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 Galerie d'écriture.

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MessageSujet: Galerie d'écriture.   01.09.14 9:16

Voyez ça comme un cahier dont les pages seraient remplies de mon écriture. Vous pouvez sauter des pages, en relire certaines, ne pas finir le cahier. En bref, vous faites ce que vous voulez. Si vous voulez commenter, précisez juste le titre du texte.


Par les trous de serrure.

Parfois, la vérité passe par des endroits pas plus gros que des trous de serrure. Il n’est pas rare que ce soit de là qu’on doive aller la chercher. Se glissant par le mécanique orifice pour frapper à l’oreille des domestiques et des cuisinières. Sourdes, mais seulement quand ça les arrange, Mesdames trient les information, retiennent l’utile en oubliant le futile, complètent les données, et cuisinent de merveilleux plats de vérité vraie, arrachée par bribes de conversations secrètes à ses propriétaires jaloux. Et elles ne sont pas avares de savoir, elles partagent, une brandade de murmure sous la nappe, qu’on échange à la poissonnière, s’excusant de la maigreur des informations. Mauvaise pêche pour Marguerite. Mais la jardinière de soupçons avérés, cédée au primeur, était de premier choix. Louise sait quand cueillir au potager de l’indiscrétion. La boulangère, quant à elle, raffole de la brioche fourrée au scandale, la spécialité de Miss Jeanne qui la lui prépare en secret du journal de chambre de la patronne.
Elles la veulent, leur vérité, elle la répandent! Elles n’ont rien d’autre à faire ces matrones de la soupe, que de rétablir l’équilibre du savoir, anéantir le gruau insipide du mensonge, le vin tourné de l’ignorance. Leur bouche d’enfant a prit divine nature, et leur langue s’est chargée de la mission suprême de l’impartiale honnêteté.

Le Cauchemar

La lumière du réverbère éclaire la brume froide, rond de lumière chaude dans le brouillard sombre. Au centre, une ombre floue. Mystérieuse. On distingue un mouvement, un pied qui s’élève, le corps qui tournoie, se tord, les bras tremblent. Une créature onirique transperce cette nuit le voile de l’étrange pour dévoiler au monde sa forme hypnotique, ses mouvements mesmérisants. Une voix, soudain, grave, basse. De longues vibrations, troublantes, dérangeantes, comme l’avertissement d’un prédateur, pour saisir sa proie de terreur, afin de prolonger la joie de la chasse. Les dormeurs tremblent dans leur sommeil et leur peau se recouvre de frissons. La danse accélère, et les gouttes de sueurs froides dégoulinent le long des colonnes vertébrales. Le cliquetis des lames, les cris déchirants des dernières larmes

Attente

Une horloge sonne la demi, et les nuages gris s’effilochent sur les toits des immeubles. Le vent hurle un murmure troublant. Le verre de la fenêtre est sale, selon l’angle du regard, le paysage devient tout flou. Il peut même arriver de percevoir la ville, en cette sombre fin d’après-midi, à la fois nette, dans tous ses détails et distordue, comme plongée sous l’eau. Deux univers juxtaposés.
Dans l’appartement, l’atmosphère est lourde. Le silence est de mise et seul le vent, sans se lasser, passe et repasse en frôlant les murs de béton. On se contemple dans le blanc des yeux, assis sur les fauteuils. C’est la fin de l’après-midi, rien n’a bougé. La journée est passée, là, dehors, mais ici, on s’est contenté de se vautrer en se parlant à peine, occupant l’espace – le temps – avec parfois quelques notes sorties de la radio, ou bien un câlin en boule avec le chat à poils longs et gris. Mais maintenant, même lui s’est lassé et n’est nul part en vue.
Il faut se parler maintenant. Essayer. Mais les lèvres sont sèches, la gorge serrée, la poitrine tremblante à l’idée de formuler un mot. On se regarde dans le blanc des yeux, à moitié nus, mais ne viendrait pas l’idée de se toucher, de s’enlacer – comme avec le chat, de faire frissonner la peau, immoler le corps de l’autre avec les flammes de sa propre passion. Non. On se regarde. Dans le blanc des yeux. Et une horloge sonne six heures.

