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 Mystère forestier (PV Sylvan Karov)

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Ingrid Koothran
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MessageSujet: Mystère forestier (PV Sylvan Karov)   02.09.15 21:54

Un vent chaud souffla gaiement entre les branches du grand marronnier. Une feuille étoilée se détacha gracieusement  et entama son ballet aérien, voltigeant vers le sol comme une acrobate silencieuse. Elle était emportée dans le tournoiement de sa valse descendante.

Puis le pied d’Ingrid faucha l’air.

L’impulsion déchira la feuille avec une telle force qu’elle explosa en infimes  morceaux. Sans la moindre attention pour sa malheureuse victime, la guerrière continuait son enchaînement.

Il n’y avait aucune hésitation, aucune pause entre chaque mouvement, aucun geste superflu dans l’arc de ses membres. Tout son corps était une arme mouvante à l’équilibre imperturbable.

Pourtant elle ne répétait que les bases. Enfin, c’est ce que diraient certains de ses confrères.
De son point de vue, Ingrid ne travaillait que l’essentiel.

La chaleur était une garce tenace et le soleil un gosse tapageur. Ces derniers temps, il faisait chaud. Mais aujourd’hui était un jour presque volcanique.

Approximativement quelques heures auparavant, Ingrid avait sérieusement envisagé de renoncer à son entraînement. Elle avait connu des conditions plus extrêmes mais quitte à avoir le choix…
Puis son regard s’était posé sur Soyo. Affalée au sol, la loque canine semblait vidée de toute consistance énergétique. Y voyant un reflet de son avenir proche, la guerrière avait décrété que le temps de la procrastination était révolu.

Elle s’était choisi un coin peinard en lisière de forêt, à l’ombre d’un grand marronnier, et depuis elle s’entraînait.

Chaque art martial y était passé, du plus simple au plus ardu. Là, c’était au tour de l’ilien. L’apprentissage du combat elfique  était pour Ingrid son seul véritable exploit. Au-delà du fait qu’elle n’était qu’une humaine, l’ilien demandait une affinité avec la magie suffisante pour interagir avec le flux de la source, ce qui était vachement pratique contre les mages.

Et on avait stoïquement déclaré à la jeune femme qu’en termes d’affinités magiques, une pâquerette avait plus de chances qu’elle. Autant dire que c’était plutôt mal parti…

Son poing déchira le vide.

Pour la première fois de sa vie, elle avait été forcée de dépasser ses limites.

Son corps pivota dans une courbe parfaite. Ses gestes étaient comme une danse à la grâce fauve, donc chaque moment était destiné à frapper. Il n’y avait pas de place pour l’inutile.

Maintenant elle tenait tête aux elfes, même aux vampires. Les chances étaient désormais égales des deux côtés. Bon par contre, les loups-garous, c’était encore une autre paire de manches.

L’enchaînement s’acheva dans un dernier coup de pied. Ingrid prit une profonde inspiration et laissa ses muscles se décontracter. Sa peau était luisante, tant par l’effort que par la chaleur.

Elle était simplement vêtue d’un débardeur blanc cassé, un pantalon large et des espèces de baskets.  Elle passa une main dans ses cheveux et poussa un juron en les sentant détachés. Trop concentrée, elle n’avait pas tilté que la lanière de cuir s’était rompue. Super, encore un truc à racheter.
Soupirant intérieurement, elle se dirigea vers les quelques affaires déposées près du tronc , dont une gourde d’eau, une lettre un peu froissée et Soyo.

Elle se saisit de la gourde d’eau et but, tout en ayant une pensée rapide pour la lettre. C’était son frère Raùl qui donnait des nouvelles de la maison. Rien de bien nouveau, si ce n’était leur aîné Mijaël qui s’était encore foutu dans le pétrin. Mais il était de notoriété familiale que le jour où le premier des Koothran n’aurait pas d’ennuis, il serait l’heure de s’inquiéter.

Ingrid renversa le reste de la gourde sur sa tête pour se rafraîchir. L’eau lava le visage de la sueur, s’écoula le long des cheveux roux et continua sa route le long du dos. Elle sentit les gouttes longer sa cicatrice. D’autres se glissèrent entre les interstices d’adamantium.

Bordel, ça faisait du bien !

Elle se retourna lentement lorsqu’elle entendit des craquements venant des fourrées environnantes. Une grosse bestiole, hein ? Ou bien un homme ?

Bien que ses muscles se tinrent prêts au combat, Ingrid garda une posture nonchalante et appela d’une voix tranquille :


« Soyo, viens ici. »

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Sylvan Karov
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MessageSujet: Re: Mystère forestier (PV Sylvan Karov)   02.09.15 23:20


La châleur était étouffante, jamais Karov n'avait connu telle canicule mis à part peut être dans les plaines de Sorlal territoire immense mais stérile des hommes des sables. Sous ce soleil de plomb qu'aucune brise ne venait adoucir il n'arrivait plus à respirer correctement et aucune magie ne pouvait l'aider, du moins il ne voulait se servir d'aucune magie pour supporter cet astre ingrat qu'était le soleil, chauffant beaucoup trop la terre en été et n'était pas capable de réchauffer en hiver. En fin de compte il ressemble aux hommes, en faisant trop lorsqu'on ne lui demande pas et fuyant lorsqu'on l'implore de son aide.

Le plus naturellement du monde il avait trouvé refuge sous le couvert des arbres, sa lourde cape de cuir et de métal le préservait des rayons assassin de son ennemis du jour mais il l'empêchait d'apprécier ce qui causait la douce valse imprévisible des branches alentours. La lourde respiration d'un animal subissant la chaleur le mit en garde et il contourna la zone en question d'un pas plus léger qu'à son habitude jusqu'à ce qu'il aperçoive un éclair blanc dans cette immensité verte et brune. Avec la plus grande discrétion possible il vint poser son épaule contre l'écorce d'un vieux chêne et se prit à regarder le guerrier qui semblait effectuer un entraînement aussi intense que difficile vu la chaleur. Le guerrier était en fait une guerrière et il en pu s'empêcher de sourire en apercevant la foisonnante tignasse rousse de laquelle elle était pourvue. D'un geste presque anodin de la main la brise souffla un peu plus fort dans sa direction faisant chuter quelques feuilles et lui apportant sans aucun doute une fraîcheur bienvenue. Cette feuille continuait sa valse en tombant lentement au sol mais n'atteint jamais ce dernier, pulvérisée par un coup aussi sûr que précis. D'un autre geste il fit ployer les branches pour se cacher du regard de la jeune femme qu'il avait rencontré il y a peu.

Ce serait mentir de dire que Karov ne regardait que ses enchaînements et ses gestes, pour faire court il avouerait ouvertement qu'elle était aussi agréable à regarder qu'à écouter mais pour rassurer celui qui lira ces mots il était convaincu de le faire en toute innocence, il garderait enfermé en son esprit toute mauvaise pensée si celle-ci devait germer. Il étudiait ses postures, ses coups porté et ne pouvait s'empêcher d'y aller de son petit commentaire pour amener son avis. Elle semblait véritablement doué mais les techniques de combat elfique semblait être son point faible, loin d'être mauvaise elle n'était pas non plus un maître et loin de là. Il la suivit du regard alors qu'elle passait sa main dans ses cheveux et il ne put s'empêcher de se demander comment cette femme avait réussit à éviter les vicissitude d'une relation avec un homme c'était peut être du gâchis à y réfléchir. Quand elle vida la gourde sur son visage il suivit le tracé des gouttes qui vinrent imbiber de leur humidité son vêtement blanc qui finissait de coller l'étoffe à sa silhouette athlétique. C'est à se moment qu'il jugea qu'il en avait assez vu et il détourna le regard et rendit leur place originelle au branche qu'il avait fait plier à sa volonté....mais trop rapidement et un bruit de bois se détendant trop vite et brisant la branche sous le poids de ses feuilles rompit le silence presque religieux.

Le vieux mage se sentit comme un adolescent pris en faute pendant un moment et quand il entendit la voix de la jeune femme appeler son chien il sut qu'il ne pouvait faire machine arrière et résolu de se présenter face au danger qui le menaçait. Il traversa le mur de végétation et s'arrêta ensuite pour observer le visage assez surpris de la jeune femme. Je dis visage car il s'efforçait à ne regarder que cela, ne voulant pas passer pour ces vieille qui atteignant la quarantaine se sentent obliger de lorgner des femmes plus jeunes que lui. Cacher sous sa lourde cape de cuir il l'attendit camper sur ses jambes et se râcla la gorge avant d'incliner la tête.

« Bien le bonjour ma dame. Désolé de vous déranger je passais par hasard et j'ai surpris votre entraînement qui était ma foi bien réalisé mais sans réelle utilité si vous me permettez mon avis. J'espère que vous ne vous cantonnez pas à ces seules mouvements sinon je ne donnerais pas cher de votre peau. »

Il avait ponctué sa phrase d'un sourire mais d'un sourire qui pouvait paraître gêné et gêné il pouvait l'être. La silhouette svelte, la peau scintillante sous ce soleil de plomb et la chevelure rousse lâché et lissé par l'eau dont elle l'avait enduit elle était purement magnifique, une véritable amazone au milieu de cette forêt. Elle lui rappelait ces nymphes qu'il avait croisé dans sa jeunesse au seins des forêts luxuriante d'Europe de l'est. Son débardeur collé à son corps dévoilait toutes ses formes mais sans rien montré et cette situation le mettait mal à l'aise. Oui il était troublé mais comment ne pas l'être face à une telle créature. Elle semblait avoir tout son être pensée pour les plaisirs de la vie et qui lui aurait sans doute ouvert les portes des plus beaux palais de ce monde et pourtant c'était cette vie qu'elle avait choisis.

