle (longue nouvelle)   10.09.14 10:06

J'aime bien, surtout les citations. Je trouve que ça vient entrecouper ton texte comme une sorte de "pause dramatique", mais qui y rajoute aussi du relief, ça explique sans rien expliquer. ça conclut le passage avant, et introduit celui d'après... Je trouve que c'est un excellent travail, je te félicite.
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Georges A. Brinsnovia

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MessageSujet: Re: Mort d'un rêve, vent de folie souffle (longue nouvelle)   16.09.14 0:06

Oui, le prénom change en cours de route. x)

"Suicide: monter au ciel par une corde de pendu" [Jules Renard]
"Accepter de vivre, n'est-ce pas parfois une forme de suicide?" [Eugène Cloutier]
Nouveau black-out. Que s'était-il passé? Où était Conan? A quoi servaient tous ces appareils autour de lui? Il tenta de se redresser mais reste cloué contre le maigre matelas sur lequel il avait sans doute du dormir plusieurs nuits. Une douleur le fit gémir, au niveau de la poitrine. Que lui était-il arrivé? Il ne se souvenait de rien. Il regarda autour de lui, les murs étaient d'un blanc immaculé, de massifs appareils trônaient fièrement de part et d'autre de son lit. Il aperçut un plateau repas, posé sur la table de chevet non loin de lui. Il essaya de l'attraper mais rien n'y faisait, son bras ne bougeait pas. Il risqua un regard en direction de ses poignets. L'adolescent était attaché, au niveau des avant-bras et des chevilles. Sans doute avait-il eu un comportement agressif, il ne savait pas. Quand il y pensait, il ne voyait que l'image d'Alexandre Valero, gisant au fond de la crevasse. Il ne se rappelait de rien d'autre. Une chose était sûre, il allait mal, autant sur le plan physique que psychologique. Etait-il possible qu'il se soit infligé tout ça lui même? Il n'osait pas y penser, pourtant l'évidence était indéniable. Conan avait tenté de mettre fin à ses jours. Le destin l'en avait empêché.

"Vas où tu veux, meurs où tu dois." [Manuscrit du XVème siècle]

"Dans les ténèbres, chacun à son destin" [Gao Xingjian]

Le destin, encore lui, pourquoi l'avait-il contraint à vivre? Le scalpel n'avait transpercé que son sternum et entaillé le poumon droit. Hélas, ou fort heureusement, les chirurgiens avaient pu intervenir à temps. Une incertitude planait tout de même. Conan aurait-il des séquelles quelconques de cette opération? Il était pour l'instant obligé de respirer avec l'aide d'un masque, mais il ne supporterait pas cela très longtemps. Adolescent virulent, il avait besoin de bouger, de se dépenser, et n'arrivait pas à rester cloitré dans la monotonie d'une chambre d'hôpital. Combien de fois avait-il pété les plombs à cause de cela? Il n'en pouvait déjà plus, la simple idée de se retrouver enchaîné le détruisait de l'intérieur. Ses poignets le brûlaient à force de se débattre, depuis combien de temps était-il là? Une heure, Une journée, une semaine peut-être? La question à se poser était plutôt: Combien de temps pourrait-il encore rester là? Enfermé en enfer, comme un sportif blessé, un poète que l'on censure, ou bien une colombe mise en cage.

"Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage" [Périclès]

"Ma seule liberté est de rêver, alors je rêve de liberté" [Benoît Granger]

De longues heures passèrent, Conan n'ayant comme seul compagnon de route que le petit écran de télévision installé à se demande dans sa chambre. Il ne regardait que des dessins animés, une sorte de retour en enfance. Quelque chose qui lui rappelait que son père était peut-être là, encore avec lui. En lui. Qu'il n'avais réellement jamais quitté ce monde, que Conan n'était pas seul. Orphelin de ses souvenirs. Il avait perdu sa mère, 10 ans auparavant, il n'osait même pas penser aux circonstances de sa mort, mais tout était encore là, dans sa mémoire, tout était clair… Il pensait, il pensait beaucoup trop. Il semblait mal à l'aise, ses jambes tremblaient de plus en plus vite, son souffle se coupait peu à peu. Son coeur battait à tout rompre… et soudain, un regard vide. Dans un soupir, son buste retomba brutalement sur le matelas, dans un lourd fracas sonore. Il n'était peut-être plus qu'un squelette, son poids n'était pas négligeable. Les battements se stoppèrent, comme si son coeur ne marcherait plus jamais. Entre la vie et la mort il n'y a qu'un pas…

"Les départs donnent souvent l'illusion d'une renaissance." [Jacques Languirand ]
"Chaque souffle nous rapproche de la mort." [Hazrat Ali]

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