A ma soeur de mot (poème dédicacé à Valentina ♥)

Notre mère est Lune,
Notre corps est Brume,
Notre sang est Encre,
Notre âme est Danse,
Notre demeure est Rêve,
Notre nom est Poésie.

Cage

Ce soir, il fait nuit sur ton monde. Tu es un enfant qui ne veut pas dormir – à cause des monstres. Je suis le pire d’entre eux. Je marche dans ta nuit, mais tu ne m’entends pas. Alors, je murmure à ton oreille :
"Appelle moi, et pour toujours brûle dans ton Enfer!"
Et dans tes rêves tu hurles mon nom. Alors commence le cauchemar.
Lorsque vient le matin, tu m’as oublié. Mon nom, mon visage ont disparu de ton esprit. Mais dans ton coeur survit une horrible anxiété. Je suis ce que tu es, je suis ta colère. Je nourris tes peurs et tes angoisses. Regarde au fond de tes yeux, tu peux me voir. Je suis un parasite. Je ne peux pas mourir si tu restes en vie. Choisis la mort –

- et tu seras libre!

The Way I Feel

La façon dont je sens, la façon dont j’aime, la façon dont je vois le monde autour de moi… s’il te plait, pardonne moi. Je n’ai pas l’intention de te faire du mal, peut être n’as tu pas l’intention de me faire du mal en retour. Tu ne me comprends pas, je ne te comprends pas. Pourquoi? À cause de toute ces choses que je comprends et qui te sont étrangères. À cause de toute ces choses que tu comprends et qui me sont étrangères. Mon monde est haut au dessus du tien, léger comme une plume, mystérieux comme la brume. Tout est flou et ressemble à un rêve. Je trouve des couleurs, de la poésie et de la musique, là où pour toi il n’y a qu’un orage terrible. Ton monde est plat et sécurisé, le mien et magnifique, et empli de peurs. La routine quotidienne pour toi est un danger pour moi. Je ne conduirai jamais de voiture. Tu penses que je suis intelligente, étudier ne devrait pas être un problème. C’en est un. Je ne comprends pas ce que les profs attendent de moi. Ils ne comprennent pas que je ne peux pas comprendre. Il me demandent de me comporter comme tout les autres élèves. Si je souffre c’est ma faute. Je devrais être comme tout les autres. Je ne comprends pas? Mauvais élèves. Ils ne comprennent pas? Mauvais élève. Tu crois que ma vie est plus simple que la tienne? C’est faux.

Panique

Je suis comme une forme recroquevillée sur mon siège, le front collé à la vitre, vibrante au hasard des secousses et des cahots de l’engin. Autour de moi, le bruit incessant harcèle mes oreilles comme un essaim de frelons affolés. Il fait chaud dehors. Le ciel est dégagé. Le soleil brille. Ma peau brûle, mon estomac proteste. Un enfant me bouscule, ma peau se hérisse, une ombre passe devant mes yeux. Je les déteste tous. Des rires d’enfants, des cris d’enfants. Une joie stupide. J’existe, putain. Comme une ombre noire au milieu d’une nuée de lumières colorées qui tentent de me faire disparaître. J’existe, foutez moi la paix. J’ai besoin de respirer au milieu de toute cette haine qu’ils m’inspirent. J’ai besoin de respirer, le soleil m’en empêche. Il me darde de ses rayons aveuglants, et je suffoque. Mes muscles se contractent, je me retiens de pleurer, je me retiens de hurler. J’existe, une petite bille d’existence dure, noyée dans le flot des émotions pures. Des rires d’enfants, des cris d’enfants. Ce voyage n’en finit pas. Mes cils batifolent, tentent de retenir les larmes qui menacent. Ma gorge se serre, je m’étrangle en essayant de tout contenir, ce flot de passion violente qui gronde en moi. Il veut sortir, lutte invisible. Ma main tremble. Elle s’agite comme si elle pouvait expulser la haine et l’effroi qui s’accumulent. Vaine tentative. Le monde bascule. Ma bouche s’ouvre, je cherche mon souffle. Ça ne vient pas. Je respire à grand cris, à grandes larmes, ma vue se trouble. J’ai perdu le combat.