« Désolé de vous avoir déranger ma dame. Je vous laisse reprendre votre entraînement et vous promets de ne plus vous importuné. »


Remettant en branle les rouages de sa jambe gauche il fit un quart de tour pour se mettre en position de départ tout en se promettant qu'il ne ferait plus jamais l'erreur d'observer une femme réaliser ses exercices.

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Ingrid Koothran
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MessageSujet: Re: Mystère forestier (PV Sylvan Karov)   03.09.15 22:35

Ingrid regarda Sylvan Karov avec surprise tandis qu’il sortait des fourrés. Elle n'aurait pas cru que le temps se prêtait aux balades, même en forêt.

La jeune femme avança de quelques pas vers lui avec un « Hoy » de salutation. Soyo talonna lentement sa maîtresse, se demandant ce qu’il faisait là.

Le visage relativement rouge, le mage affichait une gêne manifeste. La guerrière se dit tout d’abord que ça devait être la chaleur, jetant un regard circonspect à la cape de son collègue.
Comment il faisait pour ne pas cuire avec ça?

Puis elle nota qu’il la regardait. Fixement. Elle avait un truc sur le visage ou quoi ?
Alors qu’elle arrivait tout juste à son niveau, Sylvan lâcha d’une traite :


« Bien le bonjour ma dame. Désolé de vous déranger je passais par hasard et j'ai surpris votre entraînement qui était ma foi bien réalisé mais sans réelle utilité si vous me permettez mon avis. J'espère que vous ne vous cantonnez pas à ces seules mouvements sinon je ne donnerais pas cher de votre peau. »

Ingrid regarda son collègue avec des yeux ronds, les oreilles bourdonnantes de la flopée de mots qui venaient s’enchaîner.  Euh…
Lui laissant à peine le temps d’enregistrer toutes les données, le mage enchaîna avec  le sourire le moins naturel du monde :


« Désolé de vous avoir déranger ma dame. Je vous laisse reprendre votre entraînement et vous promets de ne plus vous importuné. »

La jeune femme ne savait pas ce quelle cloche était en train de sonner dans la tête de son collègue mais elle cognait fort, visiblement.

Etait-elle censé s’offusquer qu’il l’ait vu s’entraîner ?

Et puis… Madame ?  Vraiment ?

Alors qu’il tournait les talons pour s’éloigner, Ingrid décida de ne pas le laisser s’en tirer à si bon compte. Les mains sur les hanches, elle l’interpella avec un sourire amusé :

« Vous connaissez mon nom, il me semble. »

Elle vit le dos de Sylvan se figer. Quelque chose mettait son charismatique collègue mal-à-l’aise, et ça semblait venir d’elle.  Mais quoi ?

« Vous êtes si pressé que ça ? »

D’habitude, elle gardait sa curiosité pour elle. Mais bon, cette fois, elle avait bien envie de savoir.
Sa cicatrice ? Non, il aurait plutôt fait comme s’il n’avait rien vu.

Il avait du mal à la regarder, c’était clair. Ingrid s’inspecta rapidement. Tout était en ordre, ses habits étaient juste mouillés à cause… Naaaaaaan…
La guerrière réprima un sourire hilare en se mordant la lèvre. Un grand gaillard comme lui… Quand même pas… Si ?

Ses yeux scrutèrent un instant ceux, fuyants, de Sylvan.

Un baroudeur comme lui, bel homme qui plus est, pouvait vraiment être gêné par un débardeur mouillé ?

« Je vais me chercher une cigarette, z’en voulez une ? »

Elle se détourna vers l’arbre, abrégeant le supplice de son collègue. Cet homme était plein de surprises, décidément.

Soyo,  de son côté, se fichait royalement de ce qui pouvait bien se passer. Ne se sentant plus sollicité, il leva mollement la patte et entreprit la périlleuse activité de se gratter l’oreille.
L’odeur qui atteignit sa truffe valait une morsure. Le berger allemand se redressa subitement, tout sens en alerte. Elle était apparue subitement. Inconnue. Agressive. Bestiale.
Il fixa les deux lueurs qui s’étaient mises à briller dans l’ombre des arbres et se mit à grogner.

Tout en ramassant son paquet de clopes, Ingrid passa sa serviette d’entraînement autour du cou. Peut-être que ça aiderait le mage à se sentir mieux. Le mettre plus dans l'embarras aurait été mesquin, et elle ne l'était pas. Puis elle l'aimait bien.
En plus du respect naturel qu’elle avait déjà pour lui, cet homme-là avait des principes. Il aurait pu simplement s’enfoncer dans la forêt et s’en aller comme aurait sans doute fait la plupart. Ou se montrer entreprenant. Elle avait connu quelques balourds du genre.
Lui se montrait pudique pour un simple débardeur trempé. En temps normal, l’effet qu’elle faisait aux autres, la guerrière s’en foutait pas mal. Mais là, elle ne put s’empêcher d’être un peu flattée.

Alors qu’elle se dirigeait de nouveau vers Sylvan, Ingrid s’arrêta net en voyant Soyo. Les yeux d’acier se plissèrent. Elle connaissait son chien par cœur, et une chose était sûre. Ca n’allait pas.
Sans quitter Soyo des yeux, elle demanda :


« Sylvan… Y a-t-il quelque chose là-bas ? »

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Sylvan Karov
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MessageSujet: Re: Mystère forestier (PV Sylvan Karov)   03.09.15 23:35

Il avait déjà fait quelques pas une fois qu'il avait rompu le contact visuel avec sa collègue. Déjà il se sentait mieux, ses épaules se redressaient et ses appuis était plus sûre mais à peine prenait t'il un peu de confiance que la voix cristalline d'ingrid le figea. En effet il connaissait son nom mais pour lui un titre tel que celui qu'il avait utilisé était la moindre des politesse pour quelqu'un de sa qualité. Malgré son travail et son statut il avait toujours du mal à se lacher avec une personne du sexe opposé . Lentement et d'un geste un peu théatral il se retourna pour faire face à nouveau à cette jeune femme et cette fois son regard bien que fuyant quelque peu se faisait plus sûr. Il tachait de ne pas s'attarder sur ces courbes qui composait le corps d'une femme mais cela était plutôt difficile et lorsqu'elle lui posa une question il fit un bref non de la tête et l'observa avec un peu plus de détail alors que la reflexion d'Ingrid faisait son chemin. Oui il l'a trouvait attirante mais n'importe quel homme fut il un nain en aurait pensé de même.

« Non j'ai les miennes, une prochaine fois sans doute. »

Il avait refusé la cigarette du ton le plus neutre qu'il avait trouvé et suivait toujours du regard sa collaboratrice tout en tachant d'observer le chien qui ne faisait pas honneur à sa race en restant allongé telle une loque sur le sol de la forêt. Il se détacha du chien pour se rapprocher du professeur alors qu'il s'allumait une cigarette et pu enfin la regarder comme il se doit. En effet avec ses serviette autour de ses épaules elle le troublait beaucoup moins comme quoi vous pouvez être intelligent et aguerris mais fondre devant un simple corps feminin près de vous mais cela est un autre problème voulez vous. Elle s'étaiçt relevé à présent et avancait vers Sylvan quand elle s'arrêta. Ejecté de ses pensée le mage tourna lui aussi son regard vers le chien qui paraissait beaucoup plus agressif que sa nature l'aurait laissé penser. Il ne l'avait vu qu'une fois auparavant mais il avait déjà deviner que ce n'était pas un foudre de guerre. C'est l'interrogation qui le mit sur ses gardes et il porta son regard vers l'obscurité des arbres. Deux lueurs étaient présente mais il était trop tard car on entendait déjà les mouvements de la cage thoracique du Baloth qui attendait dans l'ombre.

Mais si un baloth, vous savez ce que c'est ? Ces bète à l'apparence presque humanoïde qui se cache dans les forêt, environ deux mètre haut pour une centaine de kilos avec des griffes affutée comme des rasoirs de trente centimètres. Non ca ne vous dit rien ? Dommage.

Le chien fut, je pense, le premier surpris quand la créature fit un bon spectaculaire vers le couple d'humain qui jusqu'à lors était tranquille et les trois secondes qu'il y avait pour agir étaient amplement suffisantes. Oubliant sa gêne passagère le mage attrapa par le bras la jeune femme et la colla à lui alors qu'il présentait sa main droite ouverte à la céature et je vous préviens tout de suite que la poigne d'une main d'acier est rarement le contact le plus doux et soyeux qu'on peut imager. Curieusement l'animal s'écrasa sur une barrière invisible avant d'être projeter en arrière. Alors que la bète reprenait ses esprit après sa chute toute griffe dehors le magicien reprenant du poil de la bète attira la guerrière de son bras de métal derrière lui tout en décrochant sa cape qui tomba à terre.

« Reste ici Ingrid... »

Ce ton ne souffrait aucun refus et ce n'était pas un  animal sanguinaire qui faisait partie des plus grand prédateur forestier qui allait l'emmerder ce jour...déjà qu'il faisait chaud ! Il y eu un déluge d'éclair dans sa main droite et un sabre aussi jolie que tranchant se matérialisa dans son poing et c'est à se moment là qu'il s'écarta de la combattante qu'il l'avait traité comme la dernière des demoiselles en détresse jusque là. Le Baloth se rua sur lui avec une sauvagerie peu commune pour ce genre d'animal et le combat fut aussi bref qu'intense.

Continuant à avancer le magicien murmura quelques mots et etendit son bras gauche ce qui eu pour d'envoyer le rocher vers l'animal et l'obligea à esquiver le projectile. Le plus dur était fait. Sylvan n'eut qu'à faire un pas sur le coté, tenir la garde de sa lame à deux mains et l'abattre pour détacher la tête du reste du corps. Malheureusement il était rouillé et les griffes des pattes antérieur lui griffèrent le torse ce qui le plia en deux.

A dire vrai il avait complètement oublié Ingrid et avait encore plus oublié que deux artères sectionné d'un coup en pleine effort envoyait des gerbes de sang droit devant eux ce qui avait du recouvrir le chien et sa maîtresse. Grognant comme un animal blessé Karov se redressa et se tourna vers la jeune femme avec un sourire gêné.

« Ingrid j'espère que votre entraînement ne vous a pas fatigué... »


En effet quelques mètre derrière Karov deux autres animaux sortaient des bois, beaucoup plus gros et beaucoup plus en colère. En effet quel genre de parents apprécie que son petit enfant se fasse décapité pendant sa première partie de chasse.

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Dernière édition par Sylvan Karov le 06.09.15 3:40, édité 1 fois
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Ingrid Koothran
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MessageSujet: Re: Mystère forestier (PV Sylvan Karov)   04.09.15 3:03

Baloth.
La créature bondit.  Soyo s’écarta prestement tandis qu’elle atterrissait devant les deux professeurs.
Longs bras puissants pourvus de véritables rasoirs, corps souples et arqués taillés pour la vitesse, écailles destinées au camouflage, Ingrid n’avait qu’une chose à dire à leur sujet : foutues merdes hargneuses.

Elle commença à se mettre en posture de combat quand le bras  métallique de Sylvan la plaqua contre lui. La guerrière étouffa un juron.
Le baloth, prêt à bouffer de l’humain, s’élança. Le mage leva le bras. Le choc fut tel que le monstre fut éjecté en arrière. Le mur invisible se dissipa instantanément.

Ingrid aurait voulu se dégager  pour se préparer à l’affrontement, mais son collègue ne lui en laissa pas le temps. Il la poussa derrière lui, décrochant dans le même temps sa cape.


« Reste ici Ingrid... »

Le ton impérieux lui fit fit lever les yeux au ciel. Magnifique, elle était désormais une damoiselle en détresse. C’est sûr qu’elle en avait tout l’air, avec son bras en adamantium et treize ans de combat derrière elle.
Un soupir blasé lui échappa.
La fierté des attributs masculins avait tendance à rendre les hommes foutrement lourds. Mais bon, puisqu’il y tenait tellement…

Ingrid resta donc en arrière. Soyo, quant à lui, se posta devant sa maîtresse. Personne ne faisait de mal à son humaine. Personne.

« Roh mais tu ne vas t’y mettre aussi ! »

Le ronchonnement d’Ingrid fut couvert par la rencontre entre un rocher en lévitation et le baloth. Sylvan savait ce qu’il faisait, c’était sûr. L’esquive du monstre lui permit en seul mouvement de lui trancher la tête.
Bon, au moins il ne s’était pas juste comporté en un coq inutile. Beaucoup d’escrimeurs auraient envié sa dexterité.
Cependant la créature eut le temps de déchirer le torse du mage, qui recula en se pliant en deux. Le sang jaillissait à flot.

Ingrid murmura un merde et s’approcha rapidement de son collègue. Celui-ci, quoique penché à cause de sa blessure, tenait debout. Lorsqu’il se tourna vers elle, Ingrid reçut une gerbe de sang sur son buste. La base de son coup, au niveau de l’épaule gauche, se trouva également généreusement  aspergée. Quelques gouttes s’éclatèrent sur sa joue. Bon, plus de débardeur blanc.

Les fourrés bougèrent. Deux baloth s’approchèrent, plus grands et sans aucun doute plus expérimentés que le petit jeune qui gisait sans tête.
Avec un grognement, Sylvan se redressa et lui adressa un sourire gêné.


« Ingrid j'espère que votre entraînement ne vous a pas fatigué... »

Ingrid  eut un demi-sourire et lui répondit simplement :

« Je prends celui de gauche. »

Sans un mot de plus elle s’avança vers son adversaire. Le sourire s’était effacé. Ses yeux avaient pris une teinte hivernale.  Elle s’arrêta à quelques mètres. Le baloth  la toisa du haut de ses deux mètres courbés. Premier round.

Le baloth attaqua.
Son saut l’amena juste en face de la jeune femme tandis que la patte s’abattait sur  elle. Ingrid esquiva d’un ample pas sur le côté et se baissa pour éviter la seconde qui arrivait à l’horizontal. Les griffes déchirèrent le tissu du dos et une éraflure entailla la cicatrice déjà existante. La guerrière poursuivit son mouvement descendant  et se glissa sous la bête, entres ses deux pattes postérieurs, se redressant dans son dos avec la souplesse d’une liane.
Le baloth n’avait complètement fini de se retourner qu’un coup de pied le fit reculer. Ingrid n’attendit pas  de voir le résultat pour mettre entre eux la distance qu’il lui fallait.

La bête regarda l’humaine, une puissante fureur dans ses yeux fendus. L’humaine regarda la bête. Le métal glacé de ses pupilles était resté le même, tout comme son visage impassible. Ingrid s’accroupit au sol, une jambe repliée, l’autre tendue. Deuxième round.

Trois coups.
Le baloth attaqua.
Cette fois-ci, il bondit directement sur elle, la patte se tendant  pour un coup fatal. Axe parfait. Maintenant. Les jambes d’Ingrid agirent comme un ressort. Les griffes ripèrent sur l’adamantium, et le poing de métal rencontra le plexus du baloth en plein vol. Le monstre fut violemment propulsé en arrière.
Un .
Ingrid retomba sur ses jambes et  fonça sur le monstre qui se redressait. Manœuvre compliquée. Dans sa rage douloureuse, la créature balança sa patte aveuglément. Celle-ci entailla la hanche d’Ingrid, qui continua sa course malgré tout et lui passa à côté. Arrivée juste derrière la bête hagarde, elle pivota et envoya un puissant coup de coude entre les omoplates du baloth.
Celui-ci s’effondra face contre terre.
Deux.
Alors qu’il tentait vainement de se redresser, Ingrid le bloqua au sol en appuyant son pied là où le coude avait touché. La bête gémit. La guerrière se pencha au dessus de sa nuque et laissa s’abattre le métal.
Trois.

Ses yeux perdirent un peu de leur glace, et  Ingrid toucha brièvement la plaie superficielle qui lui barrait la hanche. Elle tourna la tête vers Sylvan en se demandant où il en était.

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Sylvan Karov
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MessageSujet: Re: Mystère forestier (PV Sylvan Karov)   05.09.15 20:34



La jeune femme se précipita vers le vieux mage qui saignait et ce dernier finit de massacrer son haut blanc qui jusque là était immaculée. Un regard pour s'assurer que tout allait bien et elle lui signifiait qu'elle s'occuper de celui de gauche. C'est gentil de prendre le mâle quand on sait qu'il est un peu plus petit. Ces bètes là sont comme les dinosaures, moins il y a de testostérone et plus il y a de muscle. Heureusement ce n'est pas pareil chez les humains. Sylvan posa sa main sur son torse et la releva pour confirmer sa couleur écarlate. Ce n'était pas une blessure très grave mais elle était profonde et saignait quelques peu, un moment il eut l'idée d'aller chercher sa flasque mais il n'y avait pas le temps pour ces conneries. Observant la jeune femme marcher gaiement vers un animal la dominant de toute sa hauteur il eut un peu peur jusqu'à ce qu'il voit son esquive, non en fait elle avait pas besoin de lui. Fixant sa lame de ses yeux devenus rouges la lame se mit à fumer tranquillement et il la posa brievèment sur sa poitrine et il sentit une larme de sang couler de ses lèvres quand il les mordit pour éviter de hurler. Vérifiant à peine si cela avait été efficace il se redressa complètement et se retourna pour débusquer le second animal. Celui-ci bondit hors des fourrés griffe en avant pour embroché son homologue, faisant un geste de sa main de métal la femelle fut comme agrippé par la peau du cou, si l'on peut appeler ça un cou, et projeter une dizaine de mètres en arrière laissant son compagnons à la furie des coups d'Ingrid qui semblait s'en sortir, s'en sortir tellement bien que le dangereux prédateur duquel elle s'occupait était déjà à terre en train de rendre l'âme.

Pensant que ce n'était pas le moment de passer pour un con Karov ne resta pas comme un fruit et avanca vers son deuxième ennemi du jour qui lui assena plusieurs coups de griffes rageux. L'animal s'en trouva fort dépourvu quand la parade fut venu car à chaque coups lancé vers le mage c'était la lame scintillante dont les runes brillaient de mille feux qui venait se mettre sur leur chemin. Agacée, énervée, la Balothine (j'y peux rien si la femelle se nomme ainsi) se dressa sur ses membres postérieurs et poussa un cri en prenant toute son envergure. Il faut dire que 2m50 de dents, d'écailles et de griffes c'est sensé faire peur. C'est ce moment que choisis Karov pour lancer un coup de tailles au niveau de sa cuisse qui été du plus belle effet, le sang jaillit et cette fois elle était vraiment énervé et personne ne veux voir une femme qui a perdu son enfant et qui était devenu veuve depuis très peu de temps être aussi énervée, fut elle un baloth « ecrasebois ». Les coups se firent plus violent et plus rapide et heureux que l'épaule gauche du mage était de métal sinon celle-ci aurait été arrachée.

Le mage bougeait fort bien pour son grand âge il faut le dire, son jeu de jambe était parfait et les quelques sortilèges qu'il lançait pour se protéger était très bien senti et le combat s'éternisait jusqu'à ce que l'agilité féline de l'animal prit le dessus. Visant le cou la lame passa finalement en dessous de la tête, la faute au mouvement de contorsion de l'adversaire et il planta ses dents longues avec toute la puissance de sa mâchoire. Petite rectification, la balothine, essaya de planter ses dents dans la jambe gauche de Sylvan grâce à la puissance phénoménale de sa mâchoire. Vous avez déjà essayé de mordre une jambe recouverte d'écailles de mythril trempé une douzaine de fois et enchanté par le meilleur maître forgeron de l'Europe Orientale vous ?