Ma Tour d'Ivoire

« Descend un peu de ta tour d’ivoire », me répétait toujours mon père. « Arrête de faire l’associable, viens dire bonjour. » Moi, jeune fille obéissante, descendais en bougonnant l’escalier, adressais un regard de glace aux intrus en guise de bienvenue, puis glissais le long des marches, fuyant vers mon repère. Ma tour d’ivoire. Je m’imaginais comme une de ces jeunes filles dans les contes, qui grimpent et grimpent les escaliers, avec leurs chaussons de verre et leur longue, longue traîne argentée. Je m’enfermais dans ma chambre sale, sombre, recouverte de tout partout, sans ordre apparent – sans ordre tout court, que le bonheur aléatoire qui me faisait lancer mes affaires de ça et de là. C’était une chambre féerique, où on me retenait prisonnière en haut de ma tour. Pas besoin de verrous pour me retenir dans cette geôle. Non, on m’avait retiré toute envie d’en sortir, ce qui était bien plus efficace. Je m’enfermais pour ma liberté. J’aurais aimé qu’un dragon garde ma tour. Non pas pour dévorer un éventuel sauveteur venu me délivrer, mais plutôt pour éloigner quiconque tenterait de me sortir de ma bulle. Nul besoin de draps de satin, de robes aux mille perles ou d’une beauté florissante. Seulement un besoin de liberté qui ne se trouve qu’à l’intérieur de moi-même et que l’on cherche sans cesses à me dérober par ignorance. Je ne veux pas qu’on m’édicte comment je dois vivre pour m’épanouir. Est-ce ma faute si enfant déjà j’avais compris que ma seule liberté se trouvait loin de mon corps. Qu’il me suffisait de le laisser là, d’apparence amorphe pour m’évader et jouir pleinement des plaisirs de la vie ? Le corps ne vient qu’après. Il aura droit à sa part quand son tour viendra. Pour l’instant, laissez moi mon isolement, mon étourderie, mes rêves éveillés. Plus vous chercherez à me les voler, plus grand en sera mon besoin. Laissez moi mon du, et je vous rendrais le vôtre. Laissez moi exister comme je l’entends, et je pousserai comme une fleur épanouie au milieu des autres. Qu’importe si je préfère la lumière de la lune et fuis celle du soleil. Qu’importe si je préfère la solitude de la branche d’un vieil arbre à un par terre entretenu. Je serais là.

J’y suis déjà.

Moi et les autres. Moi parce que les autres.

Chacun de nous protège en son sein l’essence de son âme. Cette étincelle si ardente s’exprime chaque jour au quotidien d’une façon différente. Un regard, un sourire, une expression, un besoin. Une démarche, une question, un plaisir, un avis. Voilà de quoi je me nourris. De ce qui fait que l’on vit. Que l’on existe. Nous sommes différents, fait de mille nuances. J’ouvre mes yeux à cet univers de beauté qui est l’âme d’un homme, et suis avide de savoir ce qui fait un. Ce qui fait chacun. Un regard, un sourire, une voix, une couleur. Une démarche, une vie, un instinct, un savoir. Nous sommes fait de ce que nous sommes différents. La recherche systématique de la norme assassine l’homme, assassine l’âme. Assassine l’Art, car l’Art est l’essence de l’homme.