Les dents se brisèrent comme du verre sur le métal légendaire et c'est d'un coup de genoux bien senti que le mage envoya son ennemie au tapis la gueule remplis de sang et les côtes meurtries par ce coup dans les côtes flottantes. Cette belle passe d'armes si j'ose dire avait eu pour seul bienfait de déchirer la jambe gauche du pantalon en toile du magicien dévoilant une prothèse presque intégrale débutant du tiers supérieur de la cuisse pour aller jusqu'au pied. L'animal se remit difficilement sur ses jambes et curieusement le magicien ne bougeait plus. Il était sur ses deux jambes certes mais son t-shirt gris déchiré était maculé de sang et de sueur, ses multiples parades l'avaient épuisait et ses cheveux partiellement emmêlés s'emplissait de sueur de minutes en minutes.
Honnêtement si j'avais été un bookmaker je n'aurais pas pris les paris en sa faveur, enfin je dis ça je dis rien.

Néanmoins les quelques dizaines de secondes qu'avait mise l'animale à se relever avaient été suffisantes. Appercevant la situation critique de son adversaire elle bondit vers lui et se retrouva à nouveau au sol, elle reprit son élan et se retrouva encore une fois face contre terre et essaya de battre en retraite mais ne put reculer. Le mage dont la lame était contre la jambe droite et la main gauche en mouvement se permis à faire un sourire caché par ses cheveux qui s'étiraient sur le coté de son visage baissé. Une étincelle de peur alluma un brasier dans le regard de l'animale piégée dans sa bulle magique, celle-ci rugissait contre ce piètre bipède qui venait de la prendre à défaut. A mesure que le mage délivrait les liens qui tenait son sortilège à l'intérieur de lui même un cercle complexe et écarlate se dessinait au sol et la prisonnière comprenait à présent que ses secondes étaient comptées. Cinq secondes tout au plus après cette pitoyable conclusion du cercle germa une déflagration qui s'éleva tel un arbre dans le dôme magique en s'épanouissant comme une fleur jusqu'à se faner définitivement. Le mage avait gagné.

Une fois cette combinaison de sorts réalisée, et avec la manière s'il vous plaît, son exécutant tomba lourdement à genoux dans l'herbe labouré par le combat qui s'était éternisé plus qu'il ne le voulait. Respirant à plein poumon il jeta un regard vers son adversaire et ne vit qu'un cercle totalement stérile ou gisait un tas de cendre épaisses desquelles sortait une patte griffue et un bout de crâne qui terminait de se consumer gentiment au milieu de ses os. Cherchant dans sa poche gauche encore intacte ou presque Sylvan sortit une cigarette dans des gestes saccadé, le coup de griffe avait du endommager sa prothèse. Faisant disparaître son sabre dans une chaîne d'éclair à l'image desquelles il était apparu le magicien amena une des flammes mourantes à lui comme par magie et alluma le tabac avant de soupirer. Sachant que sa collègue était derrière lui il avoua à mi-voix.

« Je ne ferais pas cela tous les jours, avant d'ajouter, je crois que je suis rouillé. »

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Ingrid Koothran
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MessageSujet: Re: Mystère forestier (PV Sylvan Karov)   08.09.15 0:39

Le combat  faisait rage. La lame de Sylvan criait d’étincelles à chaque coup enragé du baloth, s’interposant sans cesse entre le mage et l’inlassable créature.

Ingrid suivait le combat à une distance prudente, des fois  que son collègue utilise la magie. Elle avait songé à filer un coup de main, mais le face-à-face endiablé qui se déroulait sous ses yeux ne laissait pas la place à un troisième combattant.
Il faudrait vraiment que Sylvan se retrouve à terre pour qu’elle puisse intervenir.
Mais bon, le mage avait l’air de tenir droit pour le moment.

Soyo pressa sa truffe contre la hanche de sa maîtresse adorée, peiné par la blessure qui gouttait lentement. Une main apaisante se posa brièvement sur sa tête.

« C’est rien, ça, mon vieux. »

Elle jeta un coup d’œil au baloth qu’elle venait d’abattre, légèrement plus petit que son congénère. Ingrid fronça les sourcils en scrutant les écailles. Quelque chose clochait.

La réflexion de la guerrière fut interrompue par le hurlement furieux du baloth. 
Le tissu en lambeaux par-dessus une jambe de métal. Des crocs cassés. Le lien était facile à faire.
La guerrière prit à peine le temps de s’arrêter sur le matériau lumineux qui recouvrait la prothèse. Ce n’était pas le moment. L’état de Sylvan devenait inquiétant.
Pour le coup, Ingrid hésita vraiment à s’interposer entre les deux adversaires, mais elle se retint. Le mage était immobile. Bien trop immobile.
Le baloth ne vit pas le danger.  Pour lui c’était l’occasion d’en finir.
Fonçant tête baissée, il comprit son erreur seulement lorsqu’il se retrouva enfermé dans une bulle magique.

La jeune femme recula. Son instinct lui disait que ça sentait le roussi. Et son instinct avait vu particulièrement juste puisque une violente déflagration éclata. Même le cercle magique trembla, contenant tant bien que mal l’explosion.
Lorsque la fumée se dissipa, il n’y avait plus qu’un cadavre. La créature était proprement carbonisée.

Impressionnant. Même épuisé, son collègue savait y faire. Non pas qu’elle en ait douté, d’ailleurs, mais il semblait vraiment à bout. Un survivant, un vrai, pensa-t-elle avec une certaine admiration.

Sylvan  tomba lourdement sur ses genoux. Ouaip, il était vraiment à bout. Ingrid s’approcha  de lui tandis qu’il s’allumait une cigarette.


« Je ne ferais pas cela tous les jours, je crois que je suis rouillé. »

Ingrid  répondit avec un sourire en coin :


« On a pas la même conception de rouillé. »

Puis elle s’accroupit devant son collègue et examina la blessure. La prothèse du mage lui avait épargné pas mal de dégâts, ça c’était certain. La zone métallique de son torse avait encaissé une partie du coup. Cependant, la chair déchirée par les griffes n’était pas belle à voir. Surtout qu’il était clair que Sylvan avait essayé de cautériser la plaie, vu les brûlures qui entouraient les plaies. Ça avait réussi à certains endroits, mais le reste tirait toujours la tronche.
Elle se redressa. Bon, à elle de jouer.

« Enlevez votre tee-shirt, je vais voir ce que je peux faire pour votre blessure. »

Son ton ne souffrait aucune réplique, et son regard non plus. Chacun son tour.

Ingrid s’éloigna rapidement vers ses affaires, restées sous le marronnier, et ramassa au passage la serviette qui traînait dans l’herbe.

Son dos dénudé par les griffes du baloth, ses cheveux collaient à la peau et au peu de sang qui sinuait le long de sa colonne. Elle les ramena sur le côté, n’appréciant guère le contact. L’éraflure qui barrait sa cicatrice l’agaçait. Ce n’était pas de la douleur, non, plus une démangeaison particulièrement désagréable. 
Et son débardeur était dans un état lamentable. Des lambeaux imbibés de sang pendaient là où la bête avait frappé.
Encore un truc sur la liste des choses à racheter.

Ingrid s’agenouilla et farfouilla un instant. Canif, nan, gourde vide, nan, paquet de cigarettes écrasé, nan… Elle n’avait pas poussé l’insouciance au point d’oublier les bandages, si ? … Si. Putain, elle avait choisi le bon jour.
Si elle n’avait pas eu la flemme de s’énerver, un soupir lui aurait sans doute échappé.

Sa main rencontra finalement un petit pot enfoui au fond de son sac.
Baume d’aviva, elle l’avait acheté aux Philippines. Parfait. Ça atténuait la douleur et gardait la blessure suffisamment saine le temps de trouver un rafistoleur.

Elle retourna vers le mage, qui avait eu la bonne idée d’obtempérer. Le spectacle aurait été des plus agréables s’il n’y avait pas eu tout ce sang et trois baloth morts autour d’eux.
Au passage, elle jeta un bref coup d’œil le jeune baloth sans tête. Les couleurs de ses écailles ternies  claquèrent dans l’esprit de la jeune femme. Elle avait trouvé ce qui clochait.
A leur retour, le directeur serait sans doute intéressé d’apprendre que son académie faisait déjà des émules.

« Ne bougez pas. »

Ingrid s’installa face à Sylvan, se reposant sur un genou. Elle replaça derrière son oreille les cheveux qui lui tombaient dans les yeux, puis essuya le plus délicatement possible le sang qui recouvrait les plaies avec sa serviette. Même une fois nettoyé, ça restait assez moche. Le bout de ses doigts commença à appliquer doucement le baume.
Une mèche rebelle refusait obstinément de rejoindre ses consœurs et continua de lui barrer le regard.


Plongée dans sa tâche, Ingrid réfléchissait.
Ces baloth étaient tropicaux. Quelqu’un les avaient importés.

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Sylvan Karov
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MessageSujet: Re: Mystère forestier (PV Sylvan Karov)   17.09.15 18:40

Même si le compliment était remarquablement lancé c'était un fait, le mage avait vieilli. Essayant de reprendre un peu de prestance Karov retira la cigarette de ses lèvres et prit à nouveau une épaisse respiration les yeux clos avant de continuer son geste mécanique consistant à remplir et vider ses poumons des fumées du tabac. C'est idiot mais cela le calmait et au moins c'était du vrai tabac brun à l'ancienne et pas de ce tabac elfique dont sont friands les jeunes gens et qui coûte les yeux de la tête. Il se sentait incroyablement fatigué, il y a encore quelques années ce combat aurait été terminé en quelques minutes au plus et sans une égratignure. Aujourd'hui bien que sa puissance magique n'ait jamais été aussi bonne c'était sa force physique qui le quittait et la quantité de tabac fumée n'y était pour rien il en était certain. C'est admirable, un homme qui a profité tant d'années d'une puissance que beaucoup lui envierait ne se réjouit jamais de ce qu'il a pu en faire mais regrette toujours qu'elle lui échappe. Le pire est sans doute qu'il ne le fait jamais par bonté d'âme ou par sens du devoir mais par orgueil. Je pourrais dire que Sylvan est différent car c'est un peu la vérité mais c'est par peur qu'il redoutait ce moment ou sa force s'évaporerait définitivement l'empêchant ainsi de développer tout son pouvoir. Ces gouttes de sueurs et de sangs qui avait inondé son maillot, la douleur dans ses épaules et le tiraillement dans ses parties tangentes à ses prothèses sans compter cette estafilade reçu par manque de réflexes.  Il vieillissait et bientôt ce ne serait qu'une ruine. Le grand mage de bataille ne serait qu'un vieillard, une relique moquée par les plus jeunes et cette entrevue de l'avenir lui faisait peur. Il est tiré de ses rêveries par une jeune femme lui intimant l'ordre de se défaire de son vêtement. Ne voulant pas l'énerver par crainte de découvrir un ton encore plus autoritaire il écrasa sa cigarette et retira le tissu qui cachait son corps. Je pense que le mot surprise est trop abstrait pour décrire ce que pourrait ressentir Ingrid quand elle verra son collègue.

Il faut avouer que pour ses presque quarante-cinq ans il était remarquablement conservé et tenait une forme olympique. Si l'on peut imaginer qu'un athlète puisse avoir plus de tissu cicatriciel que de peau intact. La plaie qui barrait son torse presque d'une épaule à l'autre était barré d'une grosse dizaine d'entailles mal recousues à leur époque et qui avaient laissé des éclairs de nacre dans la peau blafarde du prof. Au dessus de ce groupe il y a quelques cicatrices isolées qui étaient impressionnantes par leur longueur mais sans gravité aucune, l'avant dernière catégorie était peu représenté. Il s'agissait des larges sillons creusé dans la peau dont le relief aidait le sang à s'écouler en petit torrent dont un qui suivait le bras droit et ce jusqu'au coude et une autre qui démarrait de l'épaule droite et disparaissait dans le dos. Enfin la plus belle n'était pas vraiment une cicatrice, c'était une trace de brûlure qui lorsqu'elle était cachée par le maillot de corps passait inaperçue par là. Elle s'étendait sur le pectoral gauche, du moins ce qu'il en restait et couvrait une bonne partie de l'abdomen et la même partie sur son coté pile. Je ne sais pas si vous avez déjà vu une brûlure mais celle là ressemblait plus à un champ venait d'être labouré qu'une parcelle de peau d'un quadragénaire. Seule choses intéressant une aile stylisé mais relativement imposante et Esthétique trônait sur le pectoral opposé.

Quand sa collègue se mit en trépied pour lui appliquer le baume il ne put s'empêcher de jouer les enfants douillet mais se ravisa très vite en voyant son regard gris le transpercer. Même dans cet état, sur les genoux, éreinté, plein de sueur il avait encore assez de présence d'esprit pour la trouver belle même si à première vue elle n'était pas faite pour être mise dans le grand monde des courts d'Europe. En même temps ce n'est pas une grosse perte, vous avez déjà vu une court elfique ? C'est chiant comme la pluie. Reprenant un peu de vivacité il se prit à la regarder un peu plus en détail, elle ne semblait pas à ce qu'elle faisait ce qui fut confirmer par un geste malheureux qui lui fit échapper une grimace. Une fois qu'elle a parcourut l'intégralité de la blessure Sylvan lui prit la main et l'écarta de son torse avant de se lever avec une peine non dissimulé et de sortir son paquet de clope et d'en donner une à Ingrid. Certes le vieux guerrier avait le teint un peu rouge mais c'était compréhensible. C'est d'une voix qui se voulait puissante mais qui était plus fébrile qu'à l'accoutumée qu'il prit enfin la parole.

« Vous semblez avoir fait cela toute votre vie, merci beaucoup. »

Faisant quelques pas pour tester ses muscles il s'arrêta très vite en voyant que ça lui faisait un mal de chien. Tournant brusquement la tête sur le coté son poing se serra sur une gerbe d'éclair dont sorti une élégante rapière. Rien à voir avec le sabre recourbé de tout à l'heure celle-ci était simple mais semblait relativement lourde, le genre d'arme qui tuerait d'un seul coup bien placé. Le corps tendu comme un arc le mage souffla un bon coup quand il aperçut la toison d'un sanglier. Gardant son arme il se tourna vers la jeune femme et lui sourit de ses traits fatigués.

« Vous semblez songeuse Ingrid est-ce que vous pensez que nous ne sommes pas en sécurité. »

Se rapprochant d'un pas légèrement mal assuré il la toisa quelques instant et remarqua le sang qui maculait sa hanche.

« Si vous voulez nous pouvons toujours nous enfoncer dans la forêt pour vérifier mais avant pouvez vous vous tourner s'il vous plait ? »

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Ingrid Koothran
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MessageSujet: Re: Mystère forestier (PV Sylvan Karov)   04.10.15 18:51

Ingrid n’était pas une experte en ce qui concernait la loi, ni particulièrement familière du trafic d’animaux. Mais quand on a parcouru le monde pendant treize ans et qu’on a deux frères contrebandiers, on apprend deux-trois trucs.

Pendant qu’elle s’occupait de son collègue blessé, la jeune femme se fit un récapitulatif intérieur. C’était le genre de situation où il valait mieux éviter les théories fumeuses.

Un, les espaces sauvages à proximité des zones civilisées avaient été vidés de leurs prédateurs les plus belliqueux. Genre les baloth.
Le combat de tout à l’heure était la preuve qu’ils n’hésitaient pas à attaquer les hommes.
Sans compter l’Académie, il y avait deux villages en bordure de forêt. Donc zone civilisée. Donc pas de baloth.  Enfin, en temps normal.

Deux, des baloth tropicaux n’avaient rien à faire en Europe.  Ingrid en avait affronté une seule fois auparavant, dans une arène des Îles.  Même si sur le moment elle cherchait surtout à sauver sa peau,  elle se souvenait bien de leurs coloris vifs et de la ligne d’écailles rouges qui traçait leur colonne vertébrale.

Bon. Le fait qu’ils aient été importés était indéniable. Importés illégalement, c’était une autre paire de manche. A part peut-être les écailles ternies, il n’y avait pas grand-chose.
Ingrid tenta de se rappeler les explications de Sorim. Ses frères avaient fait leurs débuts dans le trafic animalier et bien qu’ils ne s’en vantaient pas, le cadet avait mis un point d’honneur  à expliquer à leur jeune sœur d’où venaient les bébêtes qu’elle combattait dans les arènes.

Le ternissement des écailles : changement d’environnement brusque, manque de lumière, captivité dans l’obscurité, cachette de contrebande, importation illégale.
E n soi ça restait vachement bancal, quand même.

Enfin bon, le directeur verrait bien.  Elle était prof, pas flic.

Ingrid fut rappelée à la réalité lorsque Sylvan eut un léger sursaut de douleur.  Ses yeux s’arrondirent. Ah merde.

« Oups, pardon. »

Elle continua à passer le baume en adoucissant son geste. Se focalisant sur sa tâche, elle prêta alors pleinement attention à la tapisserie de cicatrices qui recouvrait le torse du mage.
La guerrière n’était pas facilement impressionnée mais… La vache.

Chaque combat semblait s’être gravé dans la peau. Chaque plaie se disputait une place entre les autres. La jeune femme remarqua à peine l’aile tatouée, encore visible sous les lignes de chair.
Etaient-ce des trophées ? Des marques d’orgueil ? Ou simplement le prix de la survie ?

Qui sait. Pour elle, c’était le signe d’un homme qui  affrontait  toujours ses ennemis en face.

L’onguent acheva de s’étaler tandis qu’elle laissait ses doigts glisser doucement  sur le torse meurtri. La main de Sylvan vint écarter la sienne, et le mage se leva malgré la douleur évidente de ses membres.

Se redressant à son tour, Ingrid  referma le pot de baume. Il ne restait pas grand-chose mais bon, ça servirait toujours.
Tout en lui tendant une clope,  son collègue lui dit :

« Vous semblez avoir fait cela toute votre vie, merci beaucoup. »

Ingrid accepta la cigarette et sortit son briquet.
La voix du mage lui semblait un peu fébrile, mais bon, il devait avoir sacrément mal.

« Y a pas de soucis. »

Ingrid tira une bouffée et ferma les yeux un instant. Bon sang, ça faisait du bien. Ses lèvres s’entrouvrirent, expirant la fumée. Le tabac lui chatouillait la gorge.
La clope entre les doigts, elle reporta son regard sur les cadavres. Il y en avait combien d’autres de ces saloperies ?

« Vous semblez songeuse Ingrid est-ce que vous pensez que nous ne sommes pas en sécurité ? »

Une rapière était apparue dans la main de Sylvan. Lui non plus ne pensait pas que tout était fini. Il s’avança d’un pas chancelant et la regarda avant de poursuivre.