Je suis à la recherche de l’identité. La mienne. À travers les autres, je me reconnais parfois, et je me regarde dans le regard de l’autre. Je veux savoir qui je suis, et je dois savoir qui est l’autre. Je cherche à comprendre quelle place j’occupe, mais alors je dois comprendre la place qu’occupe mon voisin. Quête éternelle. Car il n’est de réponse, nous sommes qui nous nous faisons être. Je suis celle à la recherche d’une identité. Je cherche car je ne veux pas trouver. Je cherche car je veux trouver qui est l’autre. Je cherche car je veux me construire auprès de l’autre. Je veux me construire auprès de l’autre, de tout les autres. Je veux me construire auprès de tout les autres, car ainsi je serais comme chacun. Unique.

Possession

Sa page était recouverte de supplications qu’il ne souvenait pas avoir écrit. L’encre demandait à au papier de le libérer, encore et encore. D’abréger ses souffrances. Son stylo se brisa entre ses doigts et sa peau se déchira. Il appuya sur la plaie pour stopper l’hémorragie et se précipita dans la salle de bain. Alors qu’il épongeait le sang, il pouvait entendre des murmures étranges à son oreille. Encore cette voix. « C’est mal », lui disait-elle. « Tu es mauvais. Pourri. Ton âme est perdue. Laisse moi ta place. » Il secoua la tête, pris de vertige. Il continua de presser sa main. Mais les gouttes écarlates continuaient de souiller la blancheur stérile du carrelage. Il savait que ce murmure qu’il entendait depuis des semaines n’était pas chose normale pour un humain. Ça ne devrait pas arriver. Il devait s’en débarrasser. Il bredouilla quelque mots dans une langue qui n’était pas la sienne. La lumière clignota, et l’ampoule éclata. Il se protégea le visage contre les bouts de verre qui plongeaient du plafond et fuit la pièce. Cette maison était hantée. Son corps était hanté. Depuis qu’il avait emménagé, la présence le harcelait jour et nuit. Peuplant ses cauchemars d’images de meurtres, et de fuites à travers les escaliers. Toutes les proies qu’il avait pu dévorer de son vivant. Il en avait parlé, mais cela n’avait fait que renforcer son isolement. Il s’était retrouvé désespérément seul. Seul avec le monstre qui ne songeait qu’à infiltrer son âme. Âpre lutte que celle là. Il s’était récemment mit à ressentir des pics de pulsions meurtrières. Il s’enfermait alors des heures dans le noir dans sa chambre. Il ne parvenait plus à définir quelle pensée était à lui, et laquelle au démon qui lui dévorait l’esprit peu à peu. Il avait commencé à se réveiller au milieu de l’après-midi sans aucun souvenir des heures précédentes, et redoutait plus que tout d’avoir commis l’irréparable. Il avait tenté de s’ouvrir le crâne avec le tranchant acéré d’un long couteau, mais l’entité impalpable avait détourné la lame, scalpant seulement le sommet de son front. Ses yeux écarquillés ne se reconnaissaient plus dans le miroir brisé. L’énergie que dégageait la bête était si puissante que tout explosait dans la maison. Il vomissait régulièrement. Plus jamais il ne se douchait, car il sentait alors que l’autre prenait de la force.

« Pourtant », pensa-t-il alors qu’il se bandait la main dans son lit. « J’ai finit par prendre le pas sur lui. »

Il sourit. L’humain finirait bien par se taire.

Le Son des Anges

Le silence résonnait sur les mur et le plafond, sur le vide. Le son des anges qui passaient et de leurs plumes qui s’écrasaient avec paresse sur le tapis de velours en devenait assourdissant. Le temps poursuivait son goutte à goutte. Le silence était seul et pas un battement de cil ne venait le perturber. Il n’y avait que les nuages, là-haut, qui poursuivaient leur course comme de gros oreillers de coton. L’air, pourtant, était ici immobile, et l’on ne pouvait entendre la moindre brise. Et la vie continuait de mourir.