« Si vous voulez nous pouvons toujours nous enfoncer dans la forêt pour vérifier mais avant pouvez vous vous tourner s'il vous plait ? »

Tout en obtempérant à la demande de Sylvan, Ingrid réfléchit. L’état du mage était assez déplorable et la sagesse aurait voulu qu’il aille voir un médecin au plus vite. Pourtant, cette sagesse ne semblait pas s’appliquer à l’homme qui se tenait dans son dos.

« Je vous respecte trop pour vous envoyez à l’infirmerie sans discuter, donc  je vous laisse la décision. »

Ceci étant dit, elle regarda au dessus-de son épaule. Elle ne savait pas pourquoi le mage lui avait demandé de se tourner.

« Que pasa ? »

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Sylvan Karov
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MessageSujet: Re: Mystère forestier (PV Sylvan Karov)   03.12.15 20:03


Que pasa? C'était très simple pourtant, une plaie sur sa hanche. Se relevant calmement le vieux guerrier fit quelques moulinet avec sa belle rapière argenté. C'était un véritable chef d'oeuvre d'artisanat et personne ne pouvait se douter que c'était un très vieil artefact datant d'une époque aussi obscure qu'inconnue. Il se rapprocha de la jeune femme et tapota du plat de sa lame sur sa hanche et une douce chaleur pu envahir la jeune femme pendant une vingtaine de seconde. Le mage rompit le contact de la lame avec le corps d'Ingrid en même temps qu'il poussait un soupir de soulagement. Les runes le long de la lame s'évanouirent et il lui fit remarquer qu'elle pouvait se retourner. Ce genre de sortilèges était très difficile à gérer surtout en informuler mais grâce au catalyseur qu'était la lame cela rendait la tâche plus facile. La peau, les tissus, même les organes internes étaient réparés dans leur totalité du bassin au milieu du dos ce qui expliquait la petite minute nécessaire à l'élaboration du sort, elle avait entre autre le foie d'un nouveau née et le foie c'est important.

« Nous pouvons y aller Ingrid. »

Prenant les devant de la manœuvre il fit claquer sa jambe de métal sur le sol couvert d'humus encore frais en cette chaude après-midi. Plus les deux protagoniste de notre aventure s'enfonçait dans les profondeurs vertes et fraîche de la forêt plus l'ambiance devenait étrangement lourde et inquiétante. Sylvan s'arrêta et s'agenouilla près d'un arbre et pris un moment pour reprendre son souffle avant de murmurer.

« Je jurerais que des yeux nous regarde et dans une forêt aussi jeune que celle-ci ce n'est pas forcément un compliment. Si il n'y a rien qui cloche je ne suis plus magicien. Continuons un peu en marge de la piste cela vaut mieux pour nous deux »

Marquant l'écorce d'une entaille à l'aide de sa lame il s'enfonce dans les sous bois s'obligeant à se casser en deux pour faire le moins de bruit possible quand il s'arrêta brusquement et fit signe à la jeune fille de se taire. Il était à présent sur un petit soulèvement de terrain qui dominait une légère clairière en contrebas. Calmement il étendit le bras pour désigné l'entré d'une caverne dont l'entrée était dissimulée par des broussailles. La clairière était plus qu'encombré, des caisses, des charettes et un camion. Véritable antiquité ce dernier ronronnait doucement en attendant d'être chargé avec des caisse de matériel. Les trois personnels autour étaient dans la force de l'âge, une petite trentaine d'année visiblement. Habillé de toile de couleur vertes et portant des instrument étrange en travers de la poitrine, enfin étrange pour des gens d'ici. Les fusils étaient chargé et en état de marche.

« Ces gens ont dû ramener les baloths dans cette forêt et je suis prêt à parier qu'ils n'ont pas préparer que cela. De plus en plein milieu de cette forêt qui viendrait les embêter. A part nous bien entendu. »

C'était avec un sourire qui se voulait rassurant que le quadragénaire avait dit cela mais de nombreuse questions restaient sans réponse. Combien ? Comment ? Par quel moyen ? Avaient-ils piéger les alentours ? Karov connaissait le danger des pièges barbares de l'ancien monde sa jambe gauche en avait fait la douloureuse expérience et ce n'était pas la seule. Restant à genoux il pivota vers Ingrid et posa sa lame au sol.

« Je ne peux vous demander de venir avec moi ce serait un pur suicide et je ne veux pas vous faire participer à un combat aussi dangereux qu'incertain. Ne le voyez pas comme un offense mais plus comme une promesse de l'importance que je vous porte, vous avez autre chose à faire que de contrer ces types. Néanmoins si vous voulez y aller avec moi je serai heureux de vous avoir à mes cotés. Ne vous inquiétez pas des projectiles ils ne pourront pas vous atteindre. Par contre si vous pouviez les contournez par l'est cela nous permettrait d'avoir une meilleure vision sur leur dispositif sifflez trois fois quand vous serez prête. Si bien sûr vous venez avec moi. Partante ? »

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Ingrid Koothran
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MessageSujet: Re: Mystère forestier (PV Sylvan Karov)   15.03.17 19:14

« Nous pouvons y aller, Ingrid. »

Ingrid sourit en regardant le dos de Sylvan se tourner vers les branchages. Jamais en arrière, hein ?
Elle écrasa sa clope, un dernier nuage de tabac s’échappant de ses lèvres, et emboîta le pas à son collègue.

« Soyo, vamos. »

Presque digne de ses ancêtres lupins, Soyo se faufila sans bruit aux côtés de sa maîtresse, la présence du danger titillant encore trop sa vessie pour relâcher l’adrénaline.


L’ombre des feuilles arnaquait tranquillement le sous-bois.
Ingrid esquiva une branche un peu trop amicale tout en fouillant les alentours du coin de l’œil. Une forêt comme ça, beaucoup trop de saloperies pouvaient y jouer à cache-cache. Combien de baloth en vadrouille là-dedans ? Ou dieu sait quoi d’autre ?
Sa cicatrice démangeait à nouveau sous la sueur, poisseuse de sang.

Le mage s’arrêta, et Ingrid le vit s’agenouiller pour reprendre son souffle. Entre sa blessure et la lourdeur ambiante, c’était pas étonnant. Il tenait bien le coup.
Elle repensa  à sa hanche, intacte sous le tissu déchiré. Se faire soigner par une arme ça l’avait surprise, y avait pas dire, mais c’était sacrément efficace. Et sacrément épuisant, probablement. Sinon il aurait pu se soigner aussi. Ou pas. La magie et elle ne se comprendraient sans doute jamais vraiment.

S’accroupissant à ses côtés, elle s’essuya le front d’un geste du poignet. L’air avait quelque chose  de pas net, collant à la peau comme un regard indiscret.
Et visiblement, ce n’était pas que son instinct qui supportait mal la chaleur.

« Je jurerais que des yeux nous regarde et dans une forêt aussi jeune que celle-ci ce n'est pas forcément un compliment. S’il n'y a rien qui cloche je ne suis plus magicien. Continuons un peu en marge de la piste cela vaut mieux pour nous deux »

Ingrid hocha la tête. Sans être devin, si même un mage de son acabit trouvait ça louche, il y avait de quoi faire gaffe.

Ils reprirent leur chemin, Sylvan trop grand pour les branchages et elle-même obligée de se pencher par moment.  Seul Soyo trottinait sans souci avant de se figer soudain, oreilles dressées et regard fixe. La guerrière fronça les sourcils. Mauvais signe.
Le brusque arrêt de Sylvan confirma ses soupçons et elle se rapprocha silencieusement de lui, tandis qu’il indiquait d’un geste une grotte camouflée, un camion et bien trop de matériels pour les trois hommes qui rôdaient autour.  Sa théorie semblait la bonne.

Les yeux plissés, Ingrid détailla leurs armes. Des fusils. Merde.
Interdites même dans les arènes clandestines, c’était dire à quel point ces saloperies de l’ancien monde étaient terribles.

« Ces gens ont dû ramener les baloths dans cette forêt et je suis prêt à parier qu'ils n'ont pas préparé que cela. De plus en plein milieu de cette forêt qui viendrait les embêter. A part nous bien entendu. »

Le sourire de Sylvan sonnait faux. La situation était plutôt pourrie, c’était évident. Le mage exposa alors sa vision, terminant sur :

«Par contre si vous pouviez les contournez par l'est cela nous permettrait d'avoir une meilleure vision sur leur dispositif sifflez trois fois quand vous serez prête. Si bien sûr vous venez avec moi. Partante ? »

Ingrid haussa d’abord un sourcil. Elle était venue en connaissance de cause, pas pour ramasser des trèfles. Mais elle comprenait. Des gens embraqués dans un combat trop gros pour eux, il avait dû en voir, et en regretter.
Mais bon, voir à côté une confiance aussi évidente de sa présence pour la suite gâchait un peu le côté héros sacrifié. Non pas que la noblesse du mage eut besoin de ça.
Aussi se fut avec un sourire qu’elle plongea son regard placide dans le sien.

« Je vous laisserai pas seul, Sylvan. Y a pas grand-chose à dire de plus.»

Se tournant vers Soyo, elle chuinta doucement entre ses dents. Le berger allemand releva la tête, droit comme la justice canine, avant de s’éloigner dans les fourrées qu’elle lui indiquait.

Bien. Maintenant à elle.


Bon. La prudence, en soi, elle gérait. Pas de souci.
Jouer les acrobates entre les trop-pleins de brindilles, ça allait. Avancer à couvert des regards, pareil. Se faufiler sous les yeux d’un baloth en cage sans obtenir de réaction, là, elle avait un peu plus de mal.

Trois autres cages étaient ouvertes, vides. Au moins le compte était bon.
Il ne restait que celui-là.
Accroupie derrière un arbre, la guerrière regarda autour d’elle. Mmh… Caillou.

Ding. Le baloth se retourna vivement, cessant de renifler l’air pour chercher le profanateur de son territoire miniature. Le temps que l’odeur forte d’un en-cas revienne lui chatouiller les narines, Ingrid avait tracé son chemin.