La Ville aux Cent Prisons

Les gens dans la rue défilaient en se pressant. Même les promeneurs semblaient avoir tous une tâche de la plus haute importance à effectuer à l’autre bout de la ville. Ils marchaient tous la tête basse, surtout ne pas regarder dans les yeux de son voisin, de peur de ne devoir partager leur fardeau, leur peine, leur misère. Notons que c’était déjà le cas, car tout individuel puisse être chacun, leur malheur était commun et ils portaient tous sur leur épaules le poids de la même vie dure et amère. Cloisonnée entre les étroits murs de leur esprit faible, monotone, incapable d’imagination dans une ville sans couleur, ni musique, où les jours venaient et partaient, les laissant avec indifférence dans ces prisons dont ils dressaient chacun les barreaux.

Automne

L’automne était là. Il recouvrait le sol humide du jardin par un amas crissant et voltigeant que le jardinier passerait des heures à mettre en tas, sachant bien qu’il faudrait entièrement recommencer la besogne une fois que les enfants se seraient amuser à se rouler dedans.

La nuit, froide, mouillée et bruyante arrivait de plus en plus tôt, apportant dans son sillage le vent frais qui disait l’été achevé et l’hiver à venir.

La couleur des arbres, chaude des teintes du feu, ressortait sur le ciel caché par les lourds nuages gris qui aimaient à former des flaques et à faire sortir les parapluies.

Les vacances étaient finies, on avait du reprendre le rythme du travail, qui, à l’aube, embrumait les esprits comme les routes.

L’automne était là.

Songe

Son esprit commença à partir vers ce monde où la mémoire a du mal à suivre, si bien qu’aucun humain, bien que tous s’y rendent, n’en avait souvenir, excepté quelques images pêle-mêle au matin, sans qu’on puisse se souvenir de où, de qui, de pourquoi. Ce monde semble sans règles bien définies. Pourtant il en a. Une. Impossible à déroger, venant du fin fond de l’être lui-même. Aucune loi extérieure, puisque le corps n’est plus là pour les enfreindre. Mais une seule obligation, totale, absolue, qui régit l’âme et l’esprit.

La liberté.

Départ (ou Arrivée)

Lorsque la voiture me percuta, je m’en allai immédiatement. Je me sentis m’élever comme l’air chaud. Comme l’air car je n’avais plus de corps, le mien étant étendu ensanglanté sur la chaussée.

Quelques instant plus tard, je ne saurais dire combien puisque le temps s’était pour moi arrêté, je me suis retrouvée assise sur un petit nuage solitaire, voguant dans le ciel. C’est là qu’ils m’accueillirent. Je cru en distinguer sept, mais je n’en voyais parfois qu’un seul, ou bien une légion. Quelle importance? Je tentai de me rappeler ces noms qu’on apprenait à l’école, mais je su en les voyant que ces noms – tout les noms – n’étaient qu’une futilité humaine, qu’il n’y en avait plus besoin ici. Moi-même en était dépourvue. J’entendais leurs voix, dans ma tête, dans l’air, une femme, un homme, un enfant, un vieillard, une foule. Elles me souhaitaient la bienvenue. Et je savais que je l’étais.

Tous étaient beau comme on s’attend à ce qu’ils le soient, mais n’avaient pas vraiment de forme. Ils étaient justes.

Alkanoos

L’eau salée éclabousse mon visage, rentre dans mes yeux, dans ma bouche et mes narines. Elle le fait à chaque marée montante. Mes joues sont recouvertes d’algues vertes depuis longtemps déjà. Je suis Alkanoos, fils d’Elchine, roi des Spartes. Je suis ici depuis que mon peuple, il y a plus de deux-mille ans, à décidé de graver mon visage dans la pierre pour que l’on se souvienne de moi pour des millénaires. Seulement, alors que mon peuple est éteint, je suis. Isolé. Loin des hommes pour me voir et se souvenir de moi et de ma splendeur passée.

Le Gouffre et le Mur

Devant moi un gouffre, derrière moi un mur.

Devant moi le Gouffre, derrière moi le Mur.