L’aimait pas trop laisser la bestiole derrière elle, mais ils auraient tous le temps de s’en débarrasser ensuite.
C’était pas la priorité.

Arrivant finalement à sa position, Ingrid profita de reprendre son souffle pour mieux observer.

En y regardant de plus près, deux des gars avaient le gabarit de combattants lourds. Un plutôt calme, l’autre nerveux, qui jetait des regards inquiets au camion. Le colis le stressait, hein…

Le dernier était mince et sec, se mouvant avec une économie de gestes notable. La machette à sa taille était affûtée malgré l’usage.

Bilan : le petit teigneux d’abord. Pas de mages visibles, mais ça, ça restait hypothétique.
M’enfin,  les hypothèses,  c’était à tous les combats.

Prenant une inspiration, Ingrid siffla trois fois.

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Sylvan Karov
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MessageSujet: Re: Mystère forestier (PV Sylvan Karov)   21.03.17 19:26

Gardant le genou à terre Sylvan observa la démarche lente et assurée de la jeune femme lui apportant un soutien plus que bienvenue. Laissant son genou intacte se poser sur l'humus encore humide en cette chaude après-midi il se laissa souffler quelques instant. Il regarda la chevelure flamboyante disparaître dans les fourrés avec son fidèle acolyte et ferma ses paupières quelques secondes en respirant profondément. Il était peut être trop vieux pour ces aventures de jeune, son corps meurtris ne supportait plus ces longues cavalcades forestières et les douleurs revenaient de plus en plus rapidement. Expulsant tout l'air possible de ses poumons il se remit à parcourir l'entrée de la grotte de ses yeux gris. Les soldats continuaient leur ronde tels des robots et n'avaient pas remarqué l'agile jeune femme qui les débordait. Sans un geste il fit réapparaître son sabre à la place de sa rapière et s'allongea sur le sol pour se laisser tomber jusqu'à l'arbre en contrebas du talus, se relevant dos à l'arbre il fit la seule chose qui lui semblai intelligente à cet instant, attendre.

Les minutes sont longues en cet instant, la sueur de son front sèche et quelque démangaisons provoqué par la poussière et la terre collée à sa peau l'énerve particulièrement. Un des soldats passe près de l'arbre sans le remarquer et il en profite pour observer plus attentivement leur armement. De vieux fusil d'assaut, fabrication française sans doute, rouillés à certain endroits. De véritables antiquités, ce serait étonnant qu'elles fonctionnent encore correctement. Il laisse le soldat le dépasser et entends les trois sifflements provenant de l'autre coté de la clairière, au delà du camion. Les soldats dressent l'oreille et mettent en joue. Des professionnels de ce genre de boulot mais pas assez affûtés. Laissant les soldats prendre un peu de champ le magicien la joue discret en sortant lentement de sa cachette, d'une agilité presque magique il gambade vers le camion avec le moins de bruit possible et longe la carrosserie pour regarder ce que les entrailles de la machine recèlent. Une myriade de caisse sont empilées et d'un léger coup de son coude en métal le mage casse le bois pour découvrir des cristaux d'un violet léger qui irradie calmement dans leur sarcophage de bois. Il laissa retomber la bâche en tout discrétion avant d'entendre le bruit caractéristique d'un levier d'armement approvisionnant une arme.

« Tu lèves les mains en l'air ou je te jure que tu diras adieu à ton genou gauche mon ptit pote ! »


Curieusement la première réaction du vétéran fut de rire un peu jaune avant de serrer la garde de son sabre.
Un coup de feu éclata et l'ébauche d'un cri se dessina dans l'air ambiant, l'ébauche seulement car l'acier dévora sur trois bons centimètres la gorge du soldat. D'un œil vif Sylvan identifia le mercenaire comme ne faisant pas partie du trio initial ce qui était plutôt gênant. Ne s'occupant aucunement de son dos car faisant entièrement confiance aux capacités d'Ingrid et son compatriote il avança vers l'entrée de la caverne d'un pas traînant quand un deuxième projectile le toucha sur l’épaule gauche. Déséquilibrer par le choc il s'appuya au véhicule avant de faire un geste de la main gauche et de propulser l'attaquant contre un arbre avec une vitesse convenable. Le bruit des vertèbres qui se brisent furent couverts par d'autre coup de feu mais normalement le charme protégeant Ingrid de tous les coups et lancé durant les soins de sa hanche devrait dévier les projectiles. Toujours dans ses pensées il fut cueillit par un uppercut au visage, la violence du coup le projeta à terre et son sabre s'écrasa dans l'herbe brûlée par le soleil. Sur le dos les bras en croix il voulu riposter mais un coup de talon lui donna un goût de sang dans la bouche. Il aperçut un pied de métal sur son bras gauche et ce dernier se faisant écraser dans un bruit de rouage.

« J'ai toujours voulu désosser un mage ! A table ! »

Le combattant était jeune, peut être 25 ans, deux prothèses métalliques chargées de gemmes violettes au niveau des épaules ainsi qu'au moins une de jambe lui donnait un avantage certain. Une autre tentative de riposte se soldat avec la même sensation de se faire arracher la boite crânienne. Deux prothèses de jambe. Le troisième coup était prévisible mais le mage fut plus rapide et le coup de genou gauche qu'il lança à l'aveugle fit mouche et parvint à déséquilibrer son adversaire. Libérer de son emprise il roula sur son épaule gauche et se remis sur ses jambes avant d'assener un coup du pied droit dans le ventre du soldat, et de pousser un cri de douleur avant de se reprendre un coup de poing qui l'envoya sur les roses. A quatre pattes, il arrosa le sol d'un cracha de sang et se releva péniblement. Son adversaire l'appela de la main avant d'ajouter.

« Prothèse en acier et carapace en adamantium sur le reste du corps vieux connard, tout ce que tu aurais pu trancher je les ai déjà fait repousser en plus fort ! Maintenant viens prendre ta râclée  papy ! »

Papy ? Il était vraiment sérieux en disant ça. Il regarda son bras gauche dont la main était rendu inerte par l'écrasement des vérins et autre rouage et sourit un peu avant de lancer.

« Ben t'as qu'à venir résidu de chute de fonderie ! »


Sans doute énervé par la voix éraillée ou par l'insulte du magicien le soldat s'élança vers Sylvan qui lestement se retourna et attira son sabre dans sa main. Dans un geste aussi beau qu'incertain il fit volte face et balaya latéralement l'air du métal. Son poignet fut stoppé par la poigne de fer du mercenaire et sans réfléchir le quadragénaire lui envoya un majestueux coup de boule et un coup de genou dans l'entrejambe, et je peux affirmer qu'un genou en mithril fait relativement très mal à cet endroit, c'était à son tour de hurler. S'écartant de son adversaire qui essayait de sauver ses attributs virils réduit en purée avec ses mains, Karov lui envoya un crachat de sang au visage et lui décrocha la tête de son cou. Une fois le cadavre raccourcis il murmura que ça, ça ne repousse pas sans préciser quoi et chercha sa collègue des yeux avant de s'égosiller.

« INGRID ! INGRID ! »


Tant pis pour la discrétion, les coups de feu avaient cessés, il fallait savoir pourquoi, il voulait en avoir le cœur net.

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MessageSujet: Re: Mystère forestier (PV Sylvan Karov)   23.03.17 3:06

Lorsqu’Ingrid s’élança hors des fourrées, elle n’avait qu’une prière. Que Sylvan ne se soit pas planté sur son sort.
Une balle ricocha contre sa poitrine, une autre sur son ventre. Il ne s’était pas planté.

Le temps d’un souffle, Ingrid esquissa un sourire, avant que son poing ne percute le visage du premier tireur. Il n’avait pas touché le sol qu’Ingrid  se retourna, la machette ripant sur l’adamantium. Rapide.
Son genou s’écrasa contre les côtes de son assaillant. Crac, cri, le mec recula. Au moins deux de pétées.
Une balle percuta son dos comme une chatouille.

Sûr qu’avoir un mage de son côté, ça avait de sacrés avantages. Surtout celui-là.
Son coude alla percuter le nez du tireur, avant de pivoter en fauchant son cou du pied. Et d’un.
Sa première victime encore à terre, elle se focalisa donc sur la machette qui tenta à nouveau de trancher sa gorge.
Il était vif malgré ses côtes en miettes.

Ingrid para un nouveau coup lorsqu’une vague trouble lui fit tourner la tête.
Pas grand-chose, à peine une seconde. Merde.

Le poing la flanqua à terre, la mâchoire douloureuse et la bouche en feu. La seconde de trop.
Ingrid eut juste le temps de rouler en arrière alors que la machette  entaillait son épaule en se fichant dans le sol.
Lorsqu’elle se réceptionna, reprenant ses appuis, la jeune femme agita la tête pour reprendre ses esprits au plus vite. Son adversaire était légèrement déséquilibré mais reprenait vite sa garde. Et le sort s’était dissipé.
Sylvan… ?

Le mercenaire ne laissa pas le temps aux inquiétudes, un sourire cassé cisaillant un peu trop son visage.

« Alors c’est toi la Roja… »

Si elle avait cru entendre ça ici… Ingrid cracha un peu de sang. Sa lèvre devait avoir une sale gueule.
En face d’elle, le type semblait jubiler.
Essuyant sa bouche d’un revers du poignet, elle lui grogna :

« On se connait ? »

Le gars s’avança d’un pas désarticulé, son sourire grimaçant de douleur. Elle surveilla du coin de l’œil la main qui se crispait compulsivement  sur la machette.

« J’ai beaucoup de chance de te croiser, Roja…. Dimitri veut ta tête...»