J’ai peur, peur, peur du vide. Le vide qui m’attire, de sa noirceur effrayante. Je ne crains pas de tomber. Rien ne m’attend en bas, pas plus qu’ici. C’est son existence qui me glace le sang. Je regarde le Gouffre, il me scrute en retour. Il dévore mon âme, le Gouffre, mon âme qui se change en Rien.

Et le Mur. Il ne m’aide pas le Mur. Il est juste là. J’ai essayé, une fois, de regarder le Mur plutôt que le Gouffre. J’ai eu envie de pleurer, parce que c’est pire de pas voir. C’est pire de devoir lever haut, haut les yeux, et ne même pas pouvoir en voir la fin de ce Mur. Alors je regarde le Gouffre, et j’ai peur. Je m’appuie contre le Mur, j’ai mal. Je fais face au vide, mais au moins je ne lui tourne pas le dos. Le Mur me fait mal, mais au moins je ne suis pas écrasée par son infinitude.

Il n’y a que le Rien. L’Absence. Le Creux.

Je sonne creux.

Ça le tue à l'intérieur

Ça le tue à l’intérieur. J’essaye d’étouffer le feu qui le consume avec mon cœur et mon cœur brûle. Je me noie dans les horreurs dont ils s’entoure. Des horreurs qui lui font un horrible manteau. Je veux lui enlever, mais pour lui enlever je devrais lui arracher la peau. Je voudrais tellement qu’il voit comme il brille de cet éclat qui me brûle les yeux. Quand il me regarde, moi, je suis transparente, et ce qu’il voit à travers moi c’est une civilisation du passé. Il ne voit pas l’empire que je dresse sur son chemin, mais comme je suis faite de rien, cet empire n’est que poussière, et il s’envole sur son passage, sur mon âme éplorée.

Je voudrais pour lui être au moins un mur sur lequel s’appuyer, mais mes épaules sont recouvertes de ronces, et je m’effrite à la moindre caresse. Je ne suis qu’un colosse de verre aux pieds d’argile, et je suis pleine de vent. Du vent qui siffle à travers toutes ces fissures sur mon corps, des coups que j’ai reçu. Je n’ai jamais pris le temps de les refermer, trop occupée à réparer les autres. Mais je perds mon souffle, je me perds. À quoi ça sert, à quoi je sers, si je ne sers même plus à ça ?

Souffrir, Grogner, Questionner

Je vis d’émotions éphémères. Je companse la quantité – dans le sens de la durée – par la qualité – dans le sens d’intensité. Et puis je multiplie.Le bon, le mauvais, je veux tout. Je ne vis pas pour être heureuse, je vis pour expérimenter la vie. Pour en avoir marre et puis sourire d’un air satisfait. Détester vivre, fuir la mort. Je suis une personne absolument géniale, tout le monde devrait m’aimer. Car personne ne peut me détester plus que moi-même. Ah ! Tu la sens mon humanité ? Cette contradiction vaniteuse qui fait qu’on ne sait plus ce qu’on pense, ce qu’on veut ! Plus rien n’est distinct, plus rien n’a de nom, on s’engouffre dans des introspections à n’en plus finir, pour se perdre dans la nature humaine. Nous sommes sans fond, ni fondement.

Citation :
Si on gifle une personne inconnue, qui ne nous a jamais rien fait, sa réaction sera d’avoir mal, de nous insulter, et de nous demander quel est notre problème. Souffrir, grogner, questionner. Ça veut aussi dire qu’on se révolte contre l’oppression arbitraire. Et qu’on est libre.