Hein… ? Sa mémoire eut un vague tintement, mais le nom resta creux. Allons bon, c’était quoi encore ce bordel…

« Et c’est quoi son problème à Dimitri ? »

Quitte à avoir sa tête mise à prix, il fallait qu’elle sache pourquoi.
Le mec cracha au sol pour toute réponse et fit un autre pas. Bon. Encore deux trois côtes à casser.

Ils se tournèrent un instant autour, quelques secondes, le temps que le mercenaire s’élance. Le temps qu’Ingrid siffle, et que Soyo le percute de plein fouet. Chien et homme roulèrent sur les feuilles, avant que le berger allemand ne recule au nouveau sifflement, montrant toujours les crocs.
Ingrid prit le relais et força son adversaire au sol d’un coup de pied, en digne piédestal d’un énième combat.
S’accroupissant au-dessus de lui, le genou appuyant sa colonne, Ingrid demanda avec une froideur tranquille :

« Alors, ce Dimitri ?
-Tu… »

Bang. Ingrid bondit en arrière à la détonation tandis qu’un long filet rouge quittait le crâne de son prisonnier. Merde !

Elle regarda l’homme qui se relevait difficilement, le premier, celui qu’un poing d’adamantimun en pleine gueule aurait dû envoyer dans le coma. Résistant, le bousin…  Mais trop sonné. Visant avec la précision d’un écureuil ivre, il rata encore la guerrière tandis qu’elle s’approchait d’un pas vif pour faire vibrer à nouveau le métal contre sa mâchoire. Puis, glissant fluidement derrière lui, elle lui brisa la nuque.

Fini. Elle expira doucement, le goût du sang dans la gorge.  Son épaule l’élançait là où la machette avait glissée, et sa lèvre encore pire.
Balayant des yeux les trois corps, elle s’arrêta un instant sur le fou de la machette. Elle n’était pas prête d’avoir ses infos sur Dimitri… Bon sang, ce nom lui évoquait quelque chose de tellement vague…

« INGRID ! INGRID ! »

Sylvan. L’appel du mage tira un sourire soulagé à la jeune femme.  Toujours vivant.
Soyo sur les talons, la guerrière alla rejoindre son collègue, qui eut l’air au moins aussi soulagé de la voir.
Trois corps sur le chemin, une main gauche broyée, des contusions évidentes et sa précédente blessure. Et  il tenait toujours debout.  Cet homme était épatant et elle le reconnaissait sans mal.
Même si c’est pas pour autant que ça risquait de durer. En y regardant de plus près, il s’en était pris des beaux.

Lui souriant malgré sa lèvre douloureuse, Ingrid lâcha simplement.

« Contente de vous revoir. »

Un reflet violet attira le coin de son œil. A quelques pas du mage, un corps sans tête avait des prothèses. Et dans ses prothèses, il y avait des cristaux. Fronçant les sourcils, elle s’accroupit devant le cadavre sans pour autant esquisser un geste dans sa direction. Mieux valait ne rien toucher. Surtout quand ça avait air magique.

« Qu’est-ce que c’est que ça… ? »

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MessageSujet: Re: Mystère forestier (PV Sylvan Karov)   24.03.17 20:54

Pendant quelques instants il eut une très mauvaise idée en tête et rien ne pouvait l'en détacher. Des souvenirs revenaient à sa mémoire comme autant de coups que l'on reçoit en pleine figure. Néanmoins toutes ces visions s'effacèrent quand il aperçut la folle chevelure rousse dépasser le camion et se diriger vers lui. Sylvan laissa un immense soupir s'échapper de ses lèvres légèrement bouffies et ensanglantée avant de se rappeler que les coups reçus ces dernières heures faisaient un mal de chien, sans vouloir offenser Soyo. Dans les secondes qui suivirent c'est comme si le monde s'effondrait sur ses épaules. Sa main gauche ne voulait plus bouger et les raccords sensitif étaient grillés, son torse c'était remis à saigner, sa mâchoire le lançait et il boitait à cause de son pied droit mit à mal par la carapace d'acier du « super-soldat ». Malgré tout, il était plus qu'heureux de voir Ingrid, saine, sauve et presque intacte. Il apprécia plus qu'il ne l'aurait souhaité son sourire généreux  malgré sa lèvre éclatée et se contenta de lui faire un ample signe de tête tout en reprenant son souffle et en rassemblant ses pensées. Certain de n'avoir plus à croiser le fer jusqu'au début du jour suivant il fit disparaître son sabre dans une gerbe d'éclair discrète et s'adossa au camion en admirant la démarche de sa collègue. Lentement il tira une cigarette de sa poche et l'alluma dans la foulée. C'est idiot à dire mais cette fumée sombre et âcre traversant ses voies respiratoires lui faisant plus de bien que tous les bains brûlant du monde. Du coin de l’œil il regarda la jeune femme s'accroupir et l'écouta d'une oreille distraite en tirant le plus profondément possible sur l'amalgame de papier et de feuilles séchées.

« Ce sont des prothèses comme les tiennes, un alliage résistant à la plupart des contraintes extérieures mais moins cher que du mythril ou de l'adamantium. Le cristal est constitué de mana concentré afin d'améliorer l'ouvrage mécanique original en réduisant le temps de transmissions avec les nerfs, il sert aussi à protéger cette partie du corps des attaques magiques les plus communes. Mais ce n'est pas ça le plus intéressant. »


Quand il se redressa il eut l'impression d'avoir cent ans. Il traîna la patte jusqu'au cadavre et mit le genou à terre au plus proche du cavadre. Il posa sa main métallique inerte sur le sol et Ingrid pouvait voir des gouttes d'huile tombée du bord de la manche de cuir. D'un geste vif de sa main indemne il arracha le maillot du mercenaire pour rendre visible l'armure de métal qui protégeait intégralement le torse et le dos. Retirant sa cigarette du bec le mage se permit de commenter.

« C'est la première fois que je vois ce genre de chose. Visiblement ils ont réussi à greffer une carcasse de métal à même la peau pour faire un combattant quasi-invincible. Celui là devait être un prototype. Si j'ai eu autant de mal à vaincre un de ces adversaire avec de mon coté un certain effet de surprise je te laisse imaginer ce qui pourrait se passer s'il y en a plusieurs. »


Il jeta le mégot au loin avant d'envoyer son paquet de cigarette à Ingrid d'un geste souple avant de se lever. Il scruta quelques instants l'entrée de la grotte puis détourna le regard vers le camion et sourit à sa camarade du jour. Il déplaça son centre de gravité sur sa jambe métallique et se força à sourire.

« Je m'occupe de détruire ce camion et tout ce qu'il contient et il vaudrait mieux que tu ne sois pas là quand je le ferai sauter, ça risque d'être violent. »

Toujours le sourire douloureux aux lèvres il soupira à nouveau de soulagement en regardant la jeune femme bien vivante, un moment il crut que l'histoire se répétait.

« Je te laisse un peu d'avance nous nous retrouvons à l'école si tu le veux. »

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MessageSujet: Re: Mystère forestier (PV Sylvan Karov)   25.03.17 2:19

Soyo se grattait l’oreille avec un enthousiasme certain tandis que Sylvan terminait ses explications.
La main d’Ingrid attrapa au vol le paquet de cigarettes. Huh, presque vide. Faudrait qu’elle lui en repaie une, un jour.

Des baloths importés, sa tête mise à prix et maintenant un homme-armure… Cette journée était pour le moins insolite. Pour ne pas dire un gros foutoir.
Se tirant une clope du paquet, elle inspecta du regard la facture du métal.  Une provenance était sans doute indentifiable, mais porter une prothèse n’avait pas vraiment fait d’elle une experte là-dedans.  Faut dire que la patte d’Udriq était unique en son genre.

Elle se releva à son tour, croisant le sourire forcé de Sylvan.

« Je m'occupe de détruire ce camion et tout ce qu'il contient et il vaudrait mieux que tu ne sois pas là quand je le ferai sauter, ça risque d'être violent. »

Il la tutoyait, maintenant. C’était pas plus mal.
Son idée, en revanche, était moins plaisante.

« Je te laisse un peu d'avance nous nous retrouvons à l'école si tu le veux. »

Ingrid souffla la fumée, le regard distrait.
Elle n’aimait pas l’idée de laisser Sylvan seul. Les gouttes d’huile qui s’écoulait de son bras ne lui disaient rien de bon, sans parler de son torse en sang. Il avait besoin de soins et de repos, pas de faire péter un concentré de magie à lui tout seul.
Et puis ils avaient combattu ensemble. L’honneur du guerrier, c’était pas son plus grand délire, mais elle appréciait le mage.

Sauf que voilà.

Le fait était qu’elle ne servirait à rien ici. Elle n’avait pas la moindre idée de l’ampleur de l’explosion à venir, mais si ça voulait dire la protéger, elle ne serait rien de plus qu’un fardeau pour lui. Surtout dans son état.

Ingrid soupira. Pas le choix.
Hochant la tête, ses yeux rencontrèrent le gris fatigué de son collègue.  

« Tant que tu reviens en vie. »

Elle n’avait pas l’habitude de regretter ses choix. A espérer que ça dure…
Avec un salut de la tête, elle se détourna, les pas de Soyo craquant derrière les siens.
Sa bouche avait un goût âcre, mêlé de tabac et de sang. Coincée au coin de sa lèvre, la cigarette se consumait lentement.

Bon, priorité, prévenir le directeur et sécuriser l’école. Avant qu’un nouvel arrivage frais de baloth parte à la recherche d’un en-cas.
Puis contacter ses frères. Ils auraient peut-être des réponses sur ce trafic de cristaux bizarres.

Elle s’arrêta un instant pour écraser sa cigarette, la lisière à quelques pas.

Et sur Dimitri.

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