Solitude

La solitude qui s'engouffre dans vos pensées est comme un piège aux mâchoire d'acier. Lorsqu'elle vous attrape pour la première fois, la douleur vous fait hurler, elle vous hante pendant des heures, vous la combattez. C'est une ennemie redoutable, et l'adversaire devient amante. Alors que vous êtes toujours prisonnier, vous rêvez de la liberté. Alors que vous êtes seul, vous rêvez de vous plonger de toute vos forces dans le mondes des humains, le réseau arachnesque des amours et des inimités. Plus vous restez de temps, la jambe enfermée dans cet étau acéré, plus vous y rester pour fantasmer au mieux de ce qu'il vous empêche de vivre. Votre handicap vous handicape. Parce que vous rêvez de sortir, vous ne pouvez plus sortir. Vous créez autour de vous votre propre monde, votre propre espace. Vous inventez vos propres amis, qui vous parlent, et tiennent les autres, les vrais, ceux qui sont libres, de s'approcher de vous pour vous délivrer de votre piège.
Vous savez aussi que dès que les mâchoires se desserreront, la douleur reviendra. Pire. Glaçante, acérée, vous haïrez tout. La douleur est une amie, la douleur vous tiens en vie. Elle vous permet de garder la cap lorsque vous allez vous égarer dans vos rêveries.

Instable

J’ai peur, peur du vide à l’intérieur, de ce silence qui tente de prendre le dessus sur le vacarme là bas dehors. La lumière me fait mal, mais dans l’obscurité je suis seule, seule. Viens, prends moi dans tes bras, dis moi qu’il n’y a pas besoin d’avoir peur, que je ne tomberai pas dans ce gouffre que je sens là, dans mes tripes, dans ma tête, qui me contemple de sa bouche sombre et affamée, qui ricane en me disant comme je suis instable, après tout, que j’ai pas vraiment de prise, qu’à tout moment tout peu basculer. C’est une épée de Damoclès que j’ai au dessus de la tête, je rampe depuis si longtemps, cherchant à échapper à ses coups acérés. Parfois je me dis que ça va, qu’elle m’aura pas, que je suis bien, tranquille, que je suis à l’abri, protégée. Puis alors j’ai le vertige et je le vois, et je me rend compte qu non, non, ça pourra pas durer toujours le sourire sur les visages. Ça pourra pas, parce que c’est moi, électron libre malgré moi. Toujours nomade, je me cherche un but, un désir plus qu’éphémère. Mais mes pieds trébuchent et la route est encore longue. Je saigne si fort que parfois ça me rend bizarre. J’ai l’impression d’avoir compris, d’être arrivée à la maison, que ça y est je peux m’endormir tranquille. Mais non, ce que je pense être des bras aimant ne sont que des ronces. C’est ma faute, je le sais, je peux pas m’empêcher de fuir, j’attrape le bonheur à pleine mains et puis je le balance par terre comme une enfant capricieuse. Et ême quand j’ai compris ça, je le serre bien fort entre mes doigts pour qu’il parte plus, pour le garder, mais quand j’ouvre la main, je n’ai plus que des miettes. C’est ma faute, c’est ma faute, je le sais. Je suis maladroite, trébuchante, pas nette, abstraite, je sais pas vraiment qui je suis, je m’adapte, caméléon, mais ça dure qu’un temps avant que je fasse exploser le moule. Je peux pas, je peux pas.

Création

Malheureux est l’artiste sans talent. Un monde intérieur riche de détails, la chair animée par une énergie créatrice immense… Mais la syntaxe est trop douteuse, le crayon gauche, le geste maladroit, la voix fausse. Malheureux celui qui ne peut exprimer ce qu’il voit à l’intérieur de lui même. Une oeuvre magnifique, à jamais perdue car le médiateur entre elle et la réalité tangible est trop faible.

J’aimerais pouvoir vivre dans un monde où je peux voir naître et grandir mes idées sans devoir passer par un dessin raté, un texte décevant, ou des couleurs embrouillées. Si seulement je pouvais tenir la note, et faire sortir de moi tout ces gens, toutes ces atmosphères, ces sourires et ces pleurs. Malheureux.

Voyage

J’ai rêvé que le temps n’existait plus. J’ai marché alors jusqu’au bout de ce petit monde ravagé pour passer à celui d’après, qui n’était peuplé que de sauvages en guenille. Celui encore ensuite était une vaste plaine que j’ai sillonnée en solitaire. Le suivant était un bout de ciel. En le franchissant, j’ai découvert l’endroit où se cachait le temps. Il était identique au nôtre. Plus grand peut être. Il n’y avait pas de guerre, pas de crime. Mais les hommes en arme quadrillaient les rues. Le temps était là. Je l’ai convaincu de rentrer avec moi, et j’ai promis de revenir parfois, dans ce monde au delà des mondes. Et je suis rentrée chez moi avec le temps.

La Course Folle

TIC TOC TIC TOC
-Ce qu’elle est grande cette horloge !
-C’est qu’elle appartient au Temps lui-même.
-N’a-t-on jamais vu plus belle horloge? Si travaillée, si réussie. Mais ce qui m’intrigue ce sont ces aiguilles, elles brillent étrangement sous mon regard.
-Ce que l’horloge du Temps, pour montrer l’heure, n’utilise pas d’aiguilles, mais des épées acérées.

Réveil

Et si le ciel avant des larmes, et si le silence avait une voix, et si l’obscurité avait un cœur, ce monde aurait-il enfin un sens ? Aurai-je une raison de hanter les routes de l’existence, de errer tête baissée, bras croisés sur mon ventre déchiré ?Je fais de mon mieux pourtant, pour écouter le vent qui parle, apprendre les voies qui mènent au hasard, y a-t-il une réponse là-bas qui vaut la peine de poser encore un pied sur cette terre sombre ? Je demande peu, un souvenir, un éclat de lumière pour me dire enfin le mot rêver, le mot attendu, le mot maison. Lorsque l’on vit sans attache, on vit sans repère. On vit sur un sentier effacé par l’oubli. Le temps tourne le regard, on devient une légende, obscure, sans importance, sans gloire.

Inspiration

Etrange chose que les rêves. Et pourtant, quelle magie se produit durant cet instant secret, étrange, mystérieux. Repaire des désirs et des peurs. Lieu de naissance de tout ce que le cerveau peut imaginer de plus beau, triomphe de l’art.

Obsessino

Dans mon corps, dans mon sang, dans mon âme, je te sens tapis dans l'ombre. Tu m'ignores, je t'ignores, mais tu es là, dans cette blessure ouverte que nous n'avons pas pris le temps de refermer. J'essaye de l'avoir comme un souvenir, mais je sais au fond qu'elle est plus que ça. Elle est une promesse que tu reviendras la fermer. Je ne peux pas te sortir de moi. Je peux taire ta voix dans ma tête, crier plus fort que ça, te laisser dans une porte fermée... Mais je n'ai jamais jeté la clé. Elle est là, dans un tiroir secret, prête à te délivrer, comme une faille, une faiblesse. Tu es là, et je ne peux pas te faire sortir. Tu es là et je ne veux pas te faire sortir. Comme si j'avais besoin que tu me fasses saigner encore, comme si j'avais envie de te faire saigner encore, souffrir de bonheur, heureuse d'avoir mal. Tu es mon secret, chut, chut, crie le sous tout les toit. Et réclame moi encore.


Dernière édition par Nickoleï Rouchev le 15.03.15 1:30, édité 3 fois
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Georges A. Brinsnovia

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MessageSujet: Re: Galerie d'écriture.   01.09.14 10:39

Tu as une de ces plumes! o_o On se laisse emporter, ton cahier est un tapis volant et chacun de tes textes, une porte vers un nouveau monde. Tes titres sont bien trouvé, c'est fluide... Que dire de plus? A part bravo, j'vois pas.
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MessageSujet: Re: Galerie d'écriture.   02.09.14 21:16

MàJ 2/9/14 : Solitude.
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MessageSujet: Re: Galerie d'écriture.   15.03.15 1:21

MàJ : 15/03 ... Pas mal de textes ^^
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MessageSujet: Re: Galerie d'écriture.   

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Galerie d'écriture.